SAP Commerce Cloud (Hybris) démystifié !

Vous ne connaissez pas encore SAP Commerce Cloud ? L’évolution de l’offre et des versions e-Commerce de SAP vous laisse perplexe ? Pour y voir plus clair, je vais vous présenter et vous expliquer les différents produits, noms, options et versions que vous trouverez chez SAP en tant que client. En parallèle, vous découvrirez comment SAP Commerce Cloud interagit avec les autres solutions du portefeuille SAP.

Commençons par le commencement…

Il était une fois Hybris

Notre histoire commence en 2013 : cette année-là, SAP décide de se lancer dans les solutions e-Commerce en prenant le contrôle du prestigieux éditeur suisse-allemand Hybris, spécialiste des logiciels e-Commerce. À l’époque, « Hybris » désigne simplement cette plateforme e-Commerce acquise par SAP, la dernière version en date étant Hybris v5.

Place à SAP Customer Engagement and Commerce

Pour mieux comprendre le contexte de cette acquisition, il est utile de prendre en compte la stratégie globale de gestion de la relation client de SAP. À cette époque, SAP devait relever deux défis clés à l’échelle du marché du CRM :

  • La transition vers une plateforme CRM Cloud et indépendante, principalement pour rester compétitive et pour faire face à Salesforce qui propose sa plateforme en SaaS dans le Cloud. Avec ce modèle, les clients n’ont pas besoin de se préoccuper des mises à niveau, des versions et de la gestion de l’infrastructure.
  • La transition du marché vers une stratégie commerciale « omnicanal », impliquant de passer d’une gestion des relations client segmentée par canal à une approche unifiée, grâce à la collaboration et à l’intégration des processus des départements commerciaux et marketing.

Au vu de ces facteurs, on comprend mieux pourquoi SAP décide de réarranger son portefeuille CRM global en 2014, dans un but bien précis : regrouper les diverses applications commerciales et marketing utilisées par les entreprises dans le cadre de leurs interactions avec les clients, puis les intégrer à la nouvelle solution d’e-Commerce omnicanal Hybris. Et c’est ainsi que la nouvelle « plateforme » SAP Customer Engagement and Commerce (CEC) voit le jour.

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La plateforme SAP Customer Engagement and Commerce (CEC) à ses débuts

 

Voilà le point à partir duquel on peut commencer à perdre le fil, si l’on ne suit pas les actualités SAP de près.

Il faut savoir que les divers composants de cette nouvelle plateforme CEC ne sont pas nouveaux, ils existaient déjà avant l’acquisition d’Hybris. Par exemple, les applications « Cloud for Sales » et « Cloud for Service » avaient été lancées en 2011 sous le nom « Cloud for Customer », ou C4C pour faire court (il s’agit du successeur de la solution « Customer OnDemand »). Mais au lieu d’abandonner le nom C4C au profit de CEC, SAP choisit de conserver les deux.

En plus de cela, la société décide également d’ajouter le nom Hybris bien connu et respecté à chaque solution de la plateforme CEC. Cette dernière contient donc :

  • SAP Hybris Commerce
  • SAP Hybris Cloud for Marketing
  • SAP Hybris Cloud for Customer (C4C), composée de « SAP Cloud for Sales» (parfois appelée C4C) et « SAP Cloud for Service » (parfois appelée C4S)

Vous avez peut-être remarqué que l’application e-Commerce s’appelle toujours « SAP Hybris Commerce » et non pas « Cloud for Commerce ». Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que l’application n’est toujours pas dans le Cloud. À cette époque, le modèle On-Premise reste dominant, forçant ainsi les clients à gérer leurs propres matériel et infrastructure (soit sur site, soit chez un partenaire d’hébergement dédié) pour l’installation et l’exécution de la solution Hybris. D’ailleurs, certains clients utilisent encore leur solution e-Commerce On-Premise aujourd’hui !

Et enfin, nous arrivons à SAP Customer Experience, ou C/4HANA

Vous suivez bien ? Je l’espère pour vous, parce que les choses changent encore en 2018 et la confusion nous poursuit toujours.

Suite à l’acquisition de Gigya (2017), CallidusCloud (2018) et CoreSystems (2018), SAP décide de se lancer dans un nouveau rebranding CRM. À partir de ce point, l’écosystème CRM de SAP s’appelle « SAP Customer Experience » (ou SAP CX). Mais au lieu de simplifier les choses, SAP choisit également de donner un deuxième nom radicalement différent à sa suite d’applications CRM : « SAP C/4HANA ».

Cet acronyme s’inspire évidemment de la nouvelle suite ERP de l’entreprise appelée « SAP S/4HANA » (« HANA » désignant la technologie de base de données en mémoire développée par SAP, qui sous-tend maintenant toutes ses applications professionnelles). Et vu que SAP considère « Customer Experience » comme la suite front-end de SAP S/4HANA, elle pense probablement avoir fait un joli jeu de mots en inventant C/4HANA. Mais attention, vous n’avez pas besoin de SAP S/4HANA pour utiliser SAP Commerce : la solution peut s’intégrer à n’importe quel système back-end ERP, ou être déployée seule, sans back-end ERP.

Personnellement, je ne vois pas vraiment l’utilité de ces deux noms distincts (CX et C/4) pour désigner deux offres tout bonnement identiques. Je vous donne donc l’explication de SAP concernant ce choix : « SAP Customer Experience désigne la fonction et la visée globales, alors que SAP C/4HANA désigne le portefeuille produit sous-jacent »[1], comme illustré ci-dessous :

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    La suite SAP Customer Experience, également appelée C/4HANA

 

 

Hybris quitte la scène

Comme vous pouvez le voir sur ce schéma, SAP a décidé de supprimer entièrement les mentions de la marque Hybris dans ses produits. Par conséquent, l’application d’e-Commerce (qui est entretemps devenue disponible en mode Cloud) s’appelle maintenant SAP Commerce Cloud, et Hybris quitte la scène. Si la marque Hybris ne figure plus dans les communications SAP officielles, elle n’a pas encore complètement disparu : j’entends régulièrement des gens utiliser « Hybris » pour parler de SAP Commerce.

C’est également à cette époque que SAP commence à utiliser la convention de nommage corporate pour les versions de ses releases : c’est pour cette raison que le successeur d’Hybris v6.7 ne s’appelle pas v6.8, mais « v1808 » (« 18 » désignant l’année 2018 et « 08 » le mois d’août).

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Historique des releases SAP Commerce (anciennement Hybris)

 

 

SAP Commerce Cloud

Toutes ces péripéties nous amènent enfin à notre dénouement. En 2020, SAP Commerce Cloud fait partie de la suite « Customer Experience ». La fin de notre histoire s’accompagne d’une bonne nouvelle : en juin, SAP reconnaît (enfin) que l’utilisation de ces deux noms prête à confusion et abandonne C/4HANA. Aujourd’hui, la suite logicielle s’appelle donc uniquement Customer Experience… même si je m’attends à voir l’acronyme C/4 réapparaître épisodiquement.

 

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La suite SAP Customer Experience – le nom C/4HANA n’est plus en vigueur depuis juin 2020

 

Pour conclure, la suite Customer Experience inclut aujourd’hui les composants suivants :

  • SAP Commerce Cloud (anciennement Hybris) — v2005 étant la dernière release en date
  • SAP Marketing Cloud
  • SAP Customer Data Cloud (la solution Gigya acquise en 2017)
  • SAP Sales Cloud
  • SAP Service Cloud

SAP Commerce Cloud fait partie des cinq solutions Cloud distinctes mais intégrées de SAP. Elle n’est plus disponible On-Premise pour les nouveaux clients. En parallèle, SAP encourage ses clients On-Premise existants à migrer vers la version Cloud.

Mais faut-il obligatoirement utiliser ces cinq solutions ? Non. Vous pouvez les déployer seules, ou en combiner plusieurs. D’accord. Et c’est tout ? Pas tout à fait, il nous reste l’épilogue…

Deux versions de Commerce Cloud

La confusion nous guette à nouveau, car SAP propose deux versions de son offre Commerce Cloud. Cette fois, il ne s’agit pas d’une différence fonctionnelle (il n’y a donc aucun lien avec les versions), mais de deux infrastructures d’hébergement distinctes. À sa sortie initiale, SAP Commerce Cloud reposait sur un déploiement Cloud privé et sur une infrastructure propriétaire de SAP. L’équipe SAP HANA Cloud Services (HCS) se chargeait de la gestion. Cette première version de SAP Commerce Cloud est aujourd’hui appelée CCv1.

Peu de temps après le lancement, SAP a décidé de migrer Commerce Cloud vers un Cloud public Microsoft Azure, ce qui a entraîné des changements significatifs par rapport au premier déploiement. Cette deuxième version est la version actuelle, désignée par l’acronyme CCv2. Elle repose sur des technologies modernes comme Kubernetes et offre aux clients une gestion en libre-service beaucoup plus flexible pour tout ce qui concerne l’infrastructure Cloud. SAP a même spécialement développé un nouvel outil doté d’une interface utilisateur web conviviale pour ces activités : « SAP Commerce Cloud Portal ».

 

J’espère que ces explications vous permettront d’y voir plus clair. Si vous avez des questions ou si vous ne savez pas quand ou comment lancer votre mise à niveau ou votre migration Cloud, n’hésitez pas à me contacter.

Aussi, je vous invite à découvrir sur SAP Commerce Cloud CCv2 plus en détail après-demain dans notre prochain article !

 

[1] https://blogs.sap.com/2018/08/08/what-is-sap-c4hana-and-why-should-you-care/

[Replay] Comment construire une stratégie de commerce unifié gagnante

Aujourd’hui nous constatons deux choses :

1) Le client final est devenu très difficile à attirer, convertir et conserver

2) L’écosystème digital du commerce unifié est de plus en plus difficile à maîtriser, ce qui rend l’objectif de retour sur investissement encore plus difficile à atteindre

L’économie mondiale est sous pression et, dans le même temps, nous assistons à une formidable accélération du commerce online.

Alors la question clé est la suivante : « Comment pouvez-vous élaborer votre stratégie de commerce unifié pour assurer votre succès commercial dans les années à venir ? »

Nos experts vous donnent en une heure les clés pour constuire une straégie de commerce unifié gagnante*.

 

Téléchargez notre vidé sur le commerce unifié

 

*Vidéo en anglais

Améliorez vos publicités Facebook/Instagram en 7 étapes

Permettez-moi de commencer par une petite expérience en faisant défiler mon fil d’actualité. Je me suis connecté pour voir ce que font mes amis, découvrir des spots de surf ou encore apprendre de nouvelles choses. Parmi ces différents contenus, j’aperçois également quelques publicités. Certaines sont mauvaises et d’autres, vraiment bonnes.  

Commençons par les mauvaises. Je vois une publicité d’une société dont je n’ai jamais entendu parler. Une simple photo avec la mention « Chaussures noires, marque X, 78 ». Pourquoi irais-je les acheter ? Pourquoi prendrais-je même la peine d’aller voir leur site web ? Même s’il est vrai que je suis amateur de belles chaussures (et que l’annonceur a bien ciblé son public), je ne suis pas venu sur Facebook pour ça. Si les chaussures sont vraiment magnifiques, j’y penserais peut-être, mais en général je passe juste mon chemin.  

Alors, qu’est-ce qu’une bonne publicité ? Au bon endroit, au bon moment et avec la bonne cible, une publicité peut être géniale… MAIS encore faut-il avoir également le bon contenu. Comment faire ? Voici quelques conseils pour vous y aider. 

 

1.Mettez toutes les chances de votre côté

Facebook utilise la phase d’apprentissage de chaque campagne pour en améliorer les résultats et toucher plus de leads similaires. Pour tirer le meilleur parti de votre campagne, celle-ci doit générer 50 conversions par ensemble de publicités (audience) au cours de la dernière période (environ 7 jours). Parvenir à un tel chiffre peut s’avérer difficile si votre campagne est optimisée pour la vente sans que vous disposiez de suffisamment de données.  

Mieux vaut profiter de la phase d’apprentissage et choisir l’étape qui précède l’achat, à savoir l’ajout au panier. Vous pouvez même viser une étape antérieure de l’entonnoir de vente, par exemple en ciblant les personnes qui ont consulté la page d’un de vos produits. Ensuite, commencez par lancer 1 ou 2 ensembles de publicités selon votre budget et progressez graduellement. Plus votre phase d’apprentissage sera riche en données, meilleurs seront vos résultats à long terme. 

 

2.Sachez tirer parti des audiences similaires

Servez-vous de Facebook Analytics pour connaître la quantité de données dont vous disposez à chaque étape de votre entonnoir (pour cela, votre pixel Facebook doit être activé), et faites-en des audiences similaires. Par exemple, créez une audience similaire avec les acheteurs de votre site. Gardez toutefois à l’esprit que si votre audience similaire se base sur des populations trop restreintes, Facebook ne disposera pas de suffisamment de données pour créer une audience similaire performante. Dans ce cas, songez plutôt aux personnes qui ont ajouté un produit dans leur panier. Vous élargissez ainsi votre base et aidez Facebook à améliorer son ciblage. 

 

3.Mettez à profit toutes les plateformes

Adaptez votre contenu aux caractéristiques de chaque plateforme. On vous a peut-être déjà suggéré d’utiliser le format 16:9 pour Facebook. Cette méthode affiche le contenu à l’horizontale afin de faciliter la navigation sur ordinateur. Bien… Mais de nos jours, c’est depuis nos smartphones que nous parcourons les réseaux sociaux. Vous devez donc exploiter tout l’espace disponible. Nous vous conseillons dès lors de privilégier le format 1:1 pour le fil d’actualité et 9:16 pour les stories. En d’autres termes, tirez profit au maximum de l’espace que vous avez acheté. 

 

4.Faites ressortir votre publicité

Ce conseil fait un peu écho au précédent, mais rappelez-vous que la concurrence est rude. Il est dès lors essentiel que votre publicité se démarque parmi les 7 millions d’autres annonces en ligne. Vous devez capter l’attention des utilisateurs dès les premières secondes.  

D’accord, mais comment ? Laissez-nous vous donner un exemple. Vous le savez peut-être déjà, les utilisateurs ont tendance à préférer les vidéos aux photos. Vous savez peut-être aussi que ces vidéos doivent être sous-titrées, puisque certains les regardent sans le son. Mais à votre avis, est-ce valable pour toutes les plateformes de Facebook ? La réponse est non. Pensez aux stories que vous visionnez sur Instagram. En règle générale, vous ne coupez pas le son de votre téléphone quand vous regardez des stories ; 60 % des utilisateurs les regardent avec le son. Vous avez donc l’occasion rêvée d’attirer non seulement le regard de votre prospect, mais aussi de lui faire tendre l’oreille ! 

 

5.Adaptez votre publicité à vos publics

Repensons à mon introduction. Achèteriez-vous un produit après avoir vu une publicité qui se limite à une photo et à un prix ? Il y a peu de chances. Imaginons maintenant que je tombe sur une vidéo explicative intitulée « comment entretenir sa planche de surf ». Là, je cliquerais probablement dessus. Je commencerais ainsi à faire confiance à cette marque, et ses chances de m’attirer avec une publicité supplémentaire augmenteront. Je ne suis pas encore tout à fait prêt à acheter, mais je suis en tout cas plus susceptible de devenir client. Songez à analyser ces différentes étapes avant de déterminer le contenu à proposer pour chaque point de contact. 

 

6.Exploitez les statistiques pour un meilleur suivi

Si vous avez installé et activé votre pixel Facebook (ce que nous vous conseillons VRAIMENT de faire), sachez que certaines données sont plus importantes que d’autres. Bien sûr, tout dépend de l’objectif de votre campagne. Voici les éléments essentiels à surveiller : 

  • Impressions : nombre de fois que vos publicités ont été affichées. 
  • Portée : nombre de personnes qui ont vu vos publicités. 
  • Clics sur des liens : a priori, vous avez compris. 
  • CPC (lien) : coût par clic sur le lien. Remarquez que je privilégie le coût par clic sur le lien au simple coût par clic : en effet, ce dernier inclut également les autres clics sur votre annonce, comme un commentaire ou un « j’aime ». 
  • % CTR : taux de clics (Click Through Rate, en anglais). En règle générale, plus ce taux sera élevé, plus le coût par clic sera bas. Facebook tient en effet à proposer du contenu pertinent, aussi la plateforme vous récompensera si vous faites bien attention à ce taux de clics. 
  • Fréquence : nombre de fois qu’une personne a vu votre annonce, en d’autres termes les impressions divisées par la portée. 
  • Résultat : nombre de conversions générées (la conversion est déterminée dans la première étape de votre campagne). 
  • Coût par résultat : les dépenses divisées par le résultat. 
  • Valeur de conversion : si votre pixel Facebook suit les conversions, profitez-en pour savoir si votre campagne est rentable. 
  • ROAS : retour sur investissement publicitaire (Return on ad spend, en anglais). Il s’agit de la somme que vous rapporte chaque euro investi. Rappelez-vous que même si vous récupérez 3 euros, l’objectif consiste à couvrir plus que vos simples investissements publicitaires. En général, vous avez d’autres dépenses. 

 

7.Optimisez comme un chef

Une fois toutes vos colonnes préparées selon les explications de la rubrique précédente, il est temps de passer à l’optimisation. Commencez par une première campagne et comparez vos ensembles de publicités à l’aide des mesures pertinentes. Mettez les mauvaises publicités en suspens et reproduisez les bonnes pour tester de nouvelles approches. Par exemple, envisagez de cibler un nouveau centre d’intérêt, d’élargir votre audience similaire ou encore d’en créer une nouvelle. De nombreuses autres possibilités s’offrent à vous pour optimiser vos campagnes. Vous les trouverez dans le Gestionnaire de publicités Facebook, sous l’onglet « répartitions », en sélectionnant dans la rubrique par diffusion : 

  • Genre
  • Âge 
  • Région 
  • Placements 
  • Moment de la journée (pertinent uniquement si votre budget est illimité dans le temps)

L’apprentissage automatique de Facebook s’affine de jour en jour. Le site dépense votre budget de manière à obtenir les meilleurs résultats possibles. Gardez toutefois la situation à l’œil pour vous assurer un retour sur investissement intéressant. 

Alimentation : que se passe-t-il du côté de la foodtech et de l’agritech en Asie ?

La croissance de la population mondiale, et en particulier de la classe moyenne dans les pays émergents en Asie, a entraîné une hausse de la demande alimentaire. Que ce soit pour améliorer la performance des cultures, optimiser l’utilisation des ressources, connecter les agriculteurs au marché, ou pour retracer le parcours des aliments, le digital s’est introduit dans la production alimentaire. Zoom sur quelques acteurs qui transforment l’une des plus anciennes activités humaines.

 

Alimentation : une nouvelle donne

La Chine et l’Inde devraient à eux deux contribuer à faire entrer un milliard de personnes supplémentaires dans la classe moyenne d’ici 2030, d’après CaixaBank Research. La classe moyenne émergente en Chine a commencé à reproduire les habitudes de consommation occidentales, faisant du pays le principal consommateur et importateur de viande actuel[1]. Face à cette demande croissante, le secteur agricole doit innover pour produire plus en évitant d’impacter la santé des consommateurs et d’épuiser les ressources. Des scandales à répétition en Chine ont également créé des opportunités de rendre le secteur alimentaire plus transparent.

 

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Par ailleurs, la population mondiale migre vers les zones urbaines (d’après les Nations Unies, les ¾ de la population mondiale vivront dans les villes d’ici 2050[2]). C’est notamment le cas en Asie ; ce phénomène rend la supply chain de plus en plus complexe pour approvisionner ces villes.

Mis en exergue avec de la fermeture de certaines frontières durant la crise du Covid-19, l’auto-suffisance est devenue un enjeu stratégique. Ainsi Singapour importe actuellement 90% de son alimentation des pays voisins. La Singapore Food Agency a annoncé son ambition de produire 30% de l’alimentation localement d’ici 2030. Le pays investit ainsi de plus en plus dans l’agriculture urbaine ou des innovations permettant de produire de la viande en laboratoire, par exemple.

 

Les fermes urbaines : silence, ça pousse

A Singapour, Edible Garden City bouscule le secteur agro-alimentaire. Cette société a créé une communauté autour de fermes urbaines et créé 200 jardins alimentaires au cours des 7 dernières années, parfois dans des lieux iconiques comme l’hôtel Marina Bay Sands. Elle a permis au concept de restaurants « de la ferme à la table » de fleurir dans le pays. Edible Garden City dispose également de sa propre ferme, qui intègre des technologies modernes, notamment un système de transformation des déchets alimentaires en fertilisants à l’aide d’insectes.12

D’autres fermes urbaines de Singapour, telles que Sky Greens et Sustenir Agriculture, ont développé des technologies de production verticale en environnement contrôlé grâce à la technologie de lumière LED. Sustenir Agriculture s’appuie sur l’intelligence artificielle pour faire le suivi de la croissance des plantes, mais aussi de l’ensemble du système agricole, des matières premières à l’ERP. La ferme produit à l’heure actuelle environ 11 tonnes de chou kale par an sur moins de 50 mètres carrés, et le double pour des légumes tels que la laitue[3]. Grâce à un environnement fermé contrôlé, les aliments poussent plus vite avec moins d’eau et produisent douze fois moins d’émissions carbones que les produits importés. En s’appuyant sur l’analyse de données, la ferme est capable d’identifier exactement comment améliorer les rendements, des nutriments dans l’eau à l’énergie utilisée pour la lumière.

 

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Le système d’éclairage par lumière LED de Sustenir Agriculture. Source : www.straitstimes.com

Connecter les agriculteurs à la demande : la technologie est dans le pré

La technologie contribue également à améliorer la productivité des fermiers en zones rurales, et à les connecter avec des clients. En Inde par exemple, plusieurs start-up ont connu une belle croissance au cours des dernières années avec un modèle de livraison « de la ferme à la fourchette ». Elles contribuent à digitaliser et rendre plus efficace la supply chain.

Par exemple, Ninjacart, fondée à Bangalore en 2015, a conçu une application qui permet aux restaurateurs et commerçants de commander des produits frais directement auprès des fermiers, éliminant ainsi les intermédiaires. La transaction est réalisée sur la plateforme, et la partie logistique (livraison et entrepôt) est ensuite gérée par Ninjacart qui prend une commission sur chaque transaction. Le service est garanti zéro-papier de A à Z. Aujourd’hui Ninjacart est capable d’assurer des livraisons depuis la ferme jusqu’au point de livraison en moins de 12 heures avec un taux d’efficacité de 99.88%. Grâce à une cinquantaine d’entrepôts, une flotte de « ninjas » livreurs, et des algorithmes pour prédire la demande, ce sont plus de 1000 tonnes de fruits et légumes qui sont livrées à 60 000 revendeurs dans 7 grandes villes d’Inde au quotidien.

Avec un confinement très strict, la plupart des marchés en ville ont dû fermer. Les revendeurs ont dû cesser leurs opérations et les fermiers qui constituent la majorité de la population active en Inde, se sont retrouvés avec des récoltes qu’ils ne pouvaient pas écouler. Ninjacart a alors lancé l’opération « Harvest The Farm » pour passer en direct du fermier au consommateur, permettant aux producteurs de couvrir leurs coûts, et écouler leurs récoltes. Le consommateur bénéficie ainsi de légumes et fruits à bon prix, et Ninjacart prend en charge le coût de la supply chain. La start-up s’est associée aux applications de livraison locales du type Deliveroo pour effectuer la livraison aux consommateurs finaux.

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La campagne de livraison de la ferme au consommateur final mise en place par Ninjacart pendant le confinement en Inde

 

Preuve de son succès, la start-up a levé en 2020 10 millions de dollars en série C financés par Flipkart, le géant du e-commerce indien, et 50 millions de dollars avec Walmart.

 

La transparence de la supply chain, ça coule de source

Suite à de nombreux scandales alimentaires, la Chine est devenue pionnière de l’innovation en matière de traçabilité de la supply chain. En 2015, le géant Alibaba lançait ses épiceries HEMA (HippoFresh) qui intègre de nombreuses nouvelles technologies, dont une innovation majeure à l’époque : chaque produit est accompagné d’un QR code qui peut être scanné pour obtenir des informations sur le produit, le fournisseur, le parcours complet du produit, ses conditions de stockage ainsi que des commentaires d’autres consommateurs, recommandations et recettes. Avec cette technologie, les consommateurs de viande par exemple peuvent connaître exactement quand l’animal est arrivé dans la ferme, quand il a été abattu, d’où il a été transporté, etc. On trouve même la plaque d’immatriculation du camion qui l’a transporté et les certificats de sécurité alimentaire.

 

> Retrouvez notre article dédié à la sécurité alimentaire et la Blockchain

 

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L’application des supermarchés d’Alibaba, Hema, permet de retracer la provenance des produits

 

Plusieurs start-up planchent également sur la traçabilité des produits en Chine en s’appuyant sur la technologie de la Blockchain. Ainsi, VeChain, spécialiste de la blockchain visant à améliorer la gestion de la supply chain, collabore avec Walmart China[4]. Sam’s Club, la chaîne de magasins réservée aux grossistes et petits commerces appartenant à Walmart, travaille sur un projet pour utiliser la blockchain de VeChain afin de retracer le parcours de 20 catégories de produits de sa marque Member’s Mark. Le packaging inclura un QR code permettant aux clients d’obtenir des informations sur la provenance des produits. VeChain, qui est basée à Singapour, a également d’autres projets en Chine, notamment pour la traçabilité du thé.

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Source : www.prnewswire.com

 

L’Asie est à l’avant-garde de la foodtech et de l’agritech pour transformer un secteur qui n’avait pas beaucoup changé depuis des milliers d’années. La crise sanitaire a accéléré encore un peu plus une tendance qui avait commencé à émerger vers une production plus locale et plus efficace, notamment dans les villes, combinant plus de transparence et une meilleure connexion entre les agriculteurs et le marché.

[1] https://www.statista.com/topics/5264/meat-industry-in-china/ [2] https://www.cnbc.com/2018/05/17/two-thirds-of-global-population-will-live-in-cities-by-2050-un-says.html [3] https://www.temasek.com.sg/en/news-and-views/stories/future/feeding-the-next-billion/keeping-city-kitchens-stocked-through-urban-farming [4] https://cryptonaute.fr/walmart-china-tourne-vers-vechain-renforcer-suivi-produits/

Digital workplace : vous n’allez quand même pas faire l’impasse sur la conduite du changement ?

Le basculement vers la digital workplace est désormais i-né-vi-table ! Ce dispositif unifiant les outils du quotidien offre des avantages que l’on ne présente plus : travail individuel et en équipe plus efficace, échanges fluidifiés et meilleure expérience collaborateur, qui sont d’ailleurs les moteurs du travail à distance. Si vous avez manifestement anticipé le volet technologique, qu’en est-il de la conduite du changement ?

 

La conduite du changement : le volet crucial de l’adoption de votre digital workplace

Les promesses de la digital workplace ont convaincu votre organisation de l’adopter, ou de le faire évoluer s’il est déjà en place. Mais attention, le facteur humain joue un rôle majeur dans la réussite de ce projet !

Une digital workplace peut représenter une rupture majeure avec les processus existants et la culture de l’entreprise. Au-delà de l’unification d’un ensemble d’outils, elle requiert la mise en place d’une démarche qui modifiera les habitudes et les fonctionnements de tous les services et les collaborateurs. Telle une greffe d’organe, le risque de rejet de ce changement est important si ce dernier est perçu comme une menace ; pour qu’il s’initie, il doit être expliqué et compris.

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Une politique de conduite du changement s’avère donc essentielle. Elle sera déterminée selon votre vision de ce à quoi ressemblera votre nouvelle digital workplace et comment elle fonctionnera. Autrement dit, vous devez lui donner une trajectoire et une gouvernance. Par exemple, vous pouvez souhaiter mettre l’accent sur le renforcement de la collaboration ou encore sur le dopage de l’innovation. Rappelez-vous que votre digital workplace doit être alignée sur votre stratégie et votre orientation commerciale pour garantir un impact business probant.

 

Pour opérer le changement, embarquez les bonnes personnes

Après avoir défini la trajectoire et la gouvernance, il est temps de s’intéresser aux acteurs du changement que représente l’instauration ou l’évolution d’une digital workplace. Retenez que le manque d’engagement interne est l’une des principales causes d’échec. C’est pourquoi plus vos collaborateurs auront été embarqués tôt, plus le changement sera facile à organiser.

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Selon la taille de votre entreprise, un ambassadeur ou une communauté d’ambassadeurs doit être défini. Qui sont-ils ? Des collaborateurs-clés bienveillants qui seront sensibilisés, formés et informés en continu afin qu’ils soient parties prenantes dans la conception du dispositif, qu’ils connaitront sur le bout des doigts. Ils pourront ainsi s’inscrire dans une dynamique d’évangélisation auprès de tous les collaborateurs.

La direction et les managers ont eux aussi toute leur place dans la conduite de ce changement. Sans instructions claires de la part des responsables, les nouvelles idées risquent d’être rapidement ignorées. En l’adoptant, ils montreront qu’ils adhèrent au concept de digital workplace et donneront une véritable impulsion au changement par l’exemple. Sans oublier que les managers sont les mieux placés pour encadrer les nouvelles pratiques. Il ne s’agit pas de rendre l’évangélisation top-down, mais de s’appuyer sur le management pour mener à bien la mission.

 

Pour cimenter la conduite du changement, ajoutez la formation

 

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Il est maintenant l’heure d’apprendre aux collaborateurs comment utiliser durablement et efficacement les outils de votre digital workplace. Renforcer les compétences influencera grandement votre politique de conduite du changement. C’est là que nous retrouvons les ambassadeurs : une fois qu’ils auront pleinement compris l’utilisation et la valeur de ces outils, ils pourront les diffuser à un public plus large. Nous pouvons ainsi imaginer des sessions de formation peu chronophages pour ce groupe d’ambassadeurs, en vue de renforcer leurs compétences.

Un autre avantage de former les ambassadeurs plutôt qu’un grand nombre, voire tous les collaborateurs, est l’économie en temps et en budget. Pour soutenir cette démarche, il est judicieux de mettre à disposition davantage de matériel de formation via une gamme d’outils numériques pour ceux qui ont besoin d’une aide supplémentaire. En plus des compétences techniques, vous gagnerez à inclure dans cette formation la manière de prendre la bonne parole et de la prêcher. D’ailleurs, cette partie de la formation peut couvrir la gestion de changement de la mentalité culturelle, car certains collaborateurs sont plus mûrs que d’autres sur le plan numérique.

Différents formats s’offrent à vous pour mener ce changement, telle que la rédaction de directives à l’aide de l’écriture UX ou des sessions à distance prodiguées par des coachs ; tout dépend de votre contexte organisationnel et votre ADN. Une règle est toutefois commune à tous : évitez d’opter pour une approche « Big Bang », c’est-à-dire avec un seul lancement. Il est préférable d’adopter une approche par étapes, de petits pas, en mettant régulièrement en place les nouveautés. Les collaborateurs embarqués dans la conception et l’évangélisation de votre digital workplace auront ainsi la possibilité de suivre le rythme.

Comme toute transformation, l’instauration ou l’évolution d’une digital workplace est une démarche qui doit être personnalisée. Les usages, les modifications de culture et les objectifs sont propres à votre organisation. Définissez dès à présent votre politique de conduite du changement pour que votre projet ne fasse pas un flop !

 

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[Livre blanc] La Digital Workplace : connexion, collaboration et croissance durables

Pour rester compétitive, votre organisation doit transformer son mode de fonctionnement pour aider vos collaborateurs à être productifs, où qu’ils soient et à tout moment.

Aujourd’hui nous le savons, la réussite commerciale repose sur la connectivité, la collaboration et la capacité d’une entreprise à prendre des décisions en temps réel.

La clé du succès réside dès lors dans l’implémentation efficace et stratégique d’un système capable de stimuler l’efficacité opérationnelle de tous ainsi que de maintenir des relations sociales.

Mais quel système ? Quel système peut vous permettre de favoriser des échanges rapides entre vos équipes, vous faire gagner en productivité et vous accompagner dans votre stratégie d’entreprise ?

Notre réponse : la Digital Workplace.

A travers notre livre blanc, vous comprendrez et découvrirez :

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  • Les acteurs clés de ce marché
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[Ebook] Démarrer votre gouvernance des données

Gouverner les données : un enjeu de taille

La digitalisation des entreprises a considérablement décuplé le volume de données générées par celles-ci. Et ce au niveau de toutes les activités.  

La collecte de données s’est multipliée pour plusieurs raisons :  

  • Les obligations règlementaires  
  • L’intégration de nouvelles sources (comme les IoT ou encore les applications mobiles) 
  • L’enthousiasme débordant de certains acteurs récoltant un maximum de données qui ne se révèlent pas toutes utiles 

Or, bien que la Data prenne une ampleur croissante au sein des organisations, elle est bien souvent gérée de façon trop « artisanale » et – osons le dire – insuffisamment structurée ! 

Mettre en place une gouvernance des données semble donc être une évidence, mais de nombreuses organisations hésitent encore à se lancer dans une telle démarche.  En cause : la difficulté à maîtriser un projet de cette ampleur et en dégager des bénéfices visibles à court terme. 

 

Des pistes concrètes et pragmatiques

Notre parti-pris est qu’il n’est pas nécessaire de mettre en œuvre une démarche de gouvernance des données simultanément à l’échelle de toute l’organisation.  

Nous le déconseillons même. Ce serait une tâche très complexe générant des collisions à risques entre tous les projets opérationnels de l’entreprise.  

En revanche, des projets de PIM, MDM, Reporting et démarche RSE peuvent être d’excellents accélérateurs pour initier une gouvernance des données.  

Dans cet ebooknos consultants Data vous proposent des pistes concrètes pour la mettre en place, avec un bénéfice à la fois pour un projet et la gestion globale des données de l’entreprise. 

Nous aborderons :  

  • Les enjeux de la gouvernance des données 
  • Les principes clés d’une gouvernance durable 
  • Les voies possibles 

téléchargez l'ebook sur la gouvernance des données

[Livre blanc] Comment créer une stratégie de commerce unifié gagnante ?

S’aventurer dans le monde merveilleux du commerce unifié peut donner l’impression que la montagne à gravir est immense. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité partager nos meilleures idées, conseils et modèles afin d’inspirer ceux qui ont déjà l’expérience du e-commerce depuis de nombreuses années ainsi que ceux qui sont sur le point de se lancer.

En effet, avec 40 millions de français qui achètent des produits ou services sur internet*, le e-commerce est devenu incontournable.

Mais pour en tirer tous les bénéfices, il nécessite une véritable compréhension des besoins de vos clients. Pour réussir, vous avez besoin d’établir une stratégie de commerce unifié efficace et sans couture, en veillant à ce que vos clients obtiennent l’expérience qu’ils souhaitent, quels que soient la manière, le lieu, le moment ou la raison pour laquelle ils veulent faire des achats.

Vous souhaitez en savoir plus sur la meilleure façon de mettre en œuvre une stratégie de commerce unifié ? Suivez la procédure accélérée ci-dessous ou téléchargez notre livre blanc si vous souhaitez une lecture plus approfondie.

Bonne exploration !

 

Téléchargez notre livre blanc sur le commerce unifié

Santé connectée en Asie : 4 entreprises florissantes à suivre

L’adoption du digital dans le secteur de la santé a connu une accélération exponentielle en Asie suite à la pandémie du Covid-19. De nombreuses innovations en la matière avaient commencé à émerger depuis quelques années afin de démocratiser et faciliter l’accès à la santé dans des pays où la pénétration d’internet est toujours plus forte et où les zones rurales connaissent une pénurie de médecins. Le digital résout également d’autres questions tels que le coût des prestations et des tabous encore importants. De la télémédecine combinée à l’IA aux robots testeurs, en passant par les applications thérapeutiques : zoom sur ces nouvelles solutions de santé connectée à travers le continent asiatique.

 

Quatre cas de solutions de santé connectée que nous avons repérés

En Chine, Ping An Good Doctor démocratise la télémédecine

Santé connectée1

SCabine de télémédecine et distributeur de médicament par Ping An Good Doctor en Chine – Source : AndroidPit

 

En réponse aux politiques chinoises qui encouragent la digitalisation des services médicaux, le groupe de bancassurance Ping An a mis en place un service de télémédecine depuis 2019 à travers l’installation de cabines dédiées. Appelé Ping An Good Doctor, ce service avait fait l’objet d’un investissement de 38 millions d’euros dans le développement de 29 partenariats avec des géants de l’industrie nationale (secteur médical, banques, assureurs, téléphonie…) pour établir son offre : un écosystème de santé connecté[1].

Les patients s’installent dans une cabine similaire à un photomaton et font part de leurs symptômes à un « médecin virtuel ». Basé sur l’IA, celui-ci établit un diagnostic en analysant l’ensemble des données collectées :  la voix du patient, ses descriptions de symptômes et ses antécédents médicaux. A distance, un médecin valide ensuite le diagnostic final, et prescrit les médicaments. A côté de la cabine, le patient peut retirer et payer ses médicaments via le distributeur automatique ou passer commande sur l’application Good Doctor.

La plateforme qui en 2019 était déjà la plateforme de télémédecine chinoise comptant le plus grand nombre d’inscrits, a enregistré 10 fois plus d’inscriptions et 9 fois plus de consultations entre janvier et février 2020 au début de l’épidémie[2]. Les consultations étaient alors gratuites pour les patients touchés par les risques d’infection.

 

Au Bangladesh, l’application Maya Apa offre des réponses aux questions de santé gratuitement

Reportage sur l’utilisation de Maya Apa (sous-titres français disponibles) – Source Facebook

 

Lancée en 2015, l’application permet à la population du Bangladesh d’accéder à un réseau d’experts médicaux et couvre une multitude de sujets, dont 80% sont liés à la santé.  La start-up dit répondre à 5000 questions par jour et avoir plus de 2 millions d’utilisateurs qui ont interagi avec l’application rien qu’en décembre 2019[3].

Disponible en anglais, en bengali et dans les dialectes locaux, le service est gratuit avec des options premium permettant d’obtenir une réponse en seulement 10 minutes. L’intelligence artificielle derrière Maya Expert répond à environ 30% des questions posées par les patients, avec un taux de précision de 90%, ce qui permet à la start-up de réduire fortement ses coûts. Le reste des questions est géré par des experts, qui sont acceptés après une vérification de la plateforme.

Pour les 70% restants, ce sont les experts concernés par le sujet qui y répondent en moins de 3 heures. L’application propose également une option comprenant une messagerie instantanée, la possibilité de poster des pièces jointes et des notes vocales pour communiquer. L’anonymat est préservé et permet à l’individu de garder sa(es) pathologie(s) sécurisée(s) et d’éviter des stigmatisations dans une société où de nombreux sujets relatifs à la santé sont encore tabous.

En Inde, Wysa AI propose un service de thérapie digitale

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Capture d’écran du chatbot de l’application Wysa – Source : PCMag

 

L’OMS estime qu’un individu sur 4 en moyenne est affecté par des troubles mentaux à un instant de sa vie[4]. C’est pourquoi la start-up indienne Wysa AI a choisi en 2017 de s’attaquer au marché de la santé connectée en mettant au point un thérapeute de vie virtuel. L‘application promeut digitalement le bien-être psychique et émotionnel, avec comme point fort Wysa le pingouin coach de vie qui se base sur un chatbot disponible 24h/24, 7j/7.

L’utilisateur a accès à une bibliothèque de contenus audio sur des sujets de développement personnel et au service (par message) de thérapeutes humains, le tout restant anonyme.

Pour renforcer son algorithme et maintenir le service à jour, Wysa AI travaille en partenariat avec des psychologues et des thérapeutes.

Disponible en plusieurs langues, le service ne s’arrête pas à l’Inde puisque l’application a été téléchargée par 1.7 million de personnes dans 30 pays différents, avec un total de 100 millions de conversations effectuées à ce jour (40% des utilisateurs étant situés aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Inde)[5]. Bien qu’adopté par les plus jeunes (24-30 ans) à ses débuts, Wysa a pu gagner la confiance des plus âgés (+35 ans).

 

En Inde, aux Philippines et au Myanmar, Forus Health fait baisser le prix des équipements ophtalmologiques et du dépistage du diabète

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Source : Instagram @forus_health_imaging

 

La rétinopathie diabétique est une complication qui atteint la moitié des diabétiques de type 2.

Selon l’OMS, 19% des 422 millions de personnes diabétiques dans le monde se trouvent en Inde, pays qui fait face à une pénurie d’experts en ophtalmologie avec seulement 20 000 experts pour 1,3 milliards d’habitants[6].

Depuis 2018, la start-up Forus Health, spécialiste du développement d’appareils ophtalmologiques, développe 3Nethra, un appareil capable de dépister la maladie au plus jeune âge, afin d’éviter des futures complications et de réduire le risque de mortalité. En intégrant l’IA et les capacités Cloud de Microsoft Azure, 3Nethra peut dépister en temps réel les symptômes chez le patient atteint. L’IA scanne l’image instantanément et élimine le long processus habituel d’impression des images prises pour les analyses. De plus, son utilisation ne nécessite pas d’expertise particulière et son prix est abordable pour encourager sa démocratisation.

La start-up a déjà installé 2200 appareils dans 26 pays et impacté 2,5 millions de vies[7].

 

 

Sélection d’innovations pour lutter contre l’épidémie du Covid-19 :

 

L’agilité digitale et technologique des pays d’Asie, l’implication des géants de la tech et le soutien des gouvernements, ont permis à de nouvelles innovations de santé connectée de voir le jour pour participer à la lutte contre le Covid-19. Les trois sélections suivantes ont attiré notre attention.

 

L’algorithme d’Alibaba détecte le coronavirus en 20 secondes

Le géant Alibaba a développé un algorithme pour analyser la tomodensitométrie. Ce dernier peut identifier le virus en 20 secondes seulement, contre 15 minutes par un médecin, et ce avec un taux de véracité de 96%. L’algorithme a été formé grâce aux données et scans de plus de 5000 cas confirmés de coronavirus et utilise le deep learning pour étudier les caractéristiques de l’infection. Le système est utilisé par plus de 26 hôpitaux et 100 établissements de santé en Chine et a contribué à diagnostiquer plus de 30 000 cas au mois de mars[8].

 

A Singapour, un robot pour surveiller l’état de santé des patients isolés

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Le robot BeamPro à l’hopital Alexandra – Source : Alexandra Hospital

 

Le robot BeamPro, a été déployé dans l’hôpital Alexandra à Singapour pour contrôler à distance l’état de santé des malades isolés. Un prototype du robot avait été développé 3 mois avant le début de l’épidémie, et a donc vu son développement considérablement accéléré.

Équipés d’une caméra et d’un écran, les infirmiers et médecins, visibles en visioconférence par le patient, peuvent observer le malade et lui poser des questions. Le déplacement du robot est contrôlé à distance par un ordinateur.

Une deuxième version est déjà en développement et permettra au patient de communiquer avec le robot dans 4 langues différentes.

 

En Corée du Sud, l’IA et le big data ont permis de développer des kits de tests

Seegene, société coréenne spécialisée dans les molécules biotechnologiques, avait dès le mois de janvier 2020 débuté des recherches pour le développement de kits de dépistage. Grâce à l’IA et au big data, en moins de 3 semaines, la société a pu contribuer à développer les premiers prototypes. Sans cet atout technologique, l’entreprise estime à 2 ou 3 mois le temps nécessaire pour arriver à développer ce même kit.

En plus de la technologie, la rapidité du gouvernement dans la mise en place de régulations adéquates et la validation médicale des kits, notamment au travers de partenariats privé-public a aussi participé à la fabrication massive de ces kits. Le pays a ainsi pu lancer des opérations de dépistage de la population très tôt.

 

Conclusion

La technologie, et en particulier le digital et l’intelligence artificielle, représente un atout essentiel pour faciliter l’accès aux soins de santé et accélérer le développement de solutions dans le secteur. L’Asie est une fois de plus à l’avant-garde, du fait de ses caractéristiques particulières dans les pays émergents (pénurie de médecins en zones rurales, besoin de démocratisation, tabous) ou grâce au soutien d’un gouvernement qui encourage l’utilisation des technologies dans les pays développés tels que Singapour, la Chine ou la Corée du Sud.

 

[1] https://www.prnewswire.com/news-releases/300-million-yuan-income-on-the-first-day-launch-ping-an-good-doctors-private-doctor-recognized-by-the-market-300902317.html [2] https://www.scmp.com/business/article/3050074/ping-good-doctor-chinas-largest-health-care-platform-reports-jump-users [3] https://futurestartup.com/2020/02/12/maya-ai-based-healthcare-ecosystem-250m-bangla-speaking-population/ [4] https://www.who.int/whr/2001/media_centre/press_release/en/ [5] https://www.wysa.io/ [6] https://www.aios.org/article-30-about-us.php [7] https://www.forushealth.com/ [8] https://www.alizila.com/how-damo-academys-ai-system-detects-coronavirus-cases/

[Replay] Comment concilier innovation numérique et transition écologique ?

4%.
C’est ce que représente l’empreinte du numérique au niveau des émissions de gaz à effet de serre dans le monde aujourd’hui. Et ce chiffre est amené à tripler d’ici 2025 !

Alors comment concilier cette innovation numérique qui ne cesse d’accélérer et les problématiques environnementales que nous connaissons tous ?

Selon nous, le numérique et l’écologie ne sont pas incompatibles si nous entreprenons une démarche de sobriété numérique.

L’objectif de cette démarche est simple : nous amener à réduire progressivement notre impact environnemental par des actions quotidiennes qui sont en fait assez évidentes.

Nos experts Stephen Demange et Véronique Tillaud vous dressent dans ce webinar un panorama de la situation numérique actuelle ainsi que de nos pistes d’amélioration pour entrer dans un modèle plus soutenable et plus pérenne.

 

Téléchargez le replay sur l'innovation numérique et la transition écologique