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Le coronavirus pousse la Chine vers l’automatisation des livraisons et de la supply chain

Alors que la Chine se retrouve isolée du monde avec l’épidémie du coronavirus, répondre à la hausse des commandes en ligne dans le pays et assurer l’approvisionnement de matériel médical rapidement et sans contaminer les clients s’est révélé critique pour les fournisseurs et distributeurs.

Les acteurs leaders locaux de l’e-commerce et de la livraison ont déployé leurs dernières technologies de livraison autonome pour répondre au manque de main d’œuvre humaine et surmonter la peur du contact. Ils ont redoublé d’effort pour assurer une livraison le jour-même et établir un réseau de distribution stable afin de garantir l’approvisionnement d’équipements médicaux dans les hôpitaux du pays et dans le reste du monde.

 

Assurer l’approvisionnement et la qualité du matériel médical

Rapidement après le déclenchement de l’épidémie, Alibaba a mis en ligne une plateforme B2B uniquement dédiée à combattre le coronavirus. La plateforme apporte des spécifications concernant les produits et équipements médicaux nécessaires, selon les recommandations du gouvernement et des hôpitaux. Elle permet aux fournisseurs de matériel et équipements médicaux de répondre plus rapidement et efficacement aux besoins des hôpitaux et des autorités locales. Alibaba s’engage ensuite à vérifier que les produits des fournisseurs correspondent aux critères avant de les expédier en Chine et dans le reste du monde.

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Source : Capture d’écran de la plateforme Alibaba pour l’approvisionnement direct

Le 25 janvier, le groupe a d’ailleurs effectué un investissement de 140 millions de dollars US dans l’achat d’équipements médicaux pour soutenir les besoins sanitaires urgents.

 

Assurer une livraison rapide et sans risque de contamination

Suite à la mise en quarantaine d’une partie de la population, la demande de livraison à domicile a augmenté tandis que des livreurs et manutentionnaires sont confinés
Les géants de l’e-commerce en Chine ont donc dû prendre plusieurs mesures pour garantir la continuité de service et la rapidité des livraisons. Alibaba, par exemple, a offert aux livreurs disponibles et aux employés des services postaux une commission supplémentaire pour leurs heures de travail, et aux entreprises de tous types des aides financières pour couvrir les frais de livraison. Ces acteurs ont également reçu un accès gratuit à l’écosystème de ressources d’Alibaba : les services de vidéo-shopping en direct, ses solutions digitales de livraison et les cours en ligne de son université Taobao.

Les BATX (GAFAM chinois) étant devenus des géants qui touchent à tous les domaines et toutes les industries, il n’est pas étonnant qu’ils s’impliquent également dans la recherche médicale. Au total, plus de 30 entreprises IT et commerciales, incluant les groupes Alibaba, Tencent, et Meituan Dianping, équivalents respectifs d’Amazon, Facebook et Deliveroo, ainsi que les deux plus grands développeurs immobiliers chinois, ont fait don de 432,5 millions de dollars US pour aider le gouvernement et les centres de recherche gouvernementaux à lutter contre le virus.

 

La livraison autonome pour éviter les contacts humains

Dans les circonstances d’épidémie, la livraison autonome s’est avéré être une solution idéale. Les robots livreurs permettent d’apaiser la peur du contact humain des livreurs (à Shenzhen, un livreur infecté non détecté avait travaillé 14 jours avant d’être déclaré malade).

Les enjeux actuels ont donc permis de contribuer à accélérer le développement de plusieurs technologies qui étaient testées depuis plusieurs mois par Alibaba et les autres géants de la tech en Chine.

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Le robot livreur de Meituan Dianping – Source : Handout

  • Le Deliveroo chinois, Meituan Dianping, lance son service de livraison robotisée : 

Alors que la région de Wuhan est isolée et le risque de contamination élevé, Meituan Dianping a décidé de déployer sa flotte de robots autonomes pour assurer la livraison du dernier kilomètre à Shunyi, un quartier de Beijing. Le véhicule autonome peut porter jusqu’à 100 kg de produits et réaliser entre 3 et 5 livraisons par jour.

L’entreprise avait commencé ses tests l’an dernier mais c’est la première fois que ses robots font leur apparition dans les lieux publics et le centre-ville.

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La première livraison du véhicule autonome de JD – Source : JD.com

  • JD.com automatise la livraison du dernier kilomètre à Wuhan : 

Depuis février, le géant de l’e-commerce JD.com a aussi déployé des véhicules autonomes pour assurer les livraisons aux hôpitaux, magasins, et communautés des zones mises en quarantaine à Wuhan. Un des hôpitaux de Wuhan passe entre 10 et 20 commandes par jour, parmi lesquelles 70% sont livrées par des véhicules autonomes quand leur taille le permet.

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Le robot Little Peanut de Ele.me distribue les plats aux personnes infectées – Source : New China TV Channel

  • Ele.me livre ses plats préparés grâce aux robots autonomes :

Un autre exemple d’implémentation est celui du géant de la livraison de plats préparés Ele.me qui a mis en place des robots et des drones pour livrer les clients des chambres d’un hôtel mis en quarantaine à Wenzhou, dans l’Est de la Chine.

 

Le plus grand entrepôt robotisé de Chine

Le pays n’a pas attendu le coronavirus pour prendre de l’avance en matière de robotisation de sa supply chainLes technologies autonomes utilisées dans les entrepôts d’Alibaba sont développées par l’entreprise Cainiao, dont il détient 51% des parts. L’entrepôt intelligent est situé dans la ville de Wuxi, près de Shanghai, et s’étend sur 160 000 m² où 700 robots rendent possible le traitement de 50% de commandes de plus qu’un entrepôt traditionnel sur une période donnée.

Quelques employés présents sur le site travaillent en équipe avec des véhicules guidés automatisés et des bras robotisés. L’agilité du concept rend son design plus adaptable et facilite son déploiement et sa relocalisation dans de nouveaux espaces. Cainiao répond ainsi à l’un des plus grands challenges de l’automatisation traditionnellement moins flexible en comparaison de l’emploi de nouveaux employés. Le système est intelligent : il s’améliore et apprend constamment. L’entrepôt regroupe les technologies suivantes :

  • Les véhicules guidés automatisés (AGV) : ils sont connectés par l’IoT à un système de trajets qui leur permet de se déplacer, charger et décharger des marchandises sans collisions. Les AGV sont capables de trouver l’article exact qui correspond à chaque commande. Le contenu des étagères est amené aux employés dans un ordre spécifique qui leur permet ensuite de remplir les cartons en sachant spécifiquement quel produit y mettre.
  • Les bras robotisés sont connectés aux AGV : Cainiao combine des algorithmes de caméra 3D et de vision informatique pour identifier la position des objets et reconnaître les mouvements des bras robotiques afin de trier efficacement les paquets pour les amener aux étagères correspondantes, au tapis de distribution et AGV de l’entrepôt.
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Source : Alizila

Des innovations qui s’attellent à la livraison du dernier kilomètre

L’entrepôt intelligent n’est qu’un exemple d’implémentation des technologies de Cainiao. Le groupe vise à digitaliser toutes les étapes de la chaîne de distribution et ne s’arrête donc pas là. 

Quelques-unes de ces inventions viennent répondre notamment à l’étape du dernier kilomètre, étape la plus coûteuse du processus de livraison, et aux enjeux environnementaux pour effectuer une livraison plus verte :

  • L’emballage connecté : Cainiao a développé un emballage intelligent pour réduire le gaspillage lors de suremballage. Le vendeur indique les dimensions des produits commandés, et le système recommande l’emballage correspondant, ainsi que l’ordre d’agencement des produits pour maximiser l’espace.
  • La boîte à lettres intelligente similaire aux casiers intelligents, le concept résout le problème du temps perdu de plusieurs tentatives de livraison lorsqu’un destinataire est absent du domicile. La boîte peut être installée par les consommateurs devant leur porte pour recevoir des colis ou des courses alimentaires. Équipée de sa propre caméra, la boîte à lettres s’ouvre par reconnaissance faciale ou grâce à une application mobile. Elle peut servir de réfrigérateur temporaire puisque sa température peut être ajustée et contrôlée à distance depuis l’application.
  • Le programme Sky Eye : mis en place pour le Singles Day, le système de contrôle vidéo basé sur le Cloud et a été développé par Cainiao en partenariat avec d’autres acteurs de la supply chain en 2019. Il se connecte aux caméras des stations logistiques du pays et permet aux entreprises de suivre les colis expédiés en temps réel afin de résoudre les imprévus au plus vite. Le système a permis une livraison à 15% plus efficace et réussie. 

L’avance de la Chine dans le développement et l’adoption des dernières technologies, des entrepôts automatisés aux robots livreurs, en passant par les systèmes intelligents de maintenance ou de livraison, s’est révélé être un réel atout pour limiter l’épidémie. Il reste à voir comment l’adoption de ces technologies va évoluer lorsque la situation reviendra à la normale.

[REPLAY WEBINAR] Roadshow SQLI – CES LAS VEGAS 2020

Retrouvez le debrief de nos consultants sur les dernières innovations présentées à Las Vegas !

Voir la vidéo Roadshow CES 2020

 

Comme l’édition précédente, nous retrouvons le meilleur de l’innovation et de la technologie en matière de connectivité 5G & IoT, de véhicules autonomes (avec Daimler qui présentera son concept-car révolutionnaire avec une toute nouvelle forme d’interaction entre l’homme, la technologie et la nature), d’intelligence artificielle & de robots, de réalité augmentée & virtuelle, de maison intelligente ou encore de santé numérique….

 

Nous vous proposons donc de revivre les grandes annonces, de découvrir les innovations marquantes du salon et d’appréhender les grandes tendances qui guident les marchés d’aujourd’hui et de demain.

Dans cette vidéo d’une heure, vous découvrirez les quatre grandes thématiques identifiées par nos experts :

  • mieux se connaître et surveiller sa santé
  • Se connecter à sa maison
  • Se déplacer dans la ville de demain
  • Consommer plus facilement et plus durablement

Voir la vidéo Roadshow CES 2020

CES 2020 : le meilleur des innovations

Maxime Thubière et moi-même étions les envoyés spéciaux au CES de Las Vegas. Pour compléter notre premier article, je vous propose de revivre nos pérégrinations et partager avec vous toutes nos découvertes.

D’ailleurs, nous ferons une restitution complète à Lyon, Nantes, Bordeaux, Paris et Toulouse à partir du 23 janvier 2020.

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Ouverture du CES : ça roule pour Samsung !

La 1e journée a été marquée par la keynote du géant coréen qui a présenté son assistant Ballie, assistant qui n’est plus si virtuel que ça puisqu’il prend la forme d’une balle qui vous suit à la trace, et qui est capable de regarder par la fenêtre pour analyser la météo, de déclencher l’aspirateur s’il détecte un spot à nettoyer, de surveiller la maison et la famille, ou encore de vérifier vos mouvements de yoga (!)… d’autres applications restent à trouver, et il est plutôt étonnant que Samsung n’ait pas évoqué plus d’applications liées au contrôle de la maison (luminaires, prises connectées, volets roulants…).

 

Côté smart home, Samsung a présenté son réfrigérateur connecté, capable de regarder ce qu’il contient, de proposer des recettes et… de les préparer grâce à des bras articulés ! Il s’agit du Robot Chef qui, s’il laisse entrevoir de belles possibilités dans le futur, s’est contenté lors de la démo de couper du tofu et de verser des sauces et condiments dans un saladier (en ouvrant toutefois un placard pour prendre une sauce, ce qui est assez impressionnant !). C’est le démonstrateur qui s’est occupé du reste des manipulations de la recette guidée. Ce réfrigérateur dispose par ailleurs d’une « growing station » capable de faire pousser fruits et légumes.

Growing station

 

L’autre grande tendance abordée est la ville intelligente (smart cities) complétée de solution de smart building. La démo dédiée a mis en avant le projet de régulation de trafic rendue possible grâce à la 5G : la ville communique avec les véhicules et les piétons en situation de fragilité.

Smart cities

 

Delta Airlines nous fait planer

La compagnie aérienne a fait le plein de bonnes idées innovantes dans l’optique de réduire le stress des voyageurs, et on retient déjà une technologie qui paraît très prometteuse : la Parallel Reality. Un écran est en mesure d’afficher une information personnalisée à plusieurs spectateurs en même temps !

Ainsi, nous nous sommes précipités à leur stand où nous avons eu une démo live… époustouflante ! Elle démarre dans une 1ère salle face à un premier écran où l’on nous montre que, en fonction d’où on se place, nous voyons une information différente sur l’écran, ce qui est démontré par un ensemble de miroirs. Nous rentrons ensuite dans une 2ème salle où, après avoir scanné le QR code d’une carte d’embarquement à notre nom, l’écran affiche à chacun d’entre nous notre nom, notre destination et notre porte d’embarquement, et cela fonctionne tout en se déplaçant dans la pièce ! Nous avons été dans les 100 premiers au monde à tester cette technologie et c’est assurément L’innovation du CES 2020 !

Delta airlines

 

Smart sinon rien

Nombreux sont les acteurs qui se sont emparés des deux grandes thématiques que sont la smart home et les smart cities, voici celles que nous ont le plus retenu notre attention.

Smart home

Côté français, Legrand se concentre sur le tableau électrique connecté ainsi qu’une serrure connectée pour un foyer toujours plus sécurisé.

Legrand

Chez CareOS, nous avons essayé leur miroir intelligent qui comprend commandes vocales, reconnaissance des visages et des objets, analyse de la peau et essai de produits en temps réel, ou encore un coach (économies d’eau et fitness notamment) … ce ne sont que des exemples des nombreuses applications possibles tant à la maison qu’en magasin, avec déjà de belles réussites et partenariats (tels que Pierre Fabre) !

Careos

 

Autre miroir intelligent, celui de Lululab, analyse le visage et peut proposer les produits cosmétiques adéquats.

Google est également un acteur de la smart home sur qui compter avec ses produits et son écosystème de partenaires compatibles (et il y en a !), faisant concurrence avec celui d’Amazon.

Google

Smart cities

Outre le projet de Samsung, les constructeurs automobiles font également partie des leaders en la matière. Toyota a fait la promotion de la Woven City (citée dans notre précédent article). Hyundai nous a tout autant impressionnés avec le concept de hub qui comprend un héliport sur le toit. Hyundai propose d’ailleurs le véhicule aérien personnel UAM S-A1, en partenariat avec Uber, qui pourra y atterrir sur l’héliport. Des navettes roulantes autonomes s’arriment au hub et se déclinent en transport public, privé, meublé, food truck, ravitailleur électrique sans fil ou médicalisées… J’aime cette idée de hub car il permet de venir l’intégrer à une ville existante.

Par ailleurs, nous avons retenu Ekin, qui produit un poteau nommé Spotter. Ce dernier combine différents modules : qualité de l’air, météo, contrôle de la vitesse, reconnaissance des plaques automobiles, surveillance vidéo… ainsi que NoTraffic qui édite une plateforme autonome de gestion du trafic.

 

Le retail et l’e-commerce également à l’honneur du CES 2020

Plusieurs innovations sont également à destination des acteurs du retail et de l’e-commerce. Nous avons notamment essayé au sein du pavillon de la French Tech la solution de Retail VR qui permet de se balader dans une boutique en réalité virtuelle. C’est une réalisation pour Nespresso d’expérience 3D d’achat web immersive que nous avons testé.

Scanblue

Scanblue, qui édite des modèles 3D de produits physiques pour les utiliser en réalité augmentée ou en réalité virtuelle, est similaire à Retail VR.

Nous avons ensuite croisé des concepts de personnalisation : Aetrex qui modélise en 3D des pieds et produit dans la foulée une semelle personnalisée et Talamoos qui édite une solution prédictive (IA) déduisant des personnalisations et recommandations (ils nous ont d’ailleurs fait une démonstration de leur solution sur une plateforme de vidéo à la demande similaire à Netflix).

Enfin, Wag.travel produit une solution de personnalisation permettant d’optimiser la conversion en acheteurs pour les sites e-commerce de voyage…

Dans notre besace, nous avons également rapporté des découvertes de divers horizons : automobile, fintech, travail collaboratif, greentech, multimédias et santé dont nous pourrons également discuter ensemble lors des restitutions en agences SQLI !

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CES 2020 : l'expérience de l'humain comme barycentre de l'innovation technologique

Cette 53ème édition du CES a fait la part belle à l’expérience en recentrant le débat de l’innovation technologique sur l’humain pour mieux le connecter à lui-même (surveiller sa santé), à sa maison, à son environnement (mobilité urbaine et voyage) et aux enjeux de la planète. Nous pouvons ainsi en retenir 4 piliers de l’innovation en 2020. Suivez les guides ! 

 

La santé au cœur des préoccupations

Une multitude de solutions d’analyse de la peau (Miroir Poséidon de CareOS), de suivi du rythme cardiaque (Binah.ai), du stress (Sompo Himawari) ou de suivi du sommeil (ScanWatch by Withings) font leur percée.

Nous sommes face à un champ des possibles qui s’élargit continuellement grâce aux progrès de l’intelligence artificielle (IA), combinés à la multitude de capteurs et de données existants. Il n’est pas étonnant de voir comment certains grands acteurs internationaux s’intéressent au sujet : Amazon a créé une division « Health », Walmart investit dans des cliniques et Google a racheté Fitbit fin 2019. L’enjeu reste encore une fois pour l’individu de garder le contrôle de ses données. A nous d’être vigilants !

Pierre fabre ces

 

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Connecter sa maison à son écosystème, l’incontournable

Les plateformes centralisées de gestion et d’orchestration de la maison intelligente furent les stars du CES 2020, et chacun y va de la sienne, l’enjeu étant la capacité à intégrer les objets de la maison et les partenaires du secteur de la Smart Home. Nous avons ainsi retrouvé la plateforme Homex de Panasonic boostée à l’IA pour adapter l’expérience de la maison connectée, ainsi qu’Enki de Leroy Merlin (400+ produits et 25 partenaires) qui permet de définir des scénarios personnalisés avec les objets connectés de la maison. Citons également Legrand et son panneau électrique connecté Drivia et la serrure et les clés connectées de Netatmo qui n’ont pas besoin d’être reliées au Cloud (puisque l’information est stockée dans la clé).

 

Homex ces

 

L’expérience fluide de mobilité urbaine, la grande promesse

Plus connectée que jamais, la thématique de la mobilité urbaine est guidée par l’idée d’avoir une vue globale pour assurer une expérience fluide. La mobilité urbaine peut compter sur la voiture autonome ; constructeurs et équipementiers proposent tous leur solution de véhicule autonome connectée à la Smart City, ainsi que des aéronefs à décollage et atterrissage verticaux (Air Taxi de Bell ou de Hyundai S-HUB). Le tout s’appuie sur la technologie de computer vision à base de Lidar (Light – ou Laser Imaging – Detection And Ranging ; capteurs 3D) qui est plus performante mais toutefois pas encore design… les capteurs ne s’intègrent pas encore efficacement aux véhicules. Et pour aller plus loin c’est Toyota qui projette de construire une ville test au pied du Mont Fuji pour expérimenter les technologies et usages de demain, la Woven City.

 

Dans le domaine du voyage, c’est véritablement Delta et son partenaire Msiapplied Science qui nous a bluffés avec sa technologie de Parallel Reality. Cette technologie accomplit la prouesse d’afficher, sur un unique panneau d’affichage, un message personnel à plusieurs personnes en simultané (aujourd’hui jusqu’à 100 personnes). Par exemple, dans le but indiquer leurs informations de voyage et les guider dans l’aéroport (ce concept est en pilote cette année à Detroit). Nous l’avons testé en avant-première, c’est tout simplement extraordinaire ! La Parallel Reality est certainement l’innovation majeure de cette édition du CES.

 

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Consommer mieux, dans la grande lignée du développement durable

Amazon ces

 

Malgré les divergences d’opinion, les progrès se dirigent davantage vers le développement durable avec une logique de faciliter et fluidifier l’expérience d’achat. Amazon et son concept dédié au marché de l’automobile est assez impressionnant : le géant propose avec son partenaire ZeroLight une expérience sans couture qui démarre par la configuration de la voiture en réalité augmentée. L’acheteur n’a plus qu’à valider sa commande en 3 clics ; commande qui est directement intégrée à la plateforme CRM de Salesforce du revendeur puis livrée à domicile avec une brochure personnelle. LG quant à elle propose une solution d’essayage virtuel sur mobile après avoir été scanné de la tête au pied pour générer son avatar. Le consommateur n’a plus besoin d’aller en magasin pour essayer des vêtements.

Côté alimentation durable, la start-up Impossible Foods est revenue cette année avec son burger 2.0 au goût de viande mais sans viande (ce n’est pas mauvais…), et myFood a présenté une solution complète et connectée de serre verticale permettant de cultiver plantes et légumes en ville. Pour lutter contre le gaspillage de l’eau potable, Hydraloop propose un système breveté pour recycler 85% de l’eau domestique (pour la douche, les WC ou encore le lave-linge). Et enfin 20tree.ai a créé une intelligence planétaire en appliquant l’IA à l’imagerie satellitaire. Des aperçus sur la quantité et la qualité des ressources naturelles, la biomasse, la séquestration du carbone et les menaces comme les feux de forêt, et la déforestation sont ainsi rendus possibles. Ces données sont ensuite mises à la disposition des institutions financières, des entreprises et des gouvernements au travers d’une plateforme et d’API, afin de comprendre chaque m2 sur terre en temps réel.

 

Pour conclure, cette nouvelle édition du CES a été pleine de bonnes surprises, notamment avec Delta et la Parallel Reality. Nous avons hâte de voir sa mise en œuvre et les enseignements qui en découleront. Un peu déçus de la partie automobile qui n’a pas amené beaucoup de nouveautés, mais qui tente tout de même de faire le lien avec la Smart City.

 

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Maxime Thubière, Consultant Innovation et Arnaud Vatin, Chef de Projet technique

Le Digital in Store propulsé par SAP Commerce Cloud (Hybris) : 4 cas d’usage innovants à connaître

Le saviez-vous ? Le panier moyen d’un client omnicanal est 2 à 3 fois supérieur à celui d’un client monocanal. C’est pourquoi les marques se doivent de développer activement des stratégies de Digital in Store.
Pour donner suite aux 6 cas d’usage incontournables du Digital in Store
, voici 4 cas d’usage innovants que vous devez connaître, issus de notre expérience en matière d’intégration de SAP Commerce Cloud (anciennement Hybris).

 

1.    Reprendre le parcours sur chaque point de contact

 

Pourquoi ?

Pour permettre au vendeur de retrouver un panier client en cours (rempli sur le site ou en point de vente) afin de faire vivre au client une expérience omnicanal sans couture, renforçant ainsi sa proximité avec la marque.

En quoi cela consiste ?

Il s’agit de dématérialiser et centraliser le panier. La solution pour centraliser le panier sur tous les points de contact est l’OMS (Order Management System) : son rôle est l’orchestration des flux de commande et l’unification du panier.
Ainsi, un client pourra par exemple retrouver en point de vente les produits qu’il a repérés pour les essayer (une des raisons majeures de la venue en point de vente) et finaliser son achat.
Cela suppose aussi de proposer en point de vente au client de pouvoir conserver dans un panier virtuel (qu’il retrouvera sur son compte client) les produits qui l’intéressaient mais qu’il n’a pas encore achetés.

Comment l’implémenter dans SAP Commerce Cloud ?

Par l’utilisation de la solution OMS (Order Management System) de SAP Commerce Cloud, ou par l’interfaçage avec une solution OMS spécialisée du type Fluent Commerce, paramétrable directement par les équipes métier.

 

2.    Reconnaître le client pour le fidéliser : l’authentification en magasin

 

Pourquoi ?

Le client veut désormais être connu et reconnu quel que soit le point de contact (physique ou digital). Dans le fond, peu lui importe qu’on l’appelle par son prénom ; il veut surtout que son interlocuteur sache qu’il est un client fidèle, qu’il commande de manière récurrente, et quelles sont ses habitudes d’achat.

En quoi cela consiste ?

Quel que soit le canal, il faut que le client soit authentifié. Ce processus doit être incité et facile. Pour l’inciter à s’authentifier sur l’e-commerce, on peut par exemple lui donner accès à des prix ou des produits spécifiques s’il est connecté.
En point de vente, cette authentification peut se faire au moment du paiement ou de la conservation digitale de son panier : soit via la carte de fidélité, soit avec la carte bleue (les 4 derniers chiffres + code postal + date de validité), soit par un mail (avec l’aide du vendeur). Une fois l’obstacle de l’authentification levé, le point de contact doit récupérer du CRM toutes les informations du client, remontées notamment par la plateforme de commerce unifié.

Comment ça fonctionne avec SAP Commerce Cloud ?

Le vendeur se connecte avec sa tablette au site via le module ASM (extension de SAP Commerce Cloud permettant de gérer la tablette vendeur). Une fois le compte client retrouvé, le vendeur peut s’y connecter et passer la commande en son nom avec tous les avantages que ce client pourrait avoir.

Visionnez le replay sur l'omnicanal et le digital in store

 

3.    Personnaliser les recommandations produit

 

Pourquoi ?

Les consommateurs commencent à avoir la désagréable impression qu’un Amazon ou un Criteo connaît mieux leurs goûts, leurs centres d’intérêts et leurs intentions d’achat qu’un vendeur en boutique… critique justement formulée à l’encontre de l’e-commerce à ses débuts.

En quoi cela consiste ?

Il s’agit de centraliser les données comportementales du client (processus de récupération de la data par la force de vente et stockage cloud) et de les segmenter (dans l’idéal avec l’aide d’une intelligence artificielle type SAP Leonardo).

Comment ça fonctionne avec SAP Commerce Cloud ?

Une fois les segments définis, SAP Commerce Cloud permet, via les services guidés par le contexte, de mettre en avant les parties des catalogues de contenu et de produit qui intéresserait les utilisateurs de chaque segment.
On peut aussi mettre en avant des produits à l’aide de filtres dans le listing du produit via le module « adaptive search ». Ce module est le moteur de recherche intelligent inclus dans SAP Commerce Cloud qui permet de configurer la recherche en fonction des profils utilisateurs et de personnaliser les résultats sur la base du segment de clientèle d’appartenance, afin d’optimiser la conversion via le parcours de recherche.

 

4.    Présenter les produits personnalisés via la réalité augmentée

 

Pourquoi ?

La personnalisation de produit étant indispensable dans certains achats (véhicule, cuisine, et désormais prêt-à-porter), le client attend désormais de pouvoir visualiser grâce à la réalité augmentée son futur produit, après l’avoir touché/testé en point de vente. La réalité augmentée vient au secours des marques pour permettre au client de se projeter dans l’utilisation de son futur produit personnalisé.

En quoi cela consiste ?

C’est la digitalisation des produits (via un outil de Product Information Management – PIM) et des images ou vidéos des produits (via un outil de Digital Asset Management – DAM) associé à un moteur de réalité augmentée qui permettra de placer n’importe quel produit du catalogue en situation.
Il sera ensuite nécessaire de gérer tous les éléments liés à la personnalisation des produits : constitution du produit personnalisé via bundling ou product sets, lancement des ordres de commandes voire ordres de fabrication, rassemblement du produit fini et livraison.

Comment ça fonctionne avec SAP Commerce Cloud ?

SAP Commerce Cloud propose nativement un PCM (Product Content Management) pour gérer les informations des produits. Ce PCM offre la possibilité de gérer tous types de médias pour le produit, mais n’étant pas un DAM en soit, il reste faible dans le domaine comparé à d’autre solutions.
En ce qui concerne la personnalisation, il permet de configurer un bundle composé de produits et de services. Lors du passage de la commande, là aussi le process engine (moteur de processus intégré permettant d’orchestrer les flux d’information) va identifier les expéditions qui contiennent des produits personnalisés et les soumettre aux opérations avant expédition.

Il va de soi que ces quelques cas d’usage ne sont pas exhaustifs. D’autres problématiques pourront être considérées comme plus prioritaires selon votre secteur d’activité ou votre positionnement concurrentiel. Parmi eux, citons par exemple la dématérialisation de la caisse, le shop-in-shop, les étagères intelligentes ou encore le store analytics. En la matière, il ne peut y avoir qu’une seule boussole : les besoins du client final et/ou de la force de vente. Avec pour méthodologie le test dans 3-4 points de vente pilotes – pour prendre en compte les retours – avant un déploiement plus large.

Visionnez le replay sur l'omnicanal et le digital in store

 

Un article de Paul Camicas, e-Commerce Practice Manager et Karim El Qotni, Expert technique

L’innovation, clé d’une expérience collaborateur réussie ?

L’innovation est essentielle à différents niveaux. D’abord, au niveau technologique afin de rester informé sur les nouveautés et évaluer sa dette technique pour prendre des décisions en conséquence. Au niveau marketing, l’innovation est le moyen de capter de nouveaux marchés en améliorant ses offres, en anticipant les tendances issues de sa veille et à fortiori, devenir force de proposition. Innover c’est aussi véhiculer une image dynamique et pro-active de l’entreprise, en interne comme en externe auprès de toutes les parties prenantes. 

Un des aspects de l’innovation que je pense des plus importantsest de faire naître l’engagement des collaborateurs d’une entreprise par la culture de l’innovation.  

Cette culture étant vectrice de création de valeurs – valeurs partagées et ressenties par tous – placera l’innovation au service des collaborateurs. 

 

Que signifie l’innovation au service des collaborateurs et quel intérêt pour les entreprises ?

L’innovation au service des collaborateurs signifie avant tout remettre l’humain au cœur de l’organisation des entreprises. 

C’est aussi une organisation du travail plus collaborative permettant aux salariés d’exprimer leurs idées en s’intégrant dans le processus de l’innovation tout en prenant part aux décisions. En répondant à leur besoin de donner du sens à leur travail, cette organisation favorise l’épanouissement des collaborateurs. 

Elle doit être aussi l’expression d’une volonté claire de la part des dirigeants d’entreprises afin d’insuffler un climat propice à l’innovation en libérant du temps de travail, en attribuant un espace dédié, ainsi qu’en offrant des possibilités de formation tout en favorisant la créativité de tout un chacun. 

Malgré ces bonnes intentions, il faut garder en tête que l’innovation repose principalement sur une culture, sur des valeurs communes qui sont les fondations de toute action innovante. 

 

L’innovation doit être inscrite dans l’ADN d’une entreprise

Intégrer l’innovation dans la culture d’entreprise permet de fédérer les collaborateurs autour de valeurs et de sujets communs qu’ils doivent s’appropriermodeler et exprimer en toute transparence. Ildeviennent partie prenante de l’établissement d’une charte commune par exemple. En outre, cette culture de l’innovation favorise la communication, la créativité et par-delà l’adhésion de tous. 

L’objet de ces concertations est que les salariés puissent se reconnaître dans ces valeurs soutenant l’innovation au sein de leur entreprise, valeurs partagées en interne comme en externe, afin de libérer leur pouvoir créatif et leur prise d’initiatives. 

Toutefois, cette culture de l’innovation étant posée, elle aura besoin d’être valorisée en s’exprimant au travers de sujets innovants en lien avec la stratégie de l’entreprise.  

 

Le choix des idées novatrices en cohérence avec la stratégie de l’entreprise

Les sujets de l’innovation étant multiples, faire des choix est nécessaire. 

 » Innover, c’est savoir abandonner des milliers de bonnes idées. » – Steve Jobs (Apple) 

Toujours est-il qu’au préalable, il sera fondamental de faire preuve de pédagogie en expliquant aux collaborateurs les méthodes de sélection et la nécessité d’intégrer les futurs projets dans l’approche globale de l’entreprise. L’objectif est de donner un cadre aux idées pour leurs assurer une viabilité par la réalisation de projets qui font l’objet d’un ROI in fine. 

Ce ROI étant polymorphe, il peut prendre la forme :  

  • D’un gain de productivité par la mise en place de nouveaux process, 
  • D’une nouvelle offre de service répondant à une stratégie de diversification, 
  • D’une optimisation des coûts et/ou du temps par la création ou la mise en place d’outils collaboratifs efficients,  
  • D’ouverture de marché faisant suite à la réalisation d’un projet interne issue d’une veille technologique, 
  • De création de valeur ajoutée en valorisant la différenciation envers la concurrence, etc. 

Quoi qu’il en soit, l’entreprise devra se montrer capable d’accueillir les idées de ses collaborateurs qui lui parviendront en flux ascendant (du bas vers le haut) mais aussi de diffuser l’innovation en flux descendant (du haut vers le bas). 

Une fois les projets sélectionnés, l’innovation ne s’improvisant pas, nous devons penser à les piloter tout en laissant assez d’autonomie aux collaborateurs. 

 

Piloter l’innovation

Son pilotage n’est pas forcément l’apanage des managers ou des spécialistes de l’innovation. 

Cela peut même devenir contre-productif et bénéficier uniquement qu’à un pan de l’entreprise, tout en laissant à la marge une partie des initiatives exprimées par les salariés. 

Le risque est alors de se retrouver à nouveau dans le schéma quotidien managers/managés. 

L’innovation invite les collaborateurs à piloter leur projet tout en leur assurant une autonomie adéquate. 

Et c’est bien dans l’accompagnement, la bienveillance, le soutien et la disponibilité que les managers sont incontournables. Les spécialistes ont aussi leur rôle à jouer pour guider, conseiller, orienter, former et faire en sorte que les collaborateurs puissent mener à bien leurs projets. Cette synergie engendre un respect mutuel ainsi qu’un climat de confiance qui génèrent à leur tour une création de valeur productive. 

Néanmoins, pour que cette symbiose opère, l’entreprise doit mettre à disposition des collaborateurs les moyens nécessaires. 

 

Déterminer un espace, son fonctionnement et les moyens mis à disposition

Pour cela, nous pouvons nous inspirer des HackLABFabLABMediaLAB ou encore des Communautés. Ces espaces dédiés se veulent collaboratifs et ouverts à tous. 

Ils sont symboliques car une fois dans ces murs, on se consacre uniquement aux initiatives ou projets innovantsl’important pour y accéder étant d’avoir la volonté de présenter des initiatives et/ou de collaborer à des projets communs, ou bien encore faire simplement preuve de curiosité envers cette dynamique créatrice. 

De même, nous savons que tout projet demande du temps pour s’y consacrer pleinement. C’est en cela que l’entreprise devra libérer du temps de travail aux collaborateurs investis dans les projets. La clé est de trouver le bon équilibre et le bon rythme pour allier de manière satisfaisante temps d’innovation et temps de travail ; au risque de rencontrer l’échec. 

Idem, la formation est aussi un levier nécessaire pour monter en compétences et acquérir des connaissances sur des sujets ad hoc. C’est un élément essentiel à la stimulation intellectuelle à prendre en compte dès la mise en place des projets ou des initiatives. 

Par ailleurs, l’investissement dans du matériel et l’achat de fournitures peuvent s’avérer constructifs, ce qui induit que cet espace doit être organisé, géré et sécurisé. 

Des collaborateurs peuvent être désignés pour organiser les activités et le présentiel, gérer les budgets alloués, le matériel entreposéla sécurisation du lieul’infrastructure et la communication par exemple. 

Le cadre étant posé, il faut penser à valoriser l’innovation en lui donnant une tribune. 

 

Valoriser l’innovation et les collaborateurs

C’est avant tout communiquer pour fédérer ! 

C’est mettre en place une stratégie de communication spécifique à l’innovation de façon que toute l’entreprise reste informée sur les encours des projets et des initiatives (à l’exception de certains projets confidentiels). C’est aussi faire rayonner et célébrer les réussitesen interne comme en externe. 

C’est également tirer les leçons de ses échecs en les transformant en enseignements en se donnant les moyens de relancer un projet ou une initiative avec plus de maturité. 

De même, c’est mettre en avant les collaborateurs en les remerciant, en les citant un par un tout en expliquant leur rôle dans l’accomplissement de telle ou telle innovation. 

Enfin, c’est aussi savoir rétribuer les collaborateurs pour leur implication, leur investissement pour avoir porté des projets ou des initiatives qui servent le bien commun : l’Entreprise. 

L’innovation au service des collaborateurs veut dire offrir la possibilité de vivre une expérience collaborateur enrichie en devenant acteur de son entreprise et en impulsant une dynamique positive. 

L’innovation est l’un des meilleurs investissements qu’il soit, qui dépend avant tout des collaborateurs mais surtout du management et de la culture qui porte cette orientation d’innovation 

L’entreprise devra définir une structure hiérarchique plus plate, plus fonctionnelle et mettre en place un management par l’action capable d’accompagner les initiatives plurielles à forte valeur innovante, et capable de prendre en charge des projets plus ambitieux impulsés en général par la Direction des entreprises. 

De même, la création de valeur de l’innovation au service des collaborateurs sera d’amener les salariés vers plus d’autonomie, d’initiatives, de créativité, de responsabilités et de donner du sens à leur travail. Un tel dispositif permettrait de prendre conscience que l’on peut allier les performances sociales et la rentabilité économique.  

 

“ Les employés satisfaits signifient clients satisfaits, ce qui conduit à la rentabilité. » – Anne Mulcahy (Xerox). 

  

Je tiens à remercier Emna Drira pour ses conseils. 

Marketplace : quelles sont les évolutions à anticiper ?

Une marketplace, ou place de marché, est intimement liée aux technologies. Leboncoin et Craigslist n’existeraient pas sans email, eBay n’existerait pas sans navigateur web, et nous n’aurions pas Uber sans smartphone.

Les technologies ne cessent d’évoluer chaque jour. Les marketplaces continuent ainsi de se développer, et les échanges de plus en plus complexes dans de nouveaux environnements sont facilités. Dans le futur, les marketplaces deviendront intelligentes et permettront aux marques de pousser des offres complexes et pertinentes aux clients et prospects.

La nouvelle génération de marketplace est intelligente

Aujourd’hui, l’utilisateur exprime une demande avec ses critères qu’une plateforme utilise afin de lui proposer des produits et des transactions adéquats. Par exemple, s’il indique à Airbnb qu’il souhaite louer un appartement à Barcelone pour une semaine en août en précisant mon budget, la plateforme lui répond avec les options disponibles.

Bien que la tarification et la gestion des prix en back-office peut être extrêmement sophistiquée, l’expression du besoin explicite de l’utilisateur est une équation assez simple. Avec les avancées en matière de Machine Learning, des demandes de plus en plus complexes seront comprises et le traitement de transactions actuellement impossibles sera facilité.

En parallèle, un nouvel ensemble de technologies qui permettra à la prochaine génération de marketplaces d’être intelligent est en train d’émerger. Grâce à l’intelligence artificielle, les marketplaces seront en mesure de traiter des données plus riches et donc de comprendre des besoins complexes, sans forcément une expression claire et précise de l’utilisateur. « Airbnb, organise-moi un voyage pour la semaine prochaine ». Voilà ce qui sera très probablement possible de demander à la plateforme très prochainement.

Ainsi dans notre exemple, Airbnb pourra :

  • Combiner les voyages précédents pour en déduire les goûts ;
  • Prendre en charge les vols pour équilibrer les coûts ;
  • Intégrer les événements locaux présentant un intérêt pour faire ressortir un voyage packagé plus susceptible de convertir.

Visuel market place 1

 

Les défis et les challenges à relever

Lancer une marketplace ne va pas sans difficultés. En effet, comment démarrer une telle plateforme (non intelligente) sans avoir les données nécessaires ? Créer, par exemple, un concurrent de Deliveroo sans client ni restaurant représente un réel challenge. Il faudrait savoir se différencier et cibler, si nécessaire, une certaine niche de clients.

De plus, les marketplaces intelligentes sont encore plus complexes à mettre en place. Pour être optimaux, leurs algorithmes nécessitent une phase de collecte de données et d’apprentissage.

Quant au Machine Learning, il repose sur l’analyse de données en masse, ce qui soulève le point du stockage et du traitement des données personnelles. Avec les normes tels que le RGPD, de nouvelles contraintes sont à prendre en compte. Les décisions prises par les systèmes d’IA dans le cadre de l’engagement client doivent donc intégrer des considérations éthiques au sein du Machine Learning.

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Les marketplaces intelligentes relient directement une demande complexe à une offre en comprenant et en combinant plusieurs besoins. Les plateformes actuelles vont probablement associer l’IA à leur offre, mais les marketplaces réellement intelligentes seront celles qui s’appuieront sur l’IA pour négocier des transactions auparavant impossibles.

 

Article co-écrit par Fethi Toumi, Chef de projet E-commerce et Loïc Ebran, Expert technique.

Dirty Lemon : les bouteilles d’eau qui s’achètent par SMS

Le Lab SQLI NY a déniché une pépite dans la foule des pure players qui se développent aux Etats-Unis. Dirty Lemon est unsociété qui commercialise des bouteilles d’eau en ligneLa marque doit son succès à la communauté d’utilisateurs qu’elle a réussi à créer et qui l’a poussée à vendre ses produits en magasin physique. Sa force : les données clients collectées pour améliorer constamment le produit et la confiance de sa communauté. Son innovation : un magasin sans hôte de vente dans lequel on paye par SMS. 

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Créée en 2015, la société a développé ses produits comme une offre adressée directement au consommateur, sans intermédiaireChaque bouteille est actuellement vendue au prix de 10$, et la marque est plébiscitée par les clients pour son design et ses qualités naturelles. L’eau est en effet filtrée naturellement et contient du jus de citron pur ainsi que des minéraux et du sel qui proviennent de la mer.  

La clientèle se compose de 80% de femmes et 20% d’hommes âgés de 25 à 45 ans : des Millennials qui se soucient de leur bien-être. Les bouteilles n’étaient à l’origine vendues qu’en ligne via une plateforme de vente développée en interne qui permet aux clients de commander par SMS. 

 

En septembre 2018, Dirty Lemon a ouvert son premier « magasin » à New York 

Le point de vente a pour originalité de ne pas avoir recours à des employés et de proposer uniquement le paiement par SMS. 

L’enseigne propose simplement de venir chaque jour entre 8h et 20h chercher une ou plusieurs bouteilles d’eau dans l’armoire réfrigérée pouvant contenir jusqu’à 1000 bouteilles.  

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Le paiement et la gestion des commandes par SMS sont gérés par un chatbot 

Pour réussir au mieux à gérer la communication par SMS avec les clients et mieux gérer les transactionsDirty Lemon a fait l’acquisition en mai 2018 de Poncho, une pépite de l’incubateur new-yorkais Betaworks. Son bot était spécialisé dans les prévisions météorologiquesDirty Lemon l’a adapté et a recours à la PNL (programmation neurolinguistique) qu’elle a développée afin de renforcer lqualité des réponses du chatbot 

Lors de la première transaction réalisée par un nouveau client, le processus est plus long car il faut entrer les numéros de la carte. Par la suite, seul son numéro de téléphone sert à l’identifier. 

Un client peut donc acheter une bouteille en magasin sans qu’il ait besoin d’avoir quel moyen de paiement que ce soit sur lui, ni d’installer d’application mobile. Le plus basique des téléphones mobiles lui est suffisant pour procéder à cet achat. 

Dirty lemon 3

 

Le même système est utilisé pour l’achat d’une bouteille ou de deux cartons de bouteillesL’intervention humaine n’est nécessaire que si le client pose des questions qui ne relèvent pas du paiement, ni de la logistique. Dirty Lemon dispose d’un service client live 24h / 24 et 7j / 7 partout aux États-Unis.  

Un entrepôt sera d’ailleurs ouvert au Royaume-Uni en cette fin d’année afin d’offrir le même niveau de qualité de service aux clients situés en dehors des États-Unis. 

 

La force de Dirty Lemon est de s’adapter aux clients 

A New Yorkle client est généralement sur son trajet aller ou retour domicile-travail ; il n’a donc pas de temps à perdre. Il prend une bouteille et la règle plus tard par SMS : le processus est simple et repose sur la confiance. Un numéro de téléphone est inscrit sur l’étiquette de la bouteille ; ilui suffit alors d’envoyer un texto à ce numéro afin de procéder au paiement. Il peut ainsi payer depuis n’importe oùCette solution fonctionne : dans ce magasin sans vendeur, moins de 5% des bouteilles qui sortent sont impayées. 

Dirty Lemon compte de nombreux clients à New York, et les 100.000 clients en ligne représentent une vraie communauté. Ils sont hyper connectés à la marque à travers les réseaux sociaux, et selon la marque, c’est cette relation de confiance qui permet de déployer une stratégie marketing comme celle de distribuer en point de vente. La marque fait d’ailleurs parler d’elle : Coca-Cola serait en pourparlers avec elle afin d’entrer dans son capital. 

Miser sur la confiance est un axe stratégique qui fonctionne dans le commerce actuel. Peut-elle être appliquée dans d’autres marchés et zones géographiques, tant au plan national qu’international ? 

 

Télécharger le replay du webinar retailers & marques par SQLI et Proximis

Développer l’innovation grâce à un lab ?

Dernièrement, j’ai donné un retour d’expérience sur la construction d’un lab chez Crédit du Nord ; l’occasion de partager notre savoir-faire en termes d’innovation. L’innovation est aujourd’hui au cœur de toutes les stratégies des entreprises, et comme a déclaré Gary Shapiro au dernier CES de Las Vegas, « Toute entreprise est ou doit devenir une entreprise technologique » où l’innovation est un puissant levier de performance sur un marché toujours plus compétitif. 

L’innovation, c’est quoi exactement ? 

On lui connait de nombreuses définitions, de concepts, d’approches… J’en ai retenu une qui me parle (je vous encourage à en faire de même, trouver votre définition) et surtout qui me permet de structurer ma pensée.  

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Une innovation se structure autour de 4 formes :

  • Incrémentale : la pression sur les projets/missions/activités est si forte, que l’entreprise cherche en priorité dans l’innovation le moyen d’améliorer les processus et la productivité de ses équipes.
  • Adjacente : l’entreprise cherche à gagner du temps, et du coup intègre directement dans son offre un produit, un service ou une technologie existante à travers un rachat, un partenariat ou un recrutement.
  • Rupture : l’innovation de rupture vient déstabiliser la concurrence par l’implémentation de nouvelles technologies (très souvent issue de la R&D) ou de nouveaux usages. Elle bouleverse le marché et fait de son initiateur la référence à suivre.
  • Radicale : c’est commercialiser un tout nouveau produit ou service et en même temps créer un nouveau marché qui ne répond à aucune problématique existante.

Ce qui est sûr, c’est que ce découpage est très subjectif ; il n’existe pas de frontière arrêtée entre les différentes formes d’innovation. On peut noter malgré tout, qu’en terme de planning et d’impact sur le terrain, les différentes formes d’innovation se placent dans une fourchette de 1 à 5 ans.

En termes de périmètre de « jeux », sur les 2 premières formes (Incrémentale et Adjacente) on va parler d’innovation de produit ou service. Sur l’innovation de rupture (la plus recherchée) on se focalisera davantage sur l’innovation technologique. Sur la forme la plus radicale et la plus ouverte, on étendra le champ d’action au marché global (plus de frontière sectorielle) pour parler d’innovation de marché.

Maintenant que l’innovation n’a plus de secret pour vous, la question qu’il faut se poser est : Quels objectifs cherchez-vous à atteindre au travers d’une démarche d’innovation ?

Pour réussir et apporter de la valeur, toute démarche d’innovation doit contribuer aux objectifs stratégiques de l’entreprise. Cela doit être le point de départ pour construire votre dispositif d’innovation et cela vous guidera pour choisir la forme d’innovation recherchée et les moyens à mettre à disposition. En termes de moyens, il faut, identifier ou anticiper les besoins des utilisateurs, expérimenter les nouvelles technologies, les usages et les outils pour mieux les comprendre et aligner le tout pour valider au plus tôt votre innovation sur un marché cible.

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On retrouve là, les 3 piliers du Design Thinking, une approche qui met l’utilisateur au centre des préoccupations et qui permet de comprendre le contexte d’utilisation, d’ouvrir le champ des possibles et de tester rapidement en condition réelle. Le tout pour avoir un produit désirable, possible et viable !

Un lab pour donner corps à votre démarche innovation !

Et finalement pour identifier, expérimenter et valider, rien de mieux qu’un lab pour donner corps à votre démarche d’innovation. Un dispositif qui favorise le développement des idées, des concepts en fournissant les outils nécessaires à leur mise en pratique. Il engage également à étudier les comportements des utilisateurs, des consommateurs et à trouver de nouvelles solutions pour les faire évoluer. Il en découle naturellement l’apparition de nouveaux marchés à exploiter. Et au final, il permet de co-créer à plusieurs des innovations que l’on expérimente directement avec les utilisateurs.

Plusieurs types de lab s’offrent à vous. La liste n’est pas exhaustive, mais voici quelques-uns des labs que j’ai pu observer :

LAB R&D Tester et valider les technologies émergeantes
Ex : Le Lab by Cdiscount
FAB LAB Création de prototypes physiques
Ex : Les ateliers Leroy Merlin  
LAB AGITATEUR Facilitateur interne, sensibilisation, acculturation à l’innovation, améliore les processus de l’entreprise Ex : LeChaudron.io (Crédit du Nord) DATA LAB Développer des nouveaux produits ou services en s’appuyant sur les données collectées et analysées
Ex : Airbus Skywise  
LAB VEILLE Cellule de veille
technologiques & usages
Ex : L’Échangeur (BNP Paribas)
LAB PROSPECTIVE De la veille technologique au
prototypage pour tester les
usages
Ex : Le Lab SQLI  

Des labs dont le périmètre d’actions peut également varier :

  • Interne : structure qui regroupe des ressources internes pour stimuler l’innovation au travers de synergies entre les départements de l’entreprise
  • Externe : intégration de compétences/solutions externes (start-up, partenaires, écoles…) pour développer de nouveaux produits ou services qui contribueront aux objectifs de l’entreprise
  • Hybride : mixer les profils internes et externes pour à la fois développer des projets internes (entreprenariat) et apporter des compétences métiers pour les acteurs externes

Mais on retrouvera cependant toujours les mêmes missions transverses à travers ces différents labs :

  • Rendre concret une idée et la transformer en produit
  • Accélérer la maturation de l’idée (souvent de manière frugale, à mon grand désespoir)
  • Connecter les collaborateurs en interne et en externe
  • Acculturer les collaborateurs à l’Innovation

Et maintenant comment construire son lab ?

Pas de recette miracle disponible sur étagère, mais à la place quelques questions à se poser.

  • Désigner les missions du lab
    • Quels sont les objectifs et cibles clients ?
    • Quel mix entre technologies, usages et outils ?
    • Quelles thématiques de recherche ?

Les thématiques de recherche sont très importantes pour cadrer les activités de veille et de prototypage. Cela impacte également les aspects budgétaires et RH dans la définition des compétences et ressources à mobiliser.

  • Définir le modèle d’organisation
    • Quelles compétences, méthodes de travail et gouvernance à adopter ?
    • Comment mobiliser les bonnes ressources ?
    • Comment s’assurer de l’intégration du lab dans l’organisation existante ?

Privilégiez les méthodes de travail de type Agile & Lean (Lean Startup, Design Sprint…) qui favorisent l’autonomie des collaborateurs, l’apprentissage par l’expérimentation avec les utilisateurs (Test & Learn)… Mais attention à l’atterrissage dans l’organisation en place, la fameuse phase d’industrialisation est à intégrer très tôt dans le modèle de gouvernance, car la pleine valeur d’une innovation n’est atteinte que lorsqu’elle est déployée et mise en service.

  • Piloter l’investissement
    • Quel budget de fonctionnement et sa feuille de route ?
    • Quels indicateurs de pilotage ?

Les indicateurs de pilotage sont primordiaux pour assurer la confiance dans le dispositif vis-à-vis des donneurs d’ordre et ainsi s’inscrire dans la durée pour délivrer la pleine mesure de la valeur (2-3 ans).

Ces quelques questions permettent d’éviter quelques pièges et partir sur de bonnes bases mais attention à rester vigilant. Mis en place afin d’imaginer des solutions disruptives, les labs perdent bien souvent leur essence du fait d’une implémentation hâtive, d’objectifs peu clairs et de l’utilisation de méthodes de management traditionnelles

En conclusion, je dirais qu’un lab doit être à la fois un accélérateur opérationnel dans la construction de roadmaps stratégiques, un agitateur d’idées innovantes et un révélateur de la faisabilité des idées apportées. N’hésitez pas à revenir vers nous pour parler de vos projets de Lab Innovation.

Remerciements

Merci à Virginie Lacroix (Crédit du Nord) de nous avoir donner l’opportunité (lors des « rendez-vous » de l’innovation) de présenter notre savoir-faire et retour d’expérience sur la construction d’un lab. Et merci Julien Giraud (Managing Consultant SQLI) d’avoir organisé cette intervention.

VIVATECH 2019 - L'hyper-personnalisation au service du bien commun ?

La 4ème édition du salon Viva Technology, qui a réuni pas moins de 124 000 visiteurs sur 3 jours à Paris, a placé sous les projecteurs (Festival de Cannes oblige !) deux enjeuxtechnologiques : l’hyperpersonnalisation (au cœur de toutes les nouvelles expériences présentées) et le taxi volantLe tout sous deux grandes thématiques que sont la technologie au service du bien commun (Tech4Good) et une Europe unie autour d’un marché unique (United Tech of Europe) 

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La technologie au service du bien commun

Une des aspirations de la société est de consommer de manière plus vertueuse : se déplacer sans polluer, utiliser de l’énergie propre, se soigner plus efficacement, savoir ce qu’on achète ou encore manger plus sainement sans gaspiller… Les entreprises (tous domaines confondus) doivent y apporter des réponses, en s’appuyant notamment sur les technologies aux impacts positifs, sur l’économie, la société et l’humanité. L’alternative n’est plus acceptée ! Au-delà de l’effet d’annonce, il s’agit plus sérieusement de les inscrire dans les valeurs de l’entreprise (pas seulement dans le service ou produit commercialisé mais également dans le bien-être de ses employés). La Tech4Good ne peut s’intégrer que dans une vision holistique de la chaine de valeur.

Comme le montre la dernière étude de McKinsey, il existe un scénario où chiffre d’affaires et bien-être social combinés apportent plus de résultats (+2% PIB). C’est celui « où on se focalise sur la technologie et on a une gestion proactive vis-à-vis de son utilisation » dixit Éric Hazan (directeur associé senior McKinsey France).

Les 3 domaines technologiques qui ont le plus d’impact sur le bien-être sont la donnée et l’IA, les plateformes et la connectivité, et la robotique.

 

Europe : un marché à l’échelle pour exister au niveau mondial

Avec l’entrée en vigueur du RGPD et le débat autour du Brexit, les différents acteurs ont eu l’opportunité de réfléchir ensemble à une approche commune pour l’Europe (« United for Europe »). Entreprises, start-up, investisseurs et institutions ont échangé sur le thème d’une Europe unie pour lutter contre un marché mondial qui fait fi des frontières géographiques et règlementaires.

Emmanuel Macron a pour la 3eme fois participé aux débats pour soutenir l’idée d’une Europe souveraine, soutenue par une politique fiscale commune, capable de défendre ses intérêts et de rivaliser avec les États-Unis et la Chine, et d’une Europe forte qui est un protecteur et un accélérateur pour les entrepreneurs.

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Crédit : PHILIPPE LOPEZ / AFP

« Pour moi la bonne souveraineté dans le numérique est à l’échelle européenne. » E. Macron

Sur le chantier de la protection, le RGPD est une première étape pour arriver à une régulation intelligente qui s’adapte au contexte. L’actualité avec l’appel de Christchurch donne d’autant plus de poids à un dialogue avec certaines plateformes pour imaginer une régulation autour de la problématique de la violence et la haine en ligne.

La priorité pour la majorité des start-up est trouver du financement pour accélérer leur développement, et ainsi pouvoir exister sur un marché extrêmement concurrentiel. Le chef de l’Etat a répondu qu’il faut avant tout s’assurer que le cadre concurrentiel soit le même pour tout le monde.

« Cela signifie qu’il faut un impôt identique pour vous et pour le géant américain qui arrive sur votre marché » E. Macron

 

L’hyper-personnalisation dopée à l’Intelligence Artificielle

L’hyper-personnalisation des expériences, a été comme au Retail Big Show de New-York, la star de l’événement. Rendue possible grâce à l’analyse algorithmiques (autrement dit Intelligence Artificielle) des données collectées, elle met les grands acteurs de la mode et du retail d’accord. Tous admettent que nous sommes passés d’une démarche d’innovation technologique de type « cost-saving » pour améliorer les processus internes à une démarche de type « growth hacking » pour changer d’échelle. Un marketing de performance qui s’est transformé en un marketing de précision pour personnaliser l’expérience en fonction des données collectées lors de chaque interaction avec le consommateur.

L’Intelligence Artificielle permet grâce aux algorithmes de machine learning de se concentrer sur la donnée à valeur ajoutée (selon P&G, 80% de la data « parasite » est ainsi éliminée). La réalité augmentée permet, elle, de fournir de l’information directement en situation à travers un téléphone, un casque ou encore des lunettes. L’interaction client est également au centre des préoccupations, avec toujours plus de besoins de mobilité, de nouveaux canaux comme la voix (à travers son mobile, les enceintes connectées…) et une recherche d’échanges directs avec les consommateurs au travers des réseaux sociaux.

Voici les exemples dans les domaines de la mode, la santé et le retail qui ont retenu l’attention :

  • L’Oréal a dédié son stand à l’hyper-personnalisation à travers différentes expériences mêlant technologie et expérience utilisateur. On a pu retrouver l’application mobile SkinConsult AI qui combine l’expertise L’Oréal et du deep learning (via ModiFace rachetée récemment par la marque) pour décrypter une photo (à partir d’un selfie). L’application fournit ainsi une analyse personnalisée en temps réel et en réalité augmentée de l’état de la peau, et recommande le traitement adéquat.

 

  • Shopitag, une solution de commerce omnicanal de la société belge Infiniti Mobile, propose un framework d’outils de l’interaction client (chat, voice, social) jusqu’à la logistique, en passant par l’intégration de système d’entreprise (SAP, Salesforce…). Shopitag met à disposition son expertise et sa plateforme pour saisir la dynamique commerciale. Peu importe les canaux de vente, elle crée des offres contextualisées qu’elle met face à ses clients au bon moment.

 

  • CareOS est le premier système d’opération (OS) de santé et de beauté spécifiquement conçu pour la salle de bain connectée. De la douche connectée au pèse-personne, en passant par la brosse à dents, plus de 50 appareils, produits et services IoT sont aujourd’hui intégrés à la plateforme. En démonstration sur le stand LVMH, son miroir intelligent Artémis allie intelligence artificielle, réalité augmentée, commande vocale, reconnaissance d’objets et reconnaissance faciale dans une expérience immersive personnalisée. Le miroir est capable de reconnaitre l’utilisateur, de capter certains indicateurs physiologiques (grâce à un bracelet connecté), de rappeler les rendez-vous de la journée en indiquant la météo du jour, de proposer des tutoriels pour se coiffer, ou encore faire du shopping directement en scannant le produit… Un panel de services très riche.

 

Le taxi volant, une réalité pour 2025 ?

Coté transport, on peut noter une vraie tendance autour de la mobilité urbaine, avec la présentation de plusieurs prototypes de taxi volant combinant drone, hélicoptère ou encore avion de tourisme. La majorité des solutions se destinent pour des trajets maison – travail ou aéroport – centre-ville.

Le plus extravagant fut le slovaque AeroMobil, qui en est à sa 4ème version de sa voiture volante capable de se transformer en petit avion (9 mètres d’envergure) en moins de trois minutes. Le véhicule pourra transporter deux passagers sur une distance de 750km à une vitesse de croisière de 260km/h. Il suffira de se rendre sur la piste de décollage la plus proche ou de prendre l’autoroute.

Le plus opérationnel avec HoverTaxi, un nouveau type d’aéronef électrique biplace s’appuyant sur une infrastructure au sol de containers modulables, une interface de gestion du trafic aérien en milieu urbain et une application mobile de réservation. Comme les autres, il se focalise sur les déplacements urbains et péri-urbains, et à terme prévoit quatre types d’exploitation :

  • Événement : Nice / Monaco pendant le tournoi de Monte- Carlo
  • Point à point : Orly aéroport / Paris Gare de Lyon
  • Touristique : pour un survol de sites ou espaces naturels
  • En agglomération : pour lier des points stratégiques

Pour être rentable, le prix des courses d’environ trente minutes devrait se situer autour d’une cinquantaine d’euros.

Le plus prometteur fut Ascendance Flight Technologies, une start-up française créée en 2018 par des anciens des équipes R&D d’Airbus et du projet E-FAN, qui ont développé une technologie faisant décoller et atterrir les avions à la verticale. L’idée est de proposer un service de taxi urbain (point à point) qui s’intègre aux réseaux d’héliports existants, avec une faible nuisance sonore et des coûts d’exploitation réduits. Aujourd’hui à l’état de prototype à l’échelle 1/3, le concept de taxi des airs sera équipé d’un moteur hybride (système de propulsion unique et breveté). Il pourra transporter quatre personnes et cela dans un rayon de 150km à une vitesse de 200km/h. La motorisation hybride n’est qu’une 1ère étape avant le passage au 100% électrique. La mise en service est planifiée pour 2024, et d’ici là, la start-up devra d’abord passer son prototype à l’échelle pour ensuite passer les différentes certifications nécessaires. Plusieurs partenariats avec des aéroports, des villes (européennes et asiatiques) et des exploitants d’hélicoptères sont en cours de discussion. Affaire à suivre !

 

Cette 4ème édition du salon a tenu ses promesses et apporté des enseignements sur la transformation digitale qui s’accélère dans tous les secteurs grâce aux technologies toujours plus matures.

Vous voulez en savoir plus, SQLI organise à la demande un débrief du salon pour revenir sur les principales keynotes, les tendances pour les marchés de la mode, du luxe, de la santé, du retail et des transports le tout agrémenté d’une sélection de pépites identifiées dans les travées du salon.

Merci de me contacter.