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Digital et cosmétique : les innovations qui sont sur toutes les lèvres

A l’ère du digital et des smartphones, la personnalisation s’invite jusque dans nos trousses de maquillage. Et dans ce contexte de crise sanitaire, les marques de cosmétique déplacent leurs expériences de la boutique à nos salles de bain. Bien que la période que nous traversions ne soit pas propice aux sourires, les marques se préparent à la tombée des masques : grâce aux prouesses technologiques, elles sont de plus en plus nombreuses à proposer des services de personnalisation de leurs produits. Découvrez les innovations conçues par Estée Lauder, Chanel ou encore Yves Saint Laurent pour un look individualisé jusqu’au bout des lèvres, garanti sans fausse note !  

 

Estée Lauder ouvre le bal avec son corner Lip Blend Machine

En novembre 2019, Estée Lauder ouvre un corner inédit aux Galeries Lafayette. La marque propose à ses client(e)s de personnaliser leur rouge à lèvres en créant une teinte sur-mesure. Le service s’accompagne d’un conseil personnalisé pour adapter la couleur au teint, comme au look. Il fallait alors attendre 30 minutes pour se voir remis un  produit sur-mesure dans un coffret contenant le rouge à lèvres, ainsi que deux raisins-recharges.

Cosmétique-digital1Source : www.influencia.net

Le système était un peu long et surtout, éphémère, puisque l’opération n’a duré que quelques mois. Mais l’idée était lancée ! D’autres marques se sont emparées du concept, en y ajoutant une touche de digital, voire de m-commerce.

 

Smartphone, dis-moi qui est la plus belle !

En janvier 2021, YSL Beauté annonce son “Rouge sur-mesure”. Yves Saint Laurent lance son rouge à lèvres rechargeable, et surtout… personnalisable depuis n’importe où ! A travers une application mobile ultra-simple d’utilisation, la marque accompagnera désormais ses clientes dans le choix de leur Rouge Sur Mesure Powered by Perso de Saint Laurent.

 

Grâce à la reconnaissance faciale et à la reconnaissance d’images, il est possible de tester la teinte en live depuis l’appareil photo de son smartphone, de matcher son teint à son sac, ou encore de sélectionner le rouge d’une photo de magazine pour s’en inspirer. Et c’est en mélangeant trois couleurs de base présélectionnées que la personnalisation pourra s’effectuer.

Pour l’instant, ce petit bijou de technologie est encore en version beta test, et seules les personnes vivant aux USA peuvent s’inscrire pour être cobayes. Les participants recevront un cadeau de deux ensembles de cartouches d’une valeur de 180$… Attention tout de même au coût de “l’outil”, annoncé au prix de 300$ environ, un atout beauté encore peu accessible.

 

Dernière marque de cosmétique en lice, Chanel et son Lipscanner

Le concept de l’application est similaire à celle lancée par Yves Saint Laurent, mais Chanel franchit un pas supplémentaire en ajoutant une brique e-shop. Au-delà de la recommandation, et de l’essai virtuel, la marque propose de passer commande de son rouge à lèvres Chanel personnalisé, pour une réception quelques jours plus tard. Pas besoin d’attendre donc que les américains le testent pour nous ! De plus la gamme de teintes s’étend à toutes les nuances des rouges Chanel. Et la marque joue également sur la carte de la communauté avec un partage de photos.

Cosmétique-digital2

L’accroche est simple : « Flashez. Scannez. Trouvez votre rouge. » Scannez la couleur de votre choix sur un visage, dans un magazine, sur une affiche ou dans la rue. L’application inédite LIPSCANNER retrouve le rouge à lèvres Chanel qui lui correspond, en quelques secondes. « Essayez-le virtuellement avec CHANEL TRY ON . Conservez ou partagez les photos de vos essais et commandez directement vos produits Chanel depuis l’application. »

A vous de choisir votre rouge à lèvres ! En attendant que d’autres concurrents se passent le mot, approfondissent le concept avec de nouvelles fonctionnalités ou encore, l’étendent à de nouveaux produits… La révolution des expériences « beauté » est en marche !

[Ebook] Les trois piliers pour réussir votre transformation numérique B2B

La crise sanitaire a accentué la nécessité des entreprises B2B d’accélérer leur transformation digitale, au risque d’être dépassées par des concurrents consacrant plus de temps et d’argent à l’expérience digitale. Or, bon nombre d’organisations considèrent que la transformation digitale consiste simplement à déplacer les processus vers un environnement numérique plutôt que de les modifier et d’opérer des changements technologiques, culturels et stratégiques.

Dans cet ebook réalisé par Ibexa, nous verrons comment les entreprises B2B peuvent être acteurs de la transformation numérique de demain et répondre aux bouleversements actuels.

Vous trouverez notamment :

  • Pilier 1 : Les comportements d’achat et de vente du consommateur
  • Pilier 2 : La maîtrise de l’expérience client
  • Pilier 3 : La nécessité d’innover

 

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Where to play - Innover en 3 étapes pour saisir des opportunités en contexte d’incertitude

Dans le contexte d’incertitude que nous vivons, il est primordial pour tout entrepreneur, chef d’entreprise ou responsable innovation, d’identifier toutes les possibilités d’évolution du marché et d’évaluer les opportunités qui en découlent, pour pouvoir se projeter sereinement et construire une stratégie de développement qui saura s’adapter au changement.

 Être sûr de courir dans la bonne direction et rester agile, sans vous disperser ! 

Voilà l’ambition de cette méthodologie imaginée et outillée par Marc Gruber (Chercheur et vice-président pour l’Innovation à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne EFPL) et Sharon Tal (Conférencière et ancienne administratrice du Centre pour l’entreprenariat Technion à l’institut de technologie d’Israël) qui se sont nourris de 15 ans de recherche et d’accompagnement à la création d’entreprise (plus d’une centaine de cas d’entreprise étudiés et analysés)[1].

Cette méthodologie est recommandée par Alex Osterwalder et Yves Pigneur (les auteurs du Business Model Canvas) qui en font un complément parfait à l’approche Lean startup et aux outils de Business Model Canvas pour définir votre terrain de jeu.

Elle repose sur 3 étapes pour vous accompagner pas-à-pas dans la réflexion en associant à chacune d’entre elles des outils d’aide à la décision pour :

  1. Explorer les opportunités afin de bien connaître son terrain de jeu
  2. Évaluer les options en les comparant pour identifier les plus attractives
  3. Définir une stratégie agile en se concentrant sur une option mais en conservant des alternatives pour rebondir

 

Ces 3 étapes vous permettront de prendre une décision éclairée, d’établir un langage commun et de vous accompagner dans le temps. 

 

1. Identifier de nouvelles opportunités

L’objectif de cette 1ère étape est de faire le point sur les capacités ou les technologies essentielles propres à votre organisation afin d’identifier des opportunités de marché. Pour vous aider, la méthodologie propose d’utiliser le modèle « Generate your market opportunity set ».

  • La première étape consiste à identifier votre savoir-faire métiers et technologiques, au travers des ressources et compétences dont vous disposez actuellement ou en cours de développement. Envisagez-les en tant que telles, décolérés de leur contexte d’usage (produit, besoin client…) pour les décrire de manière générique en termes de propriétés et de fonctionnalités dans la partie « Abilities».
  • La liste de vos capacités et éléments technologiques étant établis, vous pouvez passer à l’étape de découverte en recherchant des applications potentielles. L’idée ici est de rechercher au-delà de son marché de prédilection, pour générer une grande diversité d’applications et libérer votre créativité. N’hésitez pas à combiner votre technologie avec d’autres types de technologies pour enrichir votre panel d’applications. Exploitez toutes vos connaissances et vos expériences, appuyez-vous sur des sources externes, plateformes en lignes, bases de brevets…
  • En parallèle de cette phase de découverte, pour chaque application, il faut identifier les profils de clients potentiels. Segmentez-les pour identifier des sous-segments qui vous permettront d’être plus pertinent dans votre analyse.
  • Pour finir, combinez application et profil client pour obtenir vos opportunités de marché que vous estimez prometteuses pour remplir votre panier d’opportunités afin de passer à l’étape suivante d’évaluation.

Cette phase de découverte peut s’avérer être assez longue, ce qui est normal, même préférable, car cela témoignera d’un travail sérieux et se traduira par un nombre important d’opportunités qu’il faudra trier pour mettre de côté celles qui ne sont pas assez prometteuses : pas de besoin client existant, manque de compétences, contraintes techniques trop fortes, ne correspond pas à vos valeurs

 

2. Évaluer vos opportunités

Une fois votre panier bien garni avec les opportunités les plus prometteuses, faut-il encore savoir lesquelles privilégier ! Toutes ne se valent pas, il faut pouvoir les comparer pour se concentrer sur les plus attractives et qui ont le plus de chance d’aboutir.

La méthodologie repose sur 2 dimensions : le potentiel qu’elle représente et le défi de mise en œuvre. Cela vous donne une matrice qui permet des comparer les opportunités entre elles.

Avant d’arriver à la matrice, il faudra évaluer chaque opportunité en se posant les bonnes questions, en cherchant à valider les hypothèses pour les transformer en connaissances et ainsi les analyser pour en déduire des enseignements précieux pour prendre une décision. C’est le moment clé pour mieux connaître vos clients, votre environnement, la chaîne de valeur du marché ainsi que vos capacités internes.

C’est aussi le moment mettre en place des ateliers de travail regroupant votre équipe, pour évaluer ensemble chacune des opportunités à travers le prisme de 2 dimensions constituées de 3 paramètres :

  • Le potentiel
    • Une raison convaincante d’acheter : quelqu’un voudra-t-il de notre produit/service et sera-t-il prêt à payer ? Existe-il un réel besoin insatisfait ? Pouvons-nous y répondre, et si oui mieux que les autres ?
    • Le volume de marché: quelle est la taille du marché aujourd’hui, combien de clients potentiels, quelle consommation cela représente sur une année ? Quelles sont les perspectives de croissance, quelle est sa maturité ? Le marché s’est-il développé au cours des 2 dernières années ?
    • La viabilité économique : la rapport investissement-revenu est-il intéressant d’un point de vue économique ? Les clients ciblés ont-ils les moyens ? Seront-ils fidèles ?

Lorsque vous aurez répondu à toutes ces questions, vous pourrez alors donner une note d’appréciation d’abord à chaque paramètre allant de faible, moyen à élevé et très élévé. Pour ensuite donner une note globale qui peut tenir compte de pondération lorsqu’un paramètre doit être plus fort qu’un autre (à vous de décider suivant le contexte). Une note volontairement non-numérique pour prendre en compte toutes les subtilités de l’évaluation.

  • Le défi
    • Obstacles au déploiement: quelles difficultés vous rencontrez pour développer votre produit/service (technologiques, UX/UI, réglementaires…), pour accéder au marché (canal de distribution existant ou à construire) ou pour trouver des financements (capital d’amorçage) ?
    • Délai de retour sur investissement: Combien de temps de développement avant de mettre en production ? Le marché est prêt ? Quelle est la durée du cycle commercial, quelle est le processus d’achat (B2B) ?
    • Risques externes : quel est le poids de la concurrence, quelles menaces fait-elle peser sur vous ? Êtes-vous dépendant de tiers ou de réglementations ? Votre produit/service est compatible avec les pratiques existantes ?

De la même manière que pour la dimension potentiel, on notera chaque paramètre avant de donner une note globale.

Après avoir noté chacune des opportunités, il est important de revoir l’ensemble pour ajuster si besoin les notes afin d’être homogène dans l’évaluation et de passer à l’étape suivante : la matrice d’attractivité.

 

Pour compléter cette matrice, il suffit de prendre chaque opportunité et de la placer en fonction des notes qu’elle a obtenues. Vous aurez ainsi une vue d’ensemble permettant des comparer les opportunités entre elles, et d’identifier l’opportunité de marché principale et les alternatives.

  • Gold mine (mine d’or) : ces opportunités traduisent généralement un besoin important mais encore non satisfait, ce qui est relativement rare aujourd’hui. Si c’est le cas, vous possédez certainement une capacité unique pour répondre à une problématique très répandue. Ce qui correspond sans aucun doute à votre opportunité de marché principale.
  • Moon shot (pari colossal) : les offres hautement technologiques et innovantes qui demandent une prise de risque élevée, mais qui en cas de succès sont les plus intéressantes. Si vous êtes solides d’un point de vue technologique, c’est une opportunité de marché principale pour vous. Sinon elle peut être considérée comme une option à long terme.
  • Quick win (victoire rapide) : ces opportunités offrent peu de résultats mais nécessitent peu d’investissement. Vous pouvez les intégrer comme premiers jalons à court terme dans une démarche plus globale à long terme.
  • Questionable (discutable) : les opportunités les moins intéressantes, rapportant peu de valeur à terme et difficile à mettre en œuvre. A mettre de côté.

 

 

3. Construire sa Stratégie Focus Agile

Les phases de découverte et d’évaluation vous aurons permis de définir un ensemble d’opportunités de marché riche d’enseignements. Maintenant, il est temps de prendre une décision pour concentrer vos efforts sur les opportunités les plus prometteuses tout en restant agile pour appréhender l’incertitude. Et c’est dans cette décision que réside une des clés de réussite de tout entrepreneur : savoir envisager d’autres options pour s’en sortir, si les choses ne tournent pas comme vous l’auriez prévu… et les choses ne tourneront pas à coup sûr comme vous l’aviez prévu !

Plutôt que de se concentrer à fond sur une seule opportunité, Sharon Tal et Marc Gruber proposent une stratégie qui permet de gérer l’équilibre subtil entre focus et agilité. Une stratégie issue de leurs travaux (500+ projets technologiques passés à la loupe) qui ont démontré les avantages à sélectionner une opportunité principale pour concentrer vos premiers efforts et à garder des options ouvertes pour rebondir et faire face aux changements.

En vous appuyant sur la matrice précédente, vous serez capable de choisir l’opportunité la plus attractive, mais il s’agira également de construire un portefeuille intelligent d’options qui viendra renforcer votre agilité. C’est tout l’enjeu de cette stratégie focus agile.

Deux catégories d’options :

  • De repli : une opportunité attractive qui ne comporte pas les mêmes risques que la principale qui vous permettra de rebondir si vous ne réussissez pas.
  • De croissance: une opportunité attractive qui permet de créer de la valeur dans le temps et de savoir quoi faire après si vous réussissez.

Dans l’idéal, toutes les opportunités que vous choisirez, doivent être liées entre elles pour pouvoir réutiliser les capacités et ressources que vous aurez mises en œuvre pour l’une ou pour l’autre.

 

Comment construire sa stratégie focus agile ? En équipe. Les discussions d’équipe feront vivre les différents points de vue et vous permettront d’aller au fond des choses, et ainsi de prendre une décision éclairée et partagée. La réussite commence par la création d’une équipe !

  1. Choisir votre opportunité de marché principale

Un choix pas si évident : le cas où une opportunité se détache arrive rarement ; on fait plus souvent face à des options soit très proches, soit diamétralement opposées en termes de risque versus ROI (victoire rapide vs. pari colossal). Le seul conseil que donnent les deux chercheurs est de considérer vos préférences personnelles (valeurs, passion, ambition, propension au risque…) et l’intérêt de vos parties prenantes d’une part, et d’autre part d’éviter de choisir une option dans le quadrant « discutable ».

 

  1. Étudier les options de repli et de croissance

Listez toutes les opportunités attractives qu’il vous reste comme candidates potentielles. Évaluez ensuite celles qui sont peu, relativement ou très proches de l’opportunité principale, en termes de produits ou de marchés.

  • Dans quelle mesure les produits partagent-ils les ressources (humaines, matérielles…), les capacités technologiques (socle, fonctionnalités…) et les réseaux (commercial, distribution, partenaire…) ?
  • Dans quelle mesure les clients connaissent-ils votre marque (valeur, réputation, promotion…) et utilisent-ils les canaux de distribution existants ?

Définir le type de chaque option :

  • Option de repli (plan B) : elle ne comporte pas les mêmes risques et ne s’appuie pas sur les mêmes hypothèses, mais partage des ressources ou des capacités technologiques avec l’option principale permettant de réutiliser les ressources et capacités déjà engagés.
  • Option de croissance (plan long terme) : elle permettra d’utiliser l’opportunité principale comme tremplin pour augmenter votre potentiel de création de valeur. Elle doit s’inscrire dans une feuille de route sur le long terme.

 

  1. Définir une stratégie pour chaque option

Un dernier choix s’impose : vous devez sélectionner une option de repli et une de croissance pour accompagner votre opportunité principale dans votre stratégie focus agile. Pour ce faire, posez-vous les questions suivantes :

  • Exploiter maintenant: Pouvons-nous exploiter cette option maintenant ? Sommes-nous en capacité de supporter son investissement humain et financier ? Cette option nous permet-elle de réduire les risques et/ou d’augmenter le potentiel de création de valeur de l’opportunité principale ?
  • Garder ouverte: Devons-nous garder cette option ouverte ? Et se tenir informé du marché ciblé et développer un produit ou service flexible ? Ce qui nécessite en parallèle de l’option principale, d’allouer un peu de temps et de budget pour rester en veille sur ce marché (nouvelles tendances, études, concurrence, réseau…) et prendre en compte très tôt la modularité de votre offre pour atteindre plusieurs cibles.
  • Entreposer: Qu’en est-il des opportunités restantes ? Sauvegardez-les dans une liste, elles vous serviront peut-être un jour.

 

Vous êtes désormais fin prêts pour décrire votre cible focus agile. Utilisez le diagramme ci-dessous en positionnant votre option principale et les options de repli et de croissance. N’oubliez pas d’accompagner vos options choisies par un argumentaire pour défendre leur position et faire passer les bons messages. La réussite passe par une très bonne communication !

Bien que la méthodologie et les outils associés soient conçus pour définir votre stratégie, le processus d’apprentissage tout au long du cheminement est tout aussi important. Il vous aidera à mieux cerner les forces de votre organisation, votre paysage concurrentiel, vos clients et les difficultés que vous rencontrerez. Les connaissances et enseignements que vous allez réunir sont tout aussi précieuses.

 

 

[1] Where to Play: 3 steps for discovering your most valuable market opportunities, Marc Gruber and Sharon Tal, FT Publishing International

CES 2021 : l’édition placée sous le signe du « new normal »

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Cette 54ème édition du CES n’a pas échappé à la pandémie de Covid-19, et comme tout le monde, elle a dû s’adapter. Le CTA avec le support de Microsoft a mis en place un portail virtuel réunissant les keynotes, les conférences, un espace de discussion et de réunion ainsi que les mini-sites des quelques 1900 exposants participants à cette édition si particulière et teintée de nostalgie.

La keynote d’ouverture de Gary Shapiro (Président du CTA), nous a vite plongés dans la réalité de ces derniers mois si difficile pour toute la planète, avec quelques chiffres qui montrent à quel point la crise nous a poussé à agir, à innover et à s’unir face aux challenges de cette nouvelle normalité. Deux secteurs en particulier ont retenu mon attention : celui de la santé et du bien-être ainsi que l’automobile.

 

Le CES 2021 en résumé

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Une pandémie qui nous a véritablement permis de gagner beaucoup de temps dans l’adoption de nouveaux usages et nouvelles technologies, dans la santé et le bien-être, l’éducation, la transformation digitale des entreprises ou encore le commerce où nos habitudes de consommation ont été bouleversées

Satya Nadella, CEO de Microsoft, souligne : « Nous avons observé l’équivalent de deux ans de transformation numérique en deux mois » (We’ve seen two years’ worth of digital transformation in two months“). Doug McMillon, CEO de Walmart, a ajouté : « Nous avons connu une accélération de 5 ans de la livraison en 5 semaines » (“We experienced 5 years acceleration in pick-up delivery in 5 weeks ).

C’est également une prise de conscience que la crise sanitaire a révélé, au travers du nouveau challenge que représente cette nouvelle normalité plus durable, plus sociale, plus intelligente et plus performante. De nombreux acteurs de la scène internationale en ont fait leurs valeurs, tels que Bosch qui a profité du CES pour annoncer avoir atteint fin 2020 la neutralité carbone pour l’ensemble de ses 400 sites à travers le monde (audit indépendant en cours). Une réussite qu’ils doivent à une stratégie qui s’appuie sur 4 piliers : augmenter l’efficacité énergétique, développer la production d’énergie renouvelable, acheter plus d’électricité verte et compenser les émissions de CO2 inévitables.

Video Live sustainable #LikeABosch

Samsung a lancé un nouveau programme appelé « Galaxy Upcycling at Home » pour permettre aux utilisateurs de réutiliser leurs anciens smartphones comme appareils ménagers pratiques, par exemple en baby-phone en réutilisant les capteurs de son pour surveiller la pièce, ou encore en télécommande longue distance pour allumer la lumière ou ouvrir les fenêtres.

 

Santé et bien-être mis en exergue

Sur fond de pandémie de Covid-19, l’année 2020 s’est imposée comme une année faste pour l’innovation en matière de santé. Comme le révèle le Forbes : « Le recours à la santé connectée est passée de 11 % des Américains en 2019 à 76 % des Américains en 2020 » (“Telehealth usage has soared from 11% of Americans using it in 2019 to 76% of Americans in 2020”), ce qui s’est confirmé dans le domaine des start-up spécialisées du secteur de l’e-santé qui ont battu un nouveau record d’investissements, avec un total de 21,5 milliards de dollars (près de 18 milliards d’euros), soit une hausse de plus de 50 % par rapport à 2019, d’après le dernier rapport Startup Health1.

Et c’est sans surprise que nous avons pu retrouver en nombre cette télémédecine à la maison au travers de solutions de capture et de suivi de constantes physiologiques, qui font appel aux dernières technologies de computer vision et d’intelligence artificielle pour mieux conseiller et suivre votre santé et votre bien être. Les exemples marquants :

 

  • Binah.ai: l’application qui transforme n’importe quel smartphone ou tablette en un outil de surveillance des signes vitaux. En regardant la caméra de l’appareil, l’application extrait, le rythme cardiaque, la VRC, la saturation en oxygène, la fréquence respiratoire, le stress mental et bientôt, la pression sanguine, en moins d’une minute, avec une précision de niveau médical.
  • HealthyU™, un dispositif intelligent de surveillance à distance capable de fournir : ECG à 7 pistes, sons cardiaques, rythme cardiaque, oxymétrie du pouls, température, taux respiratoire, et tendance de la pression artérielle.
  • Welldoc, une plateforme innovante (app mobile + portail utilisateur) pour aider et conseiller les utilisateurs à rester en bonne santé. Elle prend en charge les pathologies du diabète, de l’hypertension ou encore de l’insuffisance cardiaque.

Covid oblige, nous avons noté la présence de solutions pour lutter et se protéger contre le virus au travers de purificateur d’air comme la solution AirThings Wave, un appareil connecté à une application mobile pour suivre et alerter de la qualité de l’air à la maison ou au bureau. Ou encore le masque connecté de airPop Health qui est capable de suivre votre respiration et l’état du filtre, le tout depuis son mobile.

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Côté bien-être, je finirais avec les miroirs connectés encore très présents cette année, avec notamment CareOs (société française) qui nous a présenté son dernier modèle Themis, le compagnon de votre bien-être en mode tablette capable de vous reconnaître (facial recognition), de vous comprendre (commande vocale), d’analyser l’état de votre peau (skin analysis) et bien d’autres services. Dans la même catégorie, une solution nominée aux Awards 2021 qui vient de la Corée du Sud (toujours très avance dans ce domaine), le zmirror de ICON.AI qui propose une analyse de votre peau, intègre Alexa ainsi qu’un système de son de chez Harman Kardon.

 

L’automobile, toujours en mouvement

L’autre thématique toujours très présente au CES, l’automobile et la nouvelle mobilité urbaine, n’a pas dérogé à la règle avec certainement les conférences les plus intéressantes autour de la voiture électrique et autonome.

On peut commencer avec Sony qui est revenu avec son prototype de voiture tout électrique, la Vision-S. Une idée suggérée par l’importance de l’expérience utilisateur dans cette nouvelle mobilité urbaine, et confirmée lors du CES 2020 par l’enthousiasme du public qui a convaincu la direction de Sony d’aller jusqu’au test en condition réelle en Autriche en décembre 2020. Pour cela ils se sont entourés de partenaires (Magna Steyr, AImotive, Bosch, Continental…) pour co-construire ce 1er prototype qui embarque pas moins de 40 capteurs pour avoir une vue à 360° et un niveau 2 d’autonomie. Sony vise le niveau 4 à terme, c’est dire l’ambition du projet, car ça reste encore un projet. Affaire à suivre…

Video Sony Vision-S

Mobileye (propriété d’Intel) est venu présenter, par l’intermédiaire du professeur Amnon Shashua (CEO Mobileye), une approche qui résout le problème de l’échelle, tant du point de vue technologique que commercial. Il est essentiel de ramener la technologie à un coût abordable, en phase avec le marché des futurs véhicules autonomes, pour permettre d’en démocratiser l’usage à l’échelle mondiale. La solution de Mobileye se constitue d’une caméra peu coûteuse comme capteur principal, combinée à un lidar d’un nouveau genre (photonique) supérieur aux réflexes pouvant être attendus de la part d’un automobiliste humain. Grâce à True Redundancy™, Mobileye peut valider ce niveau de performance pour attendre le niveau 4  plus rapidement et à moindre coût comparé aux systèmes fusionnés.

Video GM Exhibit Zero

Pour finir en beauté, je voudrais vous parler de General Motors et de sa vision pour un futur sans accident, sans émission de carbone et sans embouteillage. La clé pour y arriver passe par l’électrification des véhicules et la connectivité de l’écosystème urbain.

Ce virage vers l’électricité s’accompagne d’une annonce autour d’une toute nouvelle plateforme Ultium qui supportera la mise sur le marché de 30 nouveaux modèles de véhicules électriques. Soit un investissement de plus de 27 Milliards de dollars d’ici 2025. Ce qui rend confiant GM dans cette transition, c’est sa future batterie lithium-ion Ultium qui dure plus longtemps (au moins 640km), qui est moins lourde (-25%) et qui coûte moins cher (-40%) grâce à la diminution du cobalt -70%, remplacé par de l’aluminium.

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L’autre annonce faite par GM c’est la création d’une nouvelle activité BrightDrop autour d’un écosystème de véhicule électriques, de logiciels et de services dédiés à la livraison. Le but est d’aider les entreprises à optimiser leurs logistiques et leurs services de livraison avec ces différents produits. Un premier véhicule EP1 est conçu pour transporter facilement des colis sur de très courtes distances (d’un entrepôt au magasin ou d’un véhicule de livraison à la porte du client). Cet EP1 est ensuite positionné dans un véhicule de transport électrique EV600 qui a été testé par des équipes de FedEx dans le cadre d’un projet pilote.

 

 

Atypique, surprenante et imprévisible… L’année 2020 aura été à coup sûr un formidable accélérateur de bien des pratiques, surtout dans le domaine de la transformation digitale. Et le CES 2021 en est le parfait témoin, avec bon nombres d’innovation qui sont venues bousculer les habitudes de consommation, de protection de la santé et du bien-être. Une édition qui aura été le point d’inflexion (comme l’a très bien dit Mary Barra CEO de General Motors) d’une véritable prise de conscience de l’importance du respect de la planète et de l’être humain.

 

Vivement l’année prochaine, qu’on retrouve un peu de normalité avec une édition à Las Vegas !

 

L’intelligence artificielle : confiance ou méfiance ?

Conceptualisée dès l’antiquité, l’intelligence artificielle a traversé les siècles et fait encore galoper l’imaginaire collectif à travers la littérature ou le cinéma, entre craintes et fantasmes. Aujourd’hui, l’IA se démocratise au sein des entreprises comme des foyers. Elle devient la nouvelle électricité, apportant une transformation tout aussi importante que celle amorcée par Volta et Edison. L’électrification de notre société a déjà révolutionné toutes les grandes industries, le transport, la santé ou encore les communications. L’intelligence artificielle sera-t-elle la prochaine révolution industrielle ?   

 

LES PROGRÈS ET LES ENJEUX DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Bon nombre de spécialistes considèrent déjà l’intelligence artificielle comme une nouvelle révolution industrielle qui bouleversera notre rapport au travail ; certains y voient même les prémices d’une intelligence « super-humaine ». 

Au début des années 2000, les ordinateurs se contentaient d’être du simple matériel de bureau, des dispositifs de communication, lecteurs ou éditeurs de médias, composés d’outils graphiques. Ils défient désormais le cerveau humain sur la capacité à battre des rois du poker, à traduire et analyser des textes, à reconnaître des visages ou des voix, à conduire des voitures, à tenir une conversation plus ou moins sensée… voire anticiper nos désirs. 

Depuis une dizaine d’années, l’intelligence artificielle renaît et se développe à une vitesse folle. Elle a ouvert la voie à de remarquables progrès dans l’IT : l’optimisation de la recherche sur le web, les systèmes de recommandations (publicités, articles sur Amazon, films sur Netflix…), la classification d’image et la détection d’objets sur une image. Elle a également permis aux entreprises de proposer de nouveaux produits et services intelligents visant à assister les personnes dans leur quotidien. Les progrès en vision par ordinateur amènent progressivement aux voitures sans chauffeur. Des systèmes d’analyse d’images médicales détectent de façon automatique des mélanomes et autres tumeurs de manière plus fiable que des radiologues expérimentés. Des efforts considérables de R&D sont consacrés au traitement du langage naturel, tandis que les GAFAM et les BATX dont la force est intimement liée à ces progrès, investissent aujourd’hui massivement dans les laboratoires d’intelligence artificielle. 

Grâce à la révolution technologique du Deep Learning, nous sommes désormais capables de faire réaliser beaucoup de tâches humaines aux machines, ce qui nous permet d’imaginer et de bâtir un nouveau monde. Dans les entreprises, les tâches simples et répétitives pourront être confiées aux IA : elles en viendront à bout plus facilement, plus rapidement et avec plus de précision. L’automatisation de ces tâches va permettre aux collaborateurs de consacrer plus de temps à des travaux à plus grande valeur ajoutée. L’IA améliorera ainsi la qualité de vie et la satisfaction des employés. Au-delà de l’automatisation, elle pourra également améliorer l’expérience des clients, en anticipant leurs besoins grâce à la prédiction de tendances, en la personnalisant ou encore en fluidifiant les relations avec par exemple, l’utilisation de chatbots intelligents. Les systèmes intelligents conduisent à la redéfinition du travail, des expériences employés et clients. Elle contribue également à l’innovation : l’IA représente une aubaine pour les entreprises ayant pour but de créer et développer des produits et services inédits. Les exemples sont légions : la start-up Golem.AI pour l’automatisation et l’assistance des métiers, TwinswHeel la start-up spécialisée dans la robotique autonome appliquée à l’e-commerce, ou encore la solution d’intelligence artificielle pour automatiser les diagnostics de fractures à partir de l’analyse de radios créée par la start-up AZMed. 

Malgré ces applications qui font rêver et promettent un monde meilleur, doit-on se méfier de l’IA ? 

 

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET LA MORALE

« Les féministes devraient toutes brûler en enfer » et « Hitler aurait fait un meilleur boulot que le singe actuel », psalmodiait Tay, le chatbot de Microsoft dès son premier jour d’immersion sur Twitter, en mars 2016. Ce bot capable de converser avec des interlocuteurs pouvait également apprendre progressivement à partir des réponses de ceux-ci. Il a conquis plus de 23 000 abonnés qui, de façon prévisible, ont tenté de tester ses limites pour pousser le bot à tenir certains propos et le faire déraper avec succès. Piteuse vitrine du Machine Learning devenu incontrôlable, Tay a été mis hors circuit par ses concepteurs au bout de quelques heures. 

Que se passerait-il si des décisions importantes était déléguées à des algorithmes d’IA ? 

Se fier à une IA pour prendre des décisions dont les conséquences pourraient être lourdes pour autrui, pose clairement des problèmes éthiques. Les réseaux de neurones, l’une des branches de l’IA, fonctionnent comme des boîtes noires ; autrement dit, personne ne sait comment le résultat est produit. Les recherches sur l’explicabilité de cette boîte noire sont en cours. D’autres problèmes remontent à la surface : si un système est entraîné sur un ensemble de données, il est fort possible qu’il en reproduise aussi les biais. Or, même avec la meilleure des volontés de la part de programmeur, il lui sera impossible d’anticiper tous les biais imaginables au point de les éviter. En particulier pour les systèmes conçus pour apprendre en permanence, comme Tay qui se modifiait en imitant ses malicieux interlocuteurs. 

Avant de déployer toute IA, il serait bon de lui inculquer quelques règles « morales », notamment grâce au déploiement de comités d’éthique, à l’image de ceux qui existent en biologie. Ils aident à évaluer les limites à ne pas dépasser ou à cadrer certains travaux qui risquent d’engendrer des dérives. Également, l’approche purement numérique du Deep Learning pourrait être couplée à une approche dite symbolique, composée de règles rédigées par le programmeur et validées par le comité d’éthique : il s’agirait là d’une solution hybride incluant des prescriptions morales que la machine devra respecter. 

En attendant que ces solutions soient mises en application, de nombreux chercheurs s’accordent sur un point : il faut laisser à l’humain la décision finale pour trancher les situations délicates. Cependant, il a été observé dans de nombreux cas que l’humain accorde une plus grande plus confiance à la décision de la machine plutôt qu’à sa propre intuition. Il faudrait alors sensibiliser les humains aux limites sensorielles de l’IA afin qu’ils soient capables d’amender les décisions de cette dernière. 

 

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE PART-ELLE EN GUERRE CONTRE LES EMPLOIS ?

Une autre question inquiète : l’intelligence artificielle détruira-t-elle des emplois ? Répondre « oui » serait réducteur, étant donné que l’IA en créera aussi. Il est certain que les emplois constitués de tâches automatisables (orienter, analyser, guider voire dialoguer) seront condamnés à disparaître au fil du temps. La difficulté reste à déterminer le ratio entre la destruction et la création des emplois, d’autant plus que l’IA n’engendrera pas nécessairement une perte d’emploi, mais plutôt une transformation voire une redistribution des tâches. Mettre en place des systèmes automatisés expose également les employés à devenir des esclaves de la machine. 

Loblaw, une société canadienne de grande distribution, a décidé la fermeture de ses entrepôts de Laval et d’Ottawa dans le but de confier ses activités de distribution à des robots intelligents qui seront déployés d’ici la fin d’année 2021. Cette situation, qui n’est pas sans précédent, engendrera un taux de chômage de 100% sur l’effectif des salariés desdits entrepôts. C’est ce que risque aujourd’hui tout employé dont la tâche est automatisable par une IA. 

Afin d’éviter le chômage, il est conseillé aux employés de commencer à se former et à développer une compétence générique. Appelées « compétences de base » par les économistes, elles désignent l’apprentissage d’une compétence qui évolue et s’adapte à mesure que les technologies progressent. Cela consiste à apprendre la programmation fonctionnelle au lieu d’étudier Scala, le traitement de texte au lieu de Word 2016. L’idée est d’éviter de se spécialiser sur une technologie précise au risque que les compétences deviennent rapidement obsolètes. 

 

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : L’ENNEMI DE L’ÊTRE HUMAIN ? 

Malgré tout ce qui se dit, l’IA ne pourra pas totalement remplacer l’homme : l’intervention humaine restera nécessaire pour arbitrer les actions de la machine. Illustrons cette affirmation avec les ressources humaines. Si une IA bien entraînée est capable de trouver les meilleurs candidats pour un poste en se basant sur des critères factuels tels les diplômes, les expériences, les compétences ou encore la localisation, elle ne sera pas capable de saisir des critères fluctuant, tels que la satisfaction, les désirs de mobilité interne ou bien le type de management qui convient au candidat. Elle n’est pas adaptée pour faire passer les entretiens, juger du tempérament de la personne face à elle et déceler ses envies. Malgré les nombreux progrès en cours sur l’analyse comportementale et le langage humain, aucune intelligence artificielle ne sera jamais dotée de la capacité d’écoute ou de l’empathie d’un être humain. La machine aura toujours besoin d’être guidée et éduquée par un expert de son domaine pour apporter une aide complémentaire à l’analyse fournie. 

 

A la question de savoir si l’intelligence artificielle sera la prochaine révolution industrielle, je répondrais OUI. L’IA profitera non seulement aux entreprises qui gagneront en rapidité de production, en fluidité des opérations et en fiabilité des résultats, mais aussi à la société tout entière car elle offrira grâce à de nouveaux gadgets un cadre de vie et de travail beaucoup plus confortable et épanouissant. Et pourtant, malgré tous les progrès fulgurants initiés dans ce domaine pour améliorer nos conditions de vie et de travail, nombreux sont ceux qui restent dubitatifs face aux problèmes d’éthiques, de morale, de chômage voire de souveraineté, que ces progrès pourraient engendrer. Si l’on ne devrait pas s’opposer à une telle évolution technologique, il faudrait tout de même rester vigilant quant à l’utilisation qu’on en fera. Le but étant d’éviter de nous faire guider par des machines certes intelligentes mais dépourvues de tout sentiment (empathie, compassion, indulgence, etc.) dont seul l’être humain est capable aujourd’hui. 

SAP COMMERCE CLOUD ENFIN DISPONIBLE DANS LE CLOUD

Aujourd’hui, beaucoup emploient le terme « SAP Customer Experience » (SAP CX) pour parler de SAP Commerce Cloud et des autres produits inclus dans la suite. Certains savent qu’il existe 2 versions différentes de SAP Commerce Cloud : CCv1, qui est basée sur une infrastructure SAP, et une deuxième version dans un Cloud public. Mais rares sont ceux qui connaissent vraiment CCv2, cette version récente de SAP Commerce Cloud dans le Cloud public. 

Pourquoi l’éditeur a-t-il choisi ce mode d’hébergement pour sa solution e-Commerce Cloud ? Et quel est son potentiel ? À l’heure où la majorité des applications sont hébergées dans le Cloud, en quoi SAP Commerce Cloud CCv2 se démarque-t-elle des autres offres ? 
Je vous explique tout cela aujourd’hui. 

DU « CLOUD » VERS LE CLOUD 

 Commençons par ce qui manquait dans la version CCv1. Même si SAP Commerce Cloud basée sur une infrastructure SAP comportait déjà la mention « Cloud » dans son nom, il ne s’agissait pas vraiment d’une solution Cloud à proprement parler pour 2 raisons : 

  1. Le client ne pouvait utiliser que 3 ou 4 environnements : développement standard, simulation, production et QA en option. Chaque environnement était composé de machines virtuelles hébergées par l’un des datacenters de SAP assurant le fonctionnement de SAP Hybris Commerce.
  2. Pour gérer ces environnements, SAP fournissait au client un tunnel VPN qui ne lui permettait pas d’accéder aux environnements de simulation et de production, ces derniers étant réservés à SAP. S’il incombait aux clients de créer leurs packages, il était impossible de déployer dans ces environnements. Pour toute tâche administrative, il fallait transmettre une demande de changement et attendre que les ingénieurs de SAP la traitent, pendant les horaires d’ouverture uniquement. Il était donc impensable de faire un déploiement en production un dimanche soir… 

Tout a changé en juin 2018 avec l’arrivée de SAP Commerce Cloud hébergé dans le Cloud public (ou CCv2). Pour l’hébergement, l’éditeur a choisi Microsoft Azure, l’un des leaders sur le marché des fournisseurs Cloud. Désormais, toutes les capacités dont vous avez besoin pour vos builds, vos déploiements dans le Cloud, vos tâches administratives et la surveillance sont disponibles dans le portail SAP Commerce dédié. Ce portail sert de proxy entre nous, les développeurs, et le Cloud public.  

Pour en savoir plus sur les applications du portail SAP Commerce, penchons-nous sur quelques-uns des nouveaux piliers de CCv2. 

 

L’APPROCHE CONTENEURS 

Comme dans SAP Commerce Cloud CCv1, vous bénéficiez de 3 environnements: développement, simulation et production. Chaque environnement repose sur Microsoft Azure et est équipé de son propre cluster Kubernetes assurant l’orchestration des nœuds. Chaque nœud est configuré avec Docker et Kubelet pour permettre le déploiement des images Docker créées par le processus de build de SAP Commerce Cloud. Son rôle est défini dans la configuration Aspect utilisée pendant le build. Chaque aspect contribue ensuite à la conteneurisation en définissant les rôles des instances SAP Commerce Cloud dans un cluster Kubernetes. Par conséquent, l’application HAC est conteneurisée sur les nœuds avec les rôles « back office », « accstorefront » et « backgroundProcessing », tandis que SmartEdit est distribué sur les nœuds avec les rôles « backoffice » et « api », par exemple. 

Le portail SAP Commerce facilite le travail dans ces différents environnements. Il vous permet de gérer tous vos endpoints et leur configuration, les stockages Cloud, les configurations de déploiement, les services, les instantanés et la surveillance.  

 

« SÉSAME, OUVRE-TOI » 

Sur le plan de la gestion de versions du code, SAP s’est enfin alignée sur des références sectorielles comme Git. Jusqu’à récemment, les utilisateurs étaient contraints de coder directement dans le système métier assurant l’exécution du code. Aujourd’hui encore, les programmeurs ABAP se souviennent avec effroi de leurs expériences dans les années 70. L’arrivée de la plateforme Java Netweaver au début des années 2000 avait permis aux développeurs d’utiliser de nouveaux produits pour gérer leur code, mais uniquement en Java. Il a fallu attendre des dizaines d’années pour que SAP intègre enfin des systèmes de contrôle de versions distribués et open source comme Git. 

Initialement lancée pour les activités de développement sur SAP HANA, l’intégration Git a rapidement été adaptée à SAP Commerce Cloud. Elle en est aujourd’hui un composant natif. Pour nous en tant que développeurs et intégrateurs, cela signifie que la création d’un pipeline d’intégration continue (CI) fait maintenant partie intégrante de la plateforme. SAP Commerce Cloud CCv2 est directement connecté à n’importe quel dépôt de code Git : il vous suffit de spécifier son adresse depuis le portail SAP Commerce Cloud et de paramétrer une clé publique SSH dans votre dépôt Git pour autoriser la connexion. Ensuite, vous n’avez plus qu’à cliquer sur « Deploy to Environment », puis choisir les options d’environnement et de déploiement pour votre build et votre déploiement. 

  

SPARTACUS MONTE AU FRONT(END) 

Les solutions headless ont beaucoup fait parler d’elles, tant sur le plan de leurs avantages que de leur impact sur la technologie et le marché de l’e-Commerce. Mais ce n’est pas la seule caractéristique importante de SAP Commerce Cloud CCv2. L’un des changements technologiques clés de cette version est l’utilisation de Spartacus, une vitrine JavaScript basée sur Angular au niveau front-end. Cette vitrine dissociée et open source s’appuie sur des API omni-commerce connect (OCC) pour communiquer avec le back-end SAP Commerce Cloud. Et si vous préférez les front-ends de SAP comme les Accelerators B2C ou B2B, ne vous inquiétez pas : ils sont toujours disponibles dans CCv2. C’est précisément dans ces situations que le mode headless entre en jeu : Spartacus se dissocie du système back-end et ne remplace pas obligatoirement vos Accelerators de prédilection ! Il crée simplement un point de contact supplémentaire exécuté sur le même back-end. 

Quels sont les autres points forts de Spartacus ? Il est développé en SPA (Single-Page Application), autrement dit sous forme d’application web qui charge une seule page puis met à jour son contenu grâce à des requêtes AJAX via une API REST. Cette approche représente une avancée vers les PWA (Progressive Web Applications), un nouveau concept d’applications front-end pour tous types de supports (ordinateurs, appareils mobiles, appareils intelligents, etc.). 

 

QUELLES PERSPECTIVES POUR LA SOLUTION ? 

SAP redouble d’efforts pour combler ses lacunes technologiques et s’imposer comme un leader et un concurrent redoutable dans le marché du Cloud. Malgré leur popularité et leur évolution continue, ses solutions Cloud pourraient encore s’améliorer.  

Voici quelques perspectives potentielles pour CCv2 : 

  1. Spartacus a vocation à remplacer les Accelerators B2B et B2C. C’est déjà chose faite pour l’Accelerator B2C, et SAP travaille actuellement sur l’ajout de la fonctionnalité B2B dans Spartacus.
  2. On peut également s’attendre à des améliorations au niveau des processus de build et de déploiement actuellement chronophages, ainsi qu’à une flexibilité accrue en termes de personnalisation des builds. Ces optimisations ont pour objectif d’éliminer les tâches manuelles pendant la création des pipelines CI.
  3. Intégration à SAP Commerce Data Hub, SAP Cloud Platform Integration, Cloud Platform Extension Factory et à la solution SAP Cloud Platform, ainsi qu’à SAP S/4HANA.
  4. Unification de toutes les interfaces Cloud SAP. Cette unification pourrait s’accompagner d’un rebranding et d’un remaniement des plateformes. 

SAP Commerce Cloud CCv2 représente avant tout une transition : au lieu d’avoir à gérer des infrastructures complexes et de développer en interne, les clients peuvent maintenant gérer la mise en œuvre de solutions métier avec une approche open source. Si vous souhaitez offrir à vos utilisateurs une meilleure expérience client, tout en démocratisant vos activités de développement, vous avez tout intérêt à opter pour CCv2 et Spartacus. 

Alimentation : que se passe-t-il du côté de la foodtech et de l’agritech en Asie ?

La croissance de la population mondiale, et en particulier de la classe moyenne dans les pays émergents en Asie, a entraîné une hausse de la demande alimentaire. Que ce soit pour améliorer la performance des cultures, optimiser l’utilisation des ressources, connecter les agriculteurs au marché, ou pour retracer le parcours des aliments, le digital s’est introduit dans la production alimentaire. Zoom sur quelques acteurs qui transforment l’une des plus anciennes activités humaines.

 

Alimentation : une nouvelle donne

La Chine et l’Inde devraient à eux deux contribuer à faire entrer un milliard de personnes supplémentaires dans la classe moyenne d’ici 2030, d’après CaixaBank Research. La classe moyenne émergente en Chine a commencé à reproduire les habitudes de consommation occidentales, faisant du pays le principal consommateur et importateur de viande actuel[1]. Face à cette demande croissante, le secteur agricole doit innover pour produire plus en évitant d’impacter la santé des consommateurs et d’épuiser les ressources. Des scandales à répétition en Chine ont également créé des opportunités de rendre le secteur alimentaire plus transparent.

 

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Par ailleurs, la population mondiale migre vers les zones urbaines (d’après les Nations Unies, les ¾ de la population mondiale vivront dans les villes d’ici 2050[2]). C’est notamment le cas en Asie ; ce phénomène rend la supply chain de plus en plus complexe pour approvisionner ces villes.

Mis en exergue avec de la fermeture de certaines frontières durant la crise du Covid-19, l’auto-suffisance est devenue un enjeu stratégique. Ainsi Singapour importe actuellement 90% de son alimentation des pays voisins. La Singapore Food Agency a annoncé son ambition de produire 30% de l’alimentation localement d’ici 2030. Le pays investit ainsi de plus en plus dans l’agriculture urbaine ou des innovations permettant de produire de la viande en laboratoire, par exemple.

 

Les fermes urbaines : silence, ça pousse

A Singapour, Edible Garden City bouscule le secteur agro-alimentaire. Cette société a créé une communauté autour de fermes urbaines et créé 200 jardins alimentaires au cours des 7 dernières années, parfois dans des lieux iconiques comme l’hôtel Marina Bay Sands. Elle a permis au concept de restaurants « de la ferme à la table » de fleurir dans le pays. Edible Garden City dispose également de sa propre ferme, qui intègre des technologies modernes, notamment un système de transformation des déchets alimentaires en fertilisants à l’aide d’insectes.12

D’autres fermes urbaines de Singapour, telles que Sky Greens et Sustenir Agriculture, ont développé des technologies de production verticale en environnement contrôlé grâce à la technologie de lumière LED. Sustenir Agriculture s’appuie sur l’intelligence artificielle pour faire le suivi de la croissance des plantes, mais aussi de l’ensemble du système agricole, des matières premières à l’ERP. La ferme produit à l’heure actuelle environ 11 tonnes de chou kale par an sur moins de 50 mètres carrés, et le double pour des légumes tels que la laitue[3]. Grâce à un environnement fermé contrôlé, les aliments poussent plus vite avec moins d’eau et produisent douze fois moins d’émissions carbones que les produits importés. En s’appuyant sur l’analyse de données, la ferme est capable d’identifier exactement comment améliorer les rendements, des nutriments dans l’eau à l’énergie utilisée pour la lumière.

 

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Le système d’éclairage par lumière LED de Sustenir Agriculture. Source : www.straitstimes.com

Connecter les agriculteurs à la demande : la technologie est dans le pré

La technologie contribue également à améliorer la productivité des fermiers en zones rurales, et à les connecter avec des clients. En Inde par exemple, plusieurs start-up ont connu une belle croissance au cours des dernières années avec un modèle de livraison « de la ferme à la fourchette ». Elles contribuent à digitaliser et rendre plus efficace la supply chain.

Par exemple, Ninjacart, fondée à Bangalore en 2015, a conçu une application qui permet aux restaurateurs et commerçants de commander des produits frais directement auprès des fermiers, éliminant ainsi les intermédiaires. La transaction est réalisée sur la plateforme, et la partie logistique (livraison et entrepôt) est ensuite gérée par Ninjacart qui prend une commission sur chaque transaction. Le service est garanti zéro-papier de A à Z. Aujourd’hui Ninjacart est capable d’assurer des livraisons depuis la ferme jusqu’au point de livraison en moins de 12 heures avec un taux d’efficacité de 99.88%. Grâce à une cinquantaine d’entrepôts, une flotte de « ninjas » livreurs, et des algorithmes pour prédire la demande, ce sont plus de 1000 tonnes de fruits et légumes qui sont livrées à 60 000 revendeurs dans 7 grandes villes d’Inde au quotidien.

Avec un confinement très strict, la plupart des marchés en ville ont dû fermer. Les revendeurs ont dû cesser leurs opérations et les fermiers qui constituent la majorité de la population active en Inde, se sont retrouvés avec des récoltes qu’ils ne pouvaient pas écouler. Ninjacart a alors lancé l’opération « Harvest The Farm » pour passer en direct du fermier au consommateur, permettant aux producteurs de couvrir leurs coûts, et écouler leurs récoltes. Le consommateur bénéficie ainsi de légumes et fruits à bon prix, et Ninjacart prend en charge le coût de la supply chain. La start-up s’est associée aux applications de livraison locales du type Deliveroo pour effectuer la livraison aux consommateurs finaux.

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La campagne de livraison de la ferme au consommateur final mise en place par Ninjacart pendant le confinement en Inde

 

Preuve de son succès, la start-up a levé en 2020 10 millions de dollars en série C financés par Flipkart, le géant du e-commerce indien, et 50 millions de dollars avec Walmart.

 

La transparence de la supply chain, ça coule de source

Suite à de nombreux scandales alimentaires, la Chine est devenue pionnière de l’innovation en matière de traçabilité de la supply chain. En 2015, le géant Alibaba lançait ses épiceries HEMA (HippoFresh) qui intègre de nombreuses nouvelles technologies, dont une innovation majeure à l’époque : chaque produit est accompagné d’un QR code qui peut être scanné pour obtenir des informations sur le produit, le fournisseur, le parcours complet du produit, ses conditions de stockage ainsi que des commentaires d’autres consommateurs, recommandations et recettes. Avec cette technologie, les consommateurs de viande par exemple peuvent connaître exactement quand l’animal est arrivé dans la ferme, quand il a été abattu, d’où il a été transporté, etc. On trouve même la plaque d’immatriculation du camion qui l’a transporté et les certificats de sécurité alimentaire.

 

> Retrouvez notre article dédié à la sécurité alimentaire et la Blockchain

 

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L’application des supermarchés d’Alibaba, Hema, permet de retracer la provenance des produits

 

Plusieurs start-up planchent également sur la traçabilité des produits en Chine en s’appuyant sur la technologie de la Blockchain. Ainsi, VeChain, spécialiste de la blockchain visant à améliorer la gestion de la supply chain, collabore avec Walmart China[4]. Sam’s Club, la chaîne de magasins réservée aux grossistes et petits commerces appartenant à Walmart, travaille sur un projet pour utiliser la blockchain de VeChain afin de retracer le parcours de 20 catégories de produits de sa marque Member’s Mark. Le packaging inclura un QR code permettant aux clients d’obtenir des informations sur la provenance des produits. VeChain, qui est basée à Singapour, a également d’autres projets en Chine, notamment pour la traçabilité du thé.

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Source : www.prnewswire.com

 

L’Asie est à l’avant-garde de la foodtech et de l’agritech pour transformer un secteur qui n’avait pas beaucoup changé depuis des milliers d’années. La crise sanitaire a accéléré encore un peu plus une tendance qui avait commencé à émerger vers une production plus locale et plus efficace, notamment dans les villes, combinant plus de transparence et une meilleure connexion entre les agriculteurs et le marché.

[1] https://www.statista.com/topics/5264/meat-industry-in-china/ [2] https://www.cnbc.com/2018/05/17/two-thirds-of-global-population-will-live-in-cities-by-2050-un-says.html [3] https://www.temasek.com.sg/en/news-and-views/stories/future/feeding-the-next-billion/keeping-city-kitchens-stocked-through-urban-farming [4] https://cryptonaute.fr/walmart-china-tourne-vers-vechain-renforcer-suivi-produits/

Santé connectée en Asie : 4 entreprises florissantes à suivre

L’adoption du digital dans le secteur de la santé a connu une accélération exponentielle en Asie suite à la pandémie du Covid-19. De nombreuses innovations en la matière avaient commencé à émerger depuis quelques années afin de démocratiser et faciliter l’accès à la santé dans des pays où la pénétration d’internet est toujours plus forte et où les zones rurales connaissent une pénurie de médecins. Le digital résout également d’autres questions tels que le coût des prestations et des tabous encore importants. De la télémédecine combinée à l’IA aux robots testeurs, en passant par les applications thérapeutiques : zoom sur ces nouvelles solutions de santé connectée à travers le continent asiatique.

 

Quatre cas de solutions de santé connectée que nous avons repérés

En Chine, Ping An Good Doctor démocratise la télémédecine

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SCabine de télémédecine et distributeur de médicament par Ping An Good Doctor en Chine – Source : AndroidPit

 

En réponse aux politiques chinoises qui encouragent la digitalisation des services médicaux, le groupe de bancassurance Ping An a mis en place un service de télémédecine depuis 2019 à travers l’installation de cabines dédiées. Appelé Ping An Good Doctor, ce service avait fait l’objet d’un investissement de 38 millions d’euros dans le développement de 29 partenariats avec des géants de l’industrie nationale (secteur médical, banques, assureurs, téléphonie…) pour établir son offre : un écosystème de santé connecté[1].

Les patients s’installent dans une cabine similaire à un photomaton et font part de leurs symptômes à un « médecin virtuel ». Basé sur l’IA, celui-ci établit un diagnostic en analysant l’ensemble des données collectées :  la voix du patient, ses descriptions de symptômes et ses antécédents médicaux. A distance, un médecin valide ensuite le diagnostic final, et prescrit les médicaments. A côté de la cabine, le patient peut retirer et payer ses médicaments via le distributeur automatique ou passer commande sur l’application Good Doctor.

La plateforme qui en 2019 était déjà la plateforme de télémédecine chinoise comptant le plus grand nombre d’inscrits, a enregistré 10 fois plus d’inscriptions et 9 fois plus de consultations entre janvier et février 2020 au début de l’épidémie[2]. Les consultations étaient alors gratuites pour les patients touchés par les risques d’infection.

 

Au Bangladesh, l’application Maya Apa offre des réponses aux questions de santé gratuitement

Reportage sur l’utilisation de Maya Apa (sous-titres français disponibles) – Source Facebook

 

Lancée en 2015, l’application permet à la population du Bangladesh d’accéder à un réseau d’experts médicaux et couvre une multitude de sujets, dont 80% sont liés à la santé.  La start-up dit répondre à 5000 questions par jour et avoir plus de 2 millions d’utilisateurs qui ont interagi avec l’application rien qu’en décembre 2019[3].

Disponible en anglais, en bengali et dans les dialectes locaux, le service est gratuit avec des options premium permettant d’obtenir une réponse en seulement 10 minutes. L’intelligence artificielle derrière Maya Expert répond à environ 30% des questions posées par les patients, avec un taux de précision de 90%, ce qui permet à la start-up de réduire fortement ses coûts. Le reste des questions est géré par des experts, qui sont acceptés après une vérification de la plateforme.

Pour les 70% restants, ce sont les experts concernés par le sujet qui y répondent en moins de 3 heures. L’application propose également une option comprenant une messagerie instantanée, la possibilité de poster des pièces jointes et des notes vocales pour communiquer. L’anonymat est préservé et permet à l’individu de garder sa(es) pathologie(s) sécurisée(s) et d’éviter des stigmatisations dans une société où de nombreux sujets relatifs à la santé sont encore tabous.

En Inde, Wysa AI propose un service de thérapie digitale

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Capture d’écran du chatbot de l’application Wysa – Source : PCMag

 

L’OMS estime qu’un individu sur 4 en moyenne est affecté par des troubles mentaux à un instant de sa vie[4]. C’est pourquoi la start-up indienne Wysa AI a choisi en 2017 de s’attaquer au marché de la santé connectée en mettant au point un thérapeute de vie virtuel. L‘application promeut digitalement le bien-être psychique et émotionnel, avec comme point fort Wysa le pingouin coach de vie qui se base sur un chatbot disponible 24h/24, 7j/7.

L’utilisateur a accès à une bibliothèque de contenus audio sur des sujets de développement personnel et au service (par message) de thérapeutes humains, le tout restant anonyme.

Pour renforcer son algorithme et maintenir le service à jour, Wysa AI travaille en partenariat avec des psychologues et des thérapeutes.

Disponible en plusieurs langues, le service ne s’arrête pas à l’Inde puisque l’application a été téléchargée par 1.7 million de personnes dans 30 pays différents, avec un total de 100 millions de conversations effectuées à ce jour (40% des utilisateurs étant situés aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Inde)[5]. Bien qu’adopté par les plus jeunes (24-30 ans) à ses débuts, Wysa a pu gagner la confiance des plus âgés (+35 ans).

 

En Inde, aux Philippines et au Myanmar, Forus Health fait baisser le prix des équipements ophtalmologiques et du dépistage du diabète

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Source : Instagram @forus_health_imaging

 

La rétinopathie diabétique est une complication qui atteint la moitié des diabétiques de type 2.

Selon l’OMS, 19% des 422 millions de personnes diabétiques dans le monde se trouvent en Inde, pays qui fait face à une pénurie d’experts en ophtalmologie avec seulement 20 000 experts pour 1,3 milliards d’habitants[6].

Depuis 2018, la start-up Forus Health, spécialiste du développement d’appareils ophtalmologiques, développe 3Nethra, un appareil capable de dépister la maladie au plus jeune âge, afin d’éviter des futures complications et de réduire le risque de mortalité. En intégrant l’IA et les capacités Cloud de Microsoft Azure, 3Nethra peut dépister en temps réel les symptômes chez le patient atteint. L’IA scanne l’image instantanément et élimine le long processus habituel d’impression des images prises pour les analyses. De plus, son utilisation ne nécessite pas d’expertise particulière et son prix est abordable pour encourager sa démocratisation.

La start-up a déjà installé 2200 appareils dans 26 pays et impacté 2,5 millions de vies[7].

 

 

Sélection d’innovations pour lutter contre l’épidémie du Covid-19 :

 

L’agilité digitale et technologique des pays d’Asie, l’implication des géants de la tech et le soutien des gouvernements, ont permis à de nouvelles innovations de santé connectée de voir le jour pour participer à la lutte contre le Covid-19. Les trois sélections suivantes ont attiré notre attention.

 

L’algorithme d’Alibaba détecte le coronavirus en 20 secondes

Le géant Alibaba a développé un algorithme pour analyser la tomodensitométrie. Ce dernier peut identifier le virus en 20 secondes seulement, contre 15 minutes par un médecin, et ce avec un taux de véracité de 96%. L’algorithme a été formé grâce aux données et scans de plus de 5000 cas confirmés de coronavirus et utilise le deep learning pour étudier les caractéristiques de l’infection. Le système est utilisé par plus de 26 hôpitaux et 100 établissements de santé en Chine et a contribué à diagnostiquer plus de 30 000 cas au mois de mars[8].

 

A Singapour, un robot pour surveiller l’état de santé des patients isolés

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Le robot BeamPro à l’hopital Alexandra – Source : Alexandra Hospital

 

Le robot BeamPro, a été déployé dans l’hôpital Alexandra à Singapour pour contrôler à distance l’état de santé des malades isolés. Un prototype du robot avait été développé 3 mois avant le début de l’épidémie, et a donc vu son développement considérablement accéléré.

Équipés d’une caméra et d’un écran, les infirmiers et médecins, visibles en visioconférence par le patient, peuvent observer le malade et lui poser des questions. Le déplacement du robot est contrôlé à distance par un ordinateur.

Une deuxième version est déjà en développement et permettra au patient de communiquer avec le robot dans 4 langues différentes.

 

En Corée du Sud, l’IA et le big data ont permis de développer des kits de tests

Seegene, société coréenne spécialisée dans les molécules biotechnologiques, avait dès le mois de janvier 2020 débuté des recherches pour le développement de kits de dépistage. Grâce à l’IA et au big data, en moins de 3 semaines, la société a pu contribuer à développer les premiers prototypes. Sans cet atout technologique, l’entreprise estime à 2 ou 3 mois le temps nécessaire pour arriver à développer ce même kit.

En plus de la technologie, la rapidité du gouvernement dans la mise en place de régulations adéquates et la validation médicale des kits, notamment au travers de partenariats privé-public a aussi participé à la fabrication massive de ces kits. Le pays a ainsi pu lancer des opérations de dépistage de la population très tôt.

 

Conclusion

La technologie, et en particulier le digital et l’intelligence artificielle, représente un atout essentiel pour faciliter l’accès aux soins de santé et accélérer le développement de solutions dans le secteur. L’Asie est une fois de plus à l’avant-garde, du fait de ses caractéristiques particulières dans les pays émergents (pénurie de médecins en zones rurales, besoin de démocratisation, tabous) ou grâce au soutien d’un gouvernement qui encourage l’utilisation des technologies dans les pays développés tels que Singapour, la Chine ou la Corée du Sud.

 

[1] https://www.prnewswire.com/news-releases/300-million-yuan-income-on-the-first-day-launch-ping-an-good-doctors-private-doctor-recognized-by-the-market-300902317.html [2] https://www.scmp.com/business/article/3050074/ping-good-doctor-chinas-largest-health-care-platform-reports-jump-users [3] https://futurestartup.com/2020/02/12/maya-ai-based-healthcare-ecosystem-250m-bangla-speaking-population/ [4] https://www.who.int/whr/2001/media_centre/press_release/en/ [5] https://www.wysa.io/ [6] https://www.aios.org/article-30-about-us.php [7] https://www.forushealth.com/ [8] https://www.alizila.com/how-damo-academys-ai-system-detects-coronavirus-cases/

[Replay] Comment concilier innovation numérique et transition écologique ?

4%.
C’est ce que représente l’empreinte du numérique au niveau des émissions de gaz à effet de serre dans le monde aujourd’hui. Et ce chiffre est amené à tripler d’ici 2025 !

Alors comment concilier cette innovation numérique qui ne cesse d’accélérer et les problématiques environnementales que nous connaissons tous ?

Selon nous, le numérique et l’écologie ne sont pas incompatibles si nous entreprenons une démarche de sobriété numérique.

L’objectif de cette démarche est simple : nous amener à réduire progressivement notre impact environnemental par des actions quotidiennes qui sont en fait assez évidentes.

Nos experts Stephen Demange et Véronique Tillaud vous dressent dans ce webinar un panorama de la situation numérique actuelle ainsi que de nos pistes d’amélioration pour entrer dans un modèle plus soutenable et plus pérenne.

 

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IA et Personnalisation : explications, limites et motorisation

Guidés par le leitmotiv « Proposer le bon produit, au bon client, au bon moment ! », les professionnels du retail sont passés à la personnalisation des dispositifs marketing. Toujours plus transformer, augmenter le panier moyen et entretenir la fidélisation client tout en répondant aux enjeux relationnels et émotionnels en offrant à chaque consommateur des expériences sur-mesure ; à l’heure de cette quête incessante de personnalisation, examinons ensemble comment l’IA a boosté cet essor et les conditions du one-to-one.

 

Personnalisation ou Hyper-Personnalisation : de quoi parle-t-on ?

Enterrés les seuls efforts du marketing centré sur le produit, la vague du client-first (ou de la customer centricity) a tout emporté sur son passage, repositionnant ainsi les enjeux business et branding en direction du client. Flattés de se retrouver au centre de tant d’attentions, 80% des acheteurs se disent plus susceptibles d’acheter auprès d’une marque offrant une expérience personnalisée[1].

Prenons une approche simple : observons que la personnalisation, sous un angle minimaliste, consiste à intégrer dans la communication des informations personnelles et transactionnelles (nom, historique des achats, etc..). Ces données ne représenteraient que 1,6% des données générées par les acheteurs, la quasi-totalité du « Digital Body Language »[2] résidant dans des données comportementales à travers les millions de signaux que nous envoient les clients sur un site de vente en ligne. L’hyper-personnalisation se conçoit donc comme l’exploitation de ces données souvent immergées, surtout pour s’en nourrir en temps réel afin de créer cette communication extrêmement contextuelle et pertinente pour l’internaute.

Un exemple rapide basé sur du ciblage emailing :

  • En mode Personnalisation, l’utilisateur recevra un e-mail de ventes flash, présentant son prénom dans l’objet, pour des chaussures appartenant à la même catégorie (sport) au sein de laquelle il a acquis une paire il y a environ 6 mois ;
  • En mode Hyper-Personnalisation, le niveau de contextualisation s’avère nettement plus avancé : cet utilisateur, après avoir navigué sur le site, sans acheter mais en laissant quelques traces de son passage, recevra une communication élaborée autour des modèles de running consultés, de son historique de recherche et d’achat pour cette gamme de produits, et sur un créneau horaire correspondant à ses pics d’achat observés.

 

Capter et traiter les data, dans les limites de l’exercice

On distingue généralement les données chaudes des données froides. Ces dernières proviennent d’un CRM ou DMP, donc d’un ensemble de données préexistantes telles que l’âge, le genre, le profil d’achat (base RFM), etc. Les données chaudes auront quant à elles été captées lors de la navigation de l’internaute sur le site : les données comportementales sur les contenus consultés ou recherchés, le temps passé dans les diverses catégories ; les données techniques (ex : device, navigateur) ; les données contextuelles (ex : heure, géolocalisation). L’exploitation de ces données est naturellement au cœur de la mécanique de personnalisation.

Ces traitements demandent à être exécutés de façon précise et immédiate : il faut absolument pouvoir influencer et persuader le client en temps réel ! A tel point qu’on touche du doigt certains paradoxes : la collecte des données couplée aux traitements algorithmiques permet une adaptation en temps réel des contenus, ce qui pourrait avoir comme incidence de limiter la découverte et le browsing « libre », du moins non imposé. A l’instar du reproche relatif au tribalisme adressé à Facebook il y a quelques années.

Quant aux consommateurs, rassurés par la mise en place des principes RGPD, ils exigent dorénavant davantage de transparence et veulent savoir quelles données sont utilisées par les marques pour optimiser leurs dispositifs personnalisés. D’après une étude récente, 83 % des répondants sont prêts à partager leurs données à des fins de personnalisation[3], mais seulement dans la mesure où les marques sont transparentes sur leur utilisation et que les utilisateurs gardent le contrôle sur les informations transmises. Vous l’aurez compris : l’expérience client doit donc être construite autour du consentement, de la transparence et de l’intelligence dans l’utilisation des données.

 

Vers une motorisation de l’IA au service du marketing

Devant l’explosion des données partagées et la multiplication des critères de ciblage à activer en temps réel, l’Intelligence Artificielle a naturellement trouvé sa place sur ce terrain de jeu constitué par l’automatisation et l’optimisation de l’expérience client.

Rappelons que le Machine Learning et l’IA connaissent déjà des champs d’application étendus. Pour ce qui nous intéresse ici, les algorithmes utilisés vont être capables d’offrir aux acheteurs la meilleure pertinence quant aux suggestions et recommandations produits (à l’instar du pionnier Amazon), mais pas seulement. Comment ? Sur la base de segments clients démultipliés, l’algorithme va produire des prédictions fondées sur ses calculs et corrélations observées entre les acheteurs d’une même offre ou appétents à un même message. Le tout en traitant un volume de données toujours plus grand, et avec une fiabilité sans équivalence.

Sur le marché, un large écosystème de solutions s’est constitué autour de l’IA associée à l’hyper-personnalisation. Citons par exemple Kameleoon, Sparkow, Nosto, Nuukik, Untie Nots ou encore Target2Sell, chacun d’entre eux œuvrant à améliorer son algorithme prédictif pour optimiser le merchandising, la gestion des contenus, le search, les dispositifs promotionnels/fidélisation, les ciblages omnicanal (emailing, social).

Ia personnalisation

Visuel de la solution de SAP Commerce Cloud

Dans l’immédiat, regardons de plus près la solution Context-Driven Services, add-on au sein de l’offre SAP Commerce Cloud, intégrant :

  1. Un principe de consentement pour toute exploitation des insights clients (Consent Management au sein du Store Front) ;
  2. Un cluster big data (Context Services) pour stocker et enrichir les données clients contextuelles et comportementales, adressées depuis un Profile Tag JavaScript ;
  3. La définition de segments, dans le Segment Builder, grâce à la gestion d’attributs et de conditions, en relation avec les commandes, le contenu du panier, le client ;
  4. L’affectation des clients aux segments, de manière dynamique, de manière à leur présenter des contenus spécifiques (content, promotions, search), en temps réel, que l’utilisateur soit loggé ou non ;
  5. Au fur et à mesure de la navigation de l’internaute, le service enrichit le profil, relançant ainsi des recalculs permanents dans les affectations client/segment, propulsant ainsi une expérience personnalisée sur le front, notamment via le CMS SmartEdit.

Comme nous l’avons vu, la personnalisation apporte toujours plus de valeur aux clients, par son souci avancé de contextualisation, dont les bénéfices perçus rejaillissent sur la relation entretenue entre le client et la marque… à condition que celle-ci ait instauré un climat de confiance dans le traitement des données dont le partage consenti peut être repris à tout moment.

[1] The power of me: The impact of personalization on marketing performance, Epsilon, 2018, https://www.slideshare.net/EpsilonMktg/the-power-of-me-the-impact-of-personalization-on-marketing-performance/1

[2] The Power of Digital Body Language, Nosto, 2018, http://www.retailexcellence.ie/wp-content/uploads/2018/05/14.00-eCommerce-Stage-James-White-Nosto-1.pdf

[3]https://www.accenture.com/fr-fr/company-news-release-etude-accenture-interactive