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Alimentation : que se passe-t-il du côté de la foodtech et de l’agritech en Asie ?

La croissance de la population mondiale, et en particulier de la classe moyenne dans les pays émergents en Asie, a entraîné une hausse de la demande alimentaire. Que ce soit pour améliorer la performance des cultures, optimiser l’utilisation des ressources, connecter les agriculteurs au marché, ou pour retracer le parcours des aliments, le digital s’est introduit dans la production alimentaire. Zoom sur quelques acteurs qui transforment l’une des plus anciennes activités humaines.

 

Alimentation : une nouvelle donne

La Chine et l’Inde devraient à eux deux contribuer à faire entrer un milliard de personnes supplémentaires dans la classe moyenne d’ici 2030, d’après CaixaBank Research. La classe moyenne émergente en Chine a commencé à reproduire les habitudes de consommation occidentales, faisant du pays le principal consommateur et importateur de viande actuel[1]. Face à cette demande croissante, le secteur agricole doit innover pour produire plus en évitant d’impacter la santé des consommateurs et d’épuiser les ressources. Des scandales à répétition en Chine ont également créé des opportunités de rendre le secteur alimentaire plus transparent.

 

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Par ailleurs, la population mondiale migre vers les zones urbaines (d’après les Nations Unies, les ¾ de la population mondiale vivront dans les villes d’ici 2050[2]). C’est notamment le cas en Asie ; ce phénomène rend la supply chain de plus en plus complexe pour approvisionner ces villes.

Mis en exergue avec de la fermeture de certaines frontières durant la crise du Covid-19, l’auto-suffisance est devenue un enjeu stratégique. Ainsi Singapour importe actuellement 90% de son alimentation des pays voisins. La Singapore Food Agency a annoncé son ambition de produire 30% de l’alimentation localement d’ici 2030. Le pays investit ainsi de plus en plus dans l’agriculture urbaine ou des innovations permettant de produire de la viande en laboratoire, par exemple.

 

Les fermes urbaines : silence, ça pousse

A Singapour, Edible Garden City bouscule le secteur agro-alimentaire. Cette société a créé une communauté autour de fermes urbaines et créé 200 jardins alimentaires au cours des 7 dernières années, parfois dans des lieux iconiques comme l’hôtel Marina Bay Sands. Elle a permis au concept de restaurants « de la ferme à la table » de fleurir dans le pays. Edible Garden City dispose également de sa propre ferme, qui intègre des technologies modernes, notamment un système de transformation des déchets alimentaires en fertilisants à l’aide d’insectes.12

D’autres fermes urbaines de Singapour, telles que Sky Greens et Sustenir Agriculture, ont développé des technologies de production verticale en environnement contrôlé grâce à la technologie de lumière LED. Sustenir Agriculture s’appuie sur l’intelligence artificielle pour faire le suivi de la croissance des plantes, mais aussi de l’ensemble du système agricole, des matières premières à l’ERP. La ferme produit à l’heure actuelle environ 11 tonnes de chou kale par an sur moins de 50 mètres carrés, et le double pour des légumes tels que la laitue[3]. Grâce à un environnement fermé contrôlé, les aliments poussent plus vite avec moins d’eau et produisent douze fois moins d’émissions carbones que les produits importés. En s’appuyant sur l’analyse de données, la ferme est capable d’identifier exactement comment améliorer les rendements, des nutriments dans l’eau à l’énergie utilisée pour la lumière.

 

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Le système d’éclairage par lumière LED de Sustenir Agriculture. Source : www.straitstimes.com

Connecter les agriculteurs à la demande : la technologie est dans le pré

La technologie contribue également à améliorer la productivité des fermiers en zones rurales, et à les connecter avec des clients. En Inde par exemple, plusieurs start-up ont connu une belle croissance au cours des dernières années avec un modèle de livraison « de la ferme à la fourchette ». Elles contribuent à digitaliser et rendre plus efficace la supply chain.

Par exemple, Ninjacart, fondée à Bangalore en 2015, a conçu une application qui permet aux restaurateurs et commerçants de commander des produits frais directement auprès des fermiers, éliminant ainsi les intermédiaires. La transaction est réalisée sur la plateforme, et la partie logistique (livraison et entrepôt) est ensuite gérée par Ninjacart qui prend une commission sur chaque transaction. Le service est garanti zéro-papier de A à Z. Aujourd’hui Ninjacart est capable d’assurer des livraisons depuis la ferme jusqu’au point de livraison en moins de 12 heures avec un taux d’efficacité de 99.88%. Grâce à une cinquantaine d’entrepôts, une flotte de « ninjas » livreurs, et des algorithmes pour prédire la demande, ce sont plus de 1000 tonnes de fruits et légumes qui sont livrées à 60 000 revendeurs dans 7 grandes villes d’Inde au quotidien.

Avec un confinement très strict, la plupart des marchés en ville ont dû fermer. Les revendeurs ont dû cesser leurs opérations et les fermiers qui constituent la majorité de la population active en Inde, se sont retrouvés avec des récoltes qu’ils ne pouvaient pas écouler. Ninjacart a alors lancé l’opération « Harvest The Farm » pour passer en direct du fermier au consommateur, permettant aux producteurs de couvrir leurs coûts, et écouler leurs récoltes. Le consommateur bénéficie ainsi de légumes et fruits à bon prix, et Ninjacart prend en charge le coût de la supply chain. La start-up s’est associée aux applications de livraison locales du type Deliveroo pour effectuer la livraison aux consommateurs finaux.

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La campagne de livraison de la ferme au consommateur final mise en place par Ninjacart pendant le confinement en Inde

 

Preuve de son succès, la start-up a levé en 2020 10 millions de dollars en série C financés par Flipkart, le géant du e-commerce indien, et 50 millions de dollars avec Walmart.

 

La transparence de la supply chain, ça coule de source

Suite à de nombreux scandales alimentaires, la Chine est devenue pionnière de l’innovation en matière de traçabilité de la supply chain. En 2015, le géant Alibaba lançait ses épiceries HEMA (HippoFresh) qui intègre de nombreuses nouvelles technologies, dont une innovation majeure à l’époque : chaque produit est accompagné d’un QR code qui peut être scanné pour obtenir des informations sur le produit, le fournisseur, le parcours complet du produit, ses conditions de stockage ainsi que des commentaires d’autres consommateurs, recommandations et recettes. Avec cette technologie, les consommateurs de viande par exemple peuvent connaître exactement quand l’animal est arrivé dans la ferme, quand il a été abattu, d’où il a été transporté, etc. On trouve même la plaque d’immatriculation du camion qui l’a transporté et les certificats de sécurité alimentaire.

 

> Retrouvez notre article dédié à la sécurité alimentaire et la Blockchain

 

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L’application des supermarchés d’Alibaba, Hema, permet de retracer la provenance des produits

 

Plusieurs start-up planchent également sur la traçabilité des produits en Chine en s’appuyant sur la technologie de la Blockchain. Ainsi, VeChain, spécialiste de la blockchain visant à améliorer la gestion de la supply chain, collabore avec Walmart China[4]. Sam’s Club, la chaîne de magasins réservée aux grossistes et petits commerces appartenant à Walmart, travaille sur un projet pour utiliser la blockchain de VeChain afin de retracer le parcours de 20 catégories de produits de sa marque Member’s Mark. Le packaging inclura un QR code permettant aux clients d’obtenir des informations sur la provenance des produits. VeChain, qui est basée à Singapour, a également d’autres projets en Chine, notamment pour la traçabilité du thé.

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Source : www.prnewswire.com

 

L’Asie est à l’avant-garde de la foodtech et de l’agritech pour transformer un secteur qui n’avait pas beaucoup changé depuis des milliers d’années. La crise sanitaire a accéléré encore un peu plus une tendance qui avait commencé à émerger vers une production plus locale et plus efficace, notamment dans les villes, combinant plus de transparence et une meilleure connexion entre les agriculteurs et le marché.

[1] https://www.statista.com/topics/5264/meat-industry-in-china/ [2] https://www.cnbc.com/2018/05/17/two-thirds-of-global-population-will-live-in-cities-by-2050-un-says.html [3] https://www.temasek.com.sg/en/news-and-views/stories/future/feeding-the-next-billion/keeping-city-kitchens-stocked-through-urban-farming [4] https://cryptonaute.fr/walmart-china-tourne-vers-vechain-renforcer-suivi-produits/

Santé connectée en Asie : 4 entreprises florissantes à suivre

L’adoption du digital dans le secteur de la santé a connu une accélération exponentielle en Asie suite à la pandémie du Covid-19. De nombreuses innovations en la matière avaient commencé à émerger depuis quelques années afin de démocratiser et faciliter l’accès à la santé dans des pays où la pénétration d’internet est toujours plus forte et où les zones rurales connaissent une pénurie de médecins. Le digital résout également d’autres questions tels que le coût des prestations et des tabous encore importants. De la télémédecine combinée à l’IA aux robots testeurs, en passant par les applications thérapeutiques : zoom sur ces nouvelles solutions de santé connectée à travers le continent asiatique.

 

Quatre cas de solutions de santé connectée que nous avons repérés

En Chine, Ping An Good Doctor démocratise la télémédecine

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SCabine de télémédecine et distributeur de médicament par Ping An Good Doctor en Chine – Source : AndroidPit

 

En réponse aux politiques chinoises qui encouragent la digitalisation des services médicaux, le groupe de bancassurance Ping An a mis en place un service de télémédecine depuis 2019 à travers l’installation de cabines dédiées. Appelé Ping An Good Doctor, ce service avait fait l’objet d’un investissement de 38 millions d’euros dans le développement de 29 partenariats avec des géants de l’industrie nationale (secteur médical, banques, assureurs, téléphonie…) pour établir son offre : un écosystème de santé connecté[1].

Les patients s’installent dans une cabine similaire à un photomaton et font part de leurs symptômes à un « médecin virtuel ». Basé sur l’IA, celui-ci établit un diagnostic en analysant l’ensemble des données collectées :  la voix du patient, ses descriptions de symptômes et ses antécédents médicaux. A distance, un médecin valide ensuite le diagnostic final, et prescrit les médicaments. A côté de la cabine, le patient peut retirer et payer ses médicaments via le distributeur automatique ou passer commande sur l’application Good Doctor.

La plateforme qui en 2019 était déjà la plateforme de télémédecine chinoise comptant le plus grand nombre d’inscrits, a enregistré 10 fois plus d’inscriptions et 9 fois plus de consultations entre janvier et février 2020 au début de l’épidémie[2]. Les consultations étaient alors gratuites pour les patients touchés par les risques d’infection.

 

Au Bangladesh, l’application Maya Apa offre des réponses aux questions de santé gratuitement

Reportage sur l’utilisation de Maya Apa (sous-titres français disponibles) – Source Facebook

 

Lancée en 2015, l’application permet à la population du Bangladesh d’accéder à un réseau d’experts médicaux et couvre une multitude de sujets, dont 80% sont liés à la santé.  La start-up dit répondre à 5000 questions par jour et avoir plus de 2 millions d’utilisateurs qui ont interagi avec l’application rien qu’en décembre 2019[3].

Disponible en anglais, en bengali et dans les dialectes locaux, le service est gratuit avec des options premium permettant d’obtenir une réponse en seulement 10 minutes. L’intelligence artificielle derrière Maya Expert répond à environ 30% des questions posées par les patients, avec un taux de précision de 90%, ce qui permet à la start-up de réduire fortement ses coûts. Le reste des questions est géré par des experts, qui sont acceptés après une vérification de la plateforme.

Pour les 70% restants, ce sont les experts concernés par le sujet qui y répondent en moins de 3 heures. L’application propose également une option comprenant une messagerie instantanée, la possibilité de poster des pièces jointes et des notes vocales pour communiquer. L’anonymat est préservé et permet à l’individu de garder sa(es) pathologie(s) sécurisée(s) et d’éviter des stigmatisations dans une société où de nombreux sujets relatifs à la santé sont encore tabous.

En Inde, Wysa AI propose un service de thérapie digitale

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Capture d’écran du chatbot de l’application Wysa – Source : PCMag

 

L’OMS estime qu’un individu sur 4 en moyenne est affecté par des troubles mentaux à un instant de sa vie[4]. C’est pourquoi la start-up indienne Wysa AI a choisi en 2017 de s’attaquer au marché de la santé connectée en mettant au point un thérapeute de vie virtuel. L‘application promeut digitalement le bien-être psychique et émotionnel, avec comme point fort Wysa le pingouin coach de vie qui se base sur un chatbot disponible 24h/24, 7j/7.

L’utilisateur a accès à une bibliothèque de contenus audio sur des sujets de développement personnel et au service (par message) de thérapeutes humains, le tout restant anonyme.

Pour renforcer son algorithme et maintenir le service à jour, Wysa AI travaille en partenariat avec des psychologues et des thérapeutes.

Disponible en plusieurs langues, le service ne s’arrête pas à l’Inde puisque l’application a été téléchargée par 1.7 million de personnes dans 30 pays différents, avec un total de 100 millions de conversations effectuées à ce jour (40% des utilisateurs étant situés aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Inde)[5]. Bien qu’adopté par les plus jeunes (24-30 ans) à ses débuts, Wysa a pu gagner la confiance des plus âgés (+35 ans).

 

En Inde, aux Philippines et au Myanmar, Forus Health fait baisser le prix des équipements ophtalmologiques et du dépistage du diabète

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Source : Instagram @forus_health_imaging

 

La rétinopathie diabétique est une complication qui atteint la moitié des diabétiques de type 2.

Selon l’OMS, 19% des 422 millions de personnes diabétiques dans le monde se trouvent en Inde, pays qui fait face à une pénurie d’experts en ophtalmologie avec seulement 20 000 experts pour 1,3 milliards d’habitants[6].

Depuis 2018, la start-up Forus Health, spécialiste du développement d’appareils ophtalmologiques, développe 3Nethra, un appareil capable de dépister la maladie au plus jeune âge, afin d’éviter des futures complications et de réduire le risque de mortalité. En intégrant l’IA et les capacités Cloud de Microsoft Azure, 3Nethra peut dépister en temps réel les symptômes chez le patient atteint. L’IA scanne l’image instantanément et élimine le long processus habituel d’impression des images prises pour les analyses. De plus, son utilisation ne nécessite pas d’expertise particulière et son prix est abordable pour encourager sa démocratisation.

La start-up a déjà installé 2200 appareils dans 26 pays et impacté 2,5 millions de vies[7].

 

 

Sélection d’innovations pour lutter contre l’épidémie du Covid-19 :

 

L’agilité digitale et technologique des pays d’Asie, l’implication des géants de la tech et le soutien des gouvernements, ont permis à de nouvelles innovations de santé connectée de voir le jour pour participer à la lutte contre le Covid-19. Les trois sélections suivantes ont attiré notre attention.

 

L’algorithme d’Alibaba détecte le coronavirus en 20 secondes

Le géant Alibaba a développé un algorithme pour analyser la tomodensitométrie. Ce dernier peut identifier le virus en 20 secondes seulement, contre 15 minutes par un médecin, et ce avec un taux de véracité de 96%. L’algorithme a été formé grâce aux données et scans de plus de 5000 cas confirmés de coronavirus et utilise le deep learning pour étudier les caractéristiques de l’infection. Le système est utilisé par plus de 26 hôpitaux et 100 établissements de santé en Chine et a contribué à diagnostiquer plus de 30 000 cas au mois de mars[8].

 

A Singapour, un robot pour surveiller l’état de santé des patients isolés

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Le robot BeamPro à l’hopital Alexandra – Source : Alexandra Hospital

 

Le robot BeamPro, a été déployé dans l’hôpital Alexandra à Singapour pour contrôler à distance l’état de santé des malades isolés. Un prototype du robot avait été développé 3 mois avant le début de l’épidémie, et a donc vu son développement considérablement accéléré.

Équipés d’une caméra et d’un écran, les infirmiers et médecins, visibles en visioconférence par le patient, peuvent observer le malade et lui poser des questions. Le déplacement du robot est contrôlé à distance par un ordinateur.

Une deuxième version est déjà en développement et permettra au patient de communiquer avec le robot dans 4 langues différentes.

 

En Corée du Sud, l’IA et le big data ont permis de développer des kits de tests

Seegene, société coréenne spécialisée dans les molécules biotechnologiques, avait dès le mois de janvier 2020 débuté des recherches pour le développement de kits de dépistage. Grâce à l’IA et au big data, en moins de 3 semaines, la société a pu contribuer à développer les premiers prototypes. Sans cet atout technologique, l’entreprise estime à 2 ou 3 mois le temps nécessaire pour arriver à développer ce même kit.

En plus de la technologie, la rapidité du gouvernement dans la mise en place de régulations adéquates et la validation médicale des kits, notamment au travers de partenariats privé-public a aussi participé à la fabrication massive de ces kits. Le pays a ainsi pu lancer des opérations de dépistage de la population très tôt.

 

Conclusion

La technologie, et en particulier le digital et l’intelligence artificielle, représente un atout essentiel pour faciliter l’accès aux soins de santé et accélérer le développement de solutions dans le secteur. L’Asie est une fois de plus à l’avant-garde, du fait de ses caractéristiques particulières dans les pays émergents (pénurie de médecins en zones rurales, besoin de démocratisation, tabous) ou grâce au soutien d’un gouvernement qui encourage l’utilisation des technologies dans les pays développés tels que Singapour, la Chine ou la Corée du Sud.

 

[1] https://www.prnewswire.com/news-releases/300-million-yuan-income-on-the-first-day-launch-ping-an-good-doctors-private-doctor-recognized-by-the-market-300902317.html [2] https://www.scmp.com/business/article/3050074/ping-good-doctor-chinas-largest-health-care-platform-reports-jump-users [3] https://futurestartup.com/2020/02/12/maya-ai-based-healthcare-ecosystem-250m-bangla-speaking-population/ [4] https://www.who.int/whr/2001/media_centre/press_release/en/ [5] https://www.wysa.io/ [6] https://www.aios.org/article-30-about-us.php [7] https://www.forushealth.com/ [8] https://www.alizila.com/how-damo-academys-ai-system-detects-coronavirus-cases/

[Replay] Comment concilier innovation numérique et transition écologique ?

4%.
C’est ce que représente l’empreinte du numérique au niveau des émissions de gaz à effet de serre dans le monde aujourd’hui. Et ce chiffre est amené à tripler d’ici 2025 !

Alors comment concilier cette innovation numérique qui ne cesse d’accélérer et les problématiques environnementales que nous connaissons tous ?

Selon nous, le numérique et l’écologie ne sont pas incompatibles si nous entreprenons une démarche de sobriété numérique.

L’objectif de cette démarche est simple : nous amener à réduire progressivement notre impact environnemental par des actions quotidiennes qui sont en fait assez évidentes.

Nos experts Stephen Demange et Véronique Tillaud vous dressent dans ce webinar un panorama de la situation numérique actuelle ainsi que de nos pistes d’amélioration pour entrer dans un modèle plus soutenable et plus pérenne.

 

Téléchargez le replay sur l'innovation numérique et la transition écologique

IA et Personnalisation : explications, limites et motorisation

Guidés par le leitmotiv « Proposer le bon produit, au bon client, au bon moment ! », les professionnels du retail sont passés à la personnalisation des dispositifs marketing. Toujours plus transformer, augmenter le panier moyen et entretenir la fidélisation client tout en répondant aux enjeux relationnels et émotionnels en offrant à chaque consommateur des expériences sur-mesure ; à l’heure de cette quête incessante de personnalisation, examinons ensemble comment l’IA a boosté cet essor et les conditions du one-to-one.

 

Personnalisation ou Hyper-Personnalisation : de quoi parle-t-on ?

Enterrés les seuls efforts du marketing centré sur le produit, la vague du client-first (ou de la customer centricity) a tout emporté sur son passage, repositionnant ainsi les enjeux business et branding en direction du client. Flattés de se retrouver au centre de tant d’attentions, 80% des acheteurs se disent plus susceptibles d’acheter auprès d’une marque offrant une expérience personnalisée[1].

Prenons une approche simple : observons que la personnalisation, sous un angle minimaliste, consiste à intégrer dans la communication des informations personnelles et transactionnelles (nom, historique des achats, etc..). Ces données ne représenteraient que 1,6% des données générées par les acheteurs, la quasi-totalité du « Digital Body Language »[2] résidant dans des données comportementales à travers les millions de signaux que nous envoient les clients sur un site de vente en ligne. L’hyper-personnalisation se conçoit donc comme l’exploitation de ces données souvent immergées, surtout pour s’en nourrir en temps réel afin de créer cette communication extrêmement contextuelle et pertinente pour l’internaute.

Un exemple rapide basé sur du ciblage emailing :

  • En mode Personnalisation, l’utilisateur recevra un e-mail de ventes flash, présentant son prénom dans l’objet, pour des chaussures appartenant à la même catégorie (sport) au sein de laquelle il a acquis une paire il y a environ 6 mois ;
  • En mode Hyper-Personnalisation, le niveau de contextualisation s’avère nettement plus avancé : cet utilisateur, après avoir navigué sur le site, sans acheter mais en laissant quelques traces de son passage, recevra une communication élaborée autour des modèles de running consultés, de son historique de recherche et d’achat pour cette gamme de produits, et sur un créneau horaire correspondant à ses pics d’achat observés.

 

Capter et traiter les data, dans les limites de l’exercice

On distingue généralement les données chaudes des données froides. Ces dernières proviennent d’un CRM ou DMP, donc d’un ensemble de données préexistantes telles que l’âge, le genre, le profil d’achat (base RFM), etc. Les données chaudes auront quant à elles été captées lors de la navigation de l’internaute sur le site : les données comportementales sur les contenus consultés ou recherchés, le temps passé dans les diverses catégories ; les données techniques (ex : device, navigateur) ; les données contextuelles (ex : heure, géolocalisation). L’exploitation de ces données est naturellement au cœur de la mécanique de personnalisation.

Ces traitements demandent à être exécutés de façon précise et immédiate : il faut absolument pouvoir influencer et persuader le client en temps réel ! A tel point qu’on touche du doigt certains paradoxes : la collecte des données couplée aux traitements algorithmiques permet une adaptation en temps réel des contenus, ce qui pourrait avoir comme incidence de limiter la découverte et le browsing « libre », du moins non imposé. A l’instar du reproche relatif au tribalisme adressé à Facebook il y a quelques années.

Quant aux consommateurs, rassurés par la mise en place des principes RGPD, ils exigent dorénavant davantage de transparence et veulent savoir quelles données sont utilisées par les marques pour optimiser leurs dispositifs personnalisés. D’après une étude récente, 83 % des répondants sont prêts à partager leurs données à des fins de personnalisation[3], mais seulement dans la mesure où les marques sont transparentes sur leur utilisation et que les utilisateurs gardent le contrôle sur les informations transmises. Vous l’aurez compris : l’expérience client doit donc être construite autour du consentement, de la transparence et de l’intelligence dans l’utilisation des données.

 

Vers une motorisation de l’IA au service du marketing

Devant l’explosion des données partagées et la multiplication des critères de ciblage à activer en temps réel, l’Intelligence Artificielle a naturellement trouvé sa place sur ce terrain de jeu constitué par l’automatisation et l’optimisation de l’expérience client.

Rappelons que le Machine Learning et l’IA connaissent déjà des champs d’application étendus. Pour ce qui nous intéresse ici, les algorithmes utilisés vont être capables d’offrir aux acheteurs la meilleure pertinence quant aux suggestions et recommandations produits (à l’instar du pionnier Amazon), mais pas seulement. Comment ? Sur la base de segments clients démultipliés, l’algorithme va produire des prédictions fondées sur ses calculs et corrélations observées entre les acheteurs d’une même offre ou appétents à un même message. Le tout en traitant un volume de données toujours plus grand, et avec une fiabilité sans équivalence.

Sur le marché, un large écosystème de solutions s’est constitué autour de l’IA associée à l’hyper-personnalisation. Citons par exemple Kameleoon, Sparkow, Nosto, Nuukik, Untie Nots ou encore Target2Sell, chacun d’entre eux œuvrant à améliorer son algorithme prédictif pour optimiser le merchandising, la gestion des contenus, le search, les dispositifs promotionnels/fidélisation, les ciblages omnicanal (emailing, social).

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Visuel de la solution de SAP Commerce Cloud

Dans l’immédiat, regardons de plus près la solution Context-Driven Services, add-on au sein de l’offre SAP Commerce Cloud, intégrant :

  1. Un principe de consentement pour toute exploitation des insights clients (Consent Management au sein du Store Front) ;
  2. Un cluster big data (Context Services) pour stocker et enrichir les données clients contextuelles et comportementales, adressées depuis un Profile Tag JavaScript ;
  3. La définition de segments, dans le Segment Builder, grâce à la gestion d’attributs et de conditions, en relation avec les commandes, le contenu du panier, le client ;
  4. L’affectation des clients aux segments, de manière dynamique, de manière à leur présenter des contenus spécifiques (content, promotions, search), en temps réel, que l’utilisateur soit loggé ou non ;
  5. Au fur et à mesure de la navigation de l’internaute, le service enrichit le profil, relançant ainsi des recalculs permanents dans les affectations client/segment, propulsant ainsi une expérience personnalisée sur le front, notamment via le CMS SmartEdit.

Comme nous l’avons vu, la personnalisation apporte toujours plus de valeur aux clients, par son souci avancé de contextualisation, dont les bénéfices perçus rejaillissent sur la relation entretenue entre le client et la marque… à condition que celle-ci ait instauré un climat de confiance dans le traitement des données dont le partage consenti peut être repris à tout moment.

[1] The power of me: The impact of personalization on marketing performance, Epsilon, 2018, https://www.slideshare.net/EpsilonMktg/the-power-of-me-the-impact-of-personalization-on-marketing-performance/1

[2] The Power of Digital Body Language, Nosto, 2018, http://www.retailexcellence.ie/wp-content/uploads/2018/05/14.00-eCommerce-Stage-James-White-Nosto-1.pdf

[3]https://www.accenture.com/fr-fr/company-news-release-etude-accenture-interactive

Passer de Magento 1 à Magento 2 : êtes-vous prêt ?

La plateforme Magento 1 arrive en « fin de vie » cette année. Pour ceux qui l’auraient raté, Magento a annoncé l’arrêt du support de la plateforme Magento 1.x à partir de juin 2020. Cette date a été annoncée de bonne heure afin de laisser aux commerçants le temps nécessaire pour s’y préparer. C’est notamment le cas de nombreux clients de SQLI etRedbox et d’autres sites de-Commerce opérant sous Magento 1.

Magento 2 fait parler d’elle dans le monde entier : cette version propose une foule de nouvelles fonctionnalités, allant de l’expérience mobile à l’amélioration de la vitesse et des performances. Par conséquent, si vous n’avez pas encore entamé le processus de migration de Magento 1 à Magento 2, nous vous encourageons à le faire dès maintenant.

En effet, le passage à Magento 2 ne se fait pas en un clic. Cela implique de construire votre site sur une nouvelle plateforme, avec une planification minutieuse et un développement poussé pour éviter tout problème. Vous n’êtes pas sûr de saisir tous les enjeux? Voici tout ce que vous devez savoir!

Qu’entend-on exactement par « fin de vie » ?

À partir de juin 2020, Magento 1 sera en « fin de vie » : les sites de e-Commerce sous Magento 1 ne cesseront pas pour autant de fonctionner. Magento ne publiera simplement plus de correctif de sécurité et il n’y aura plus de mises à jour ni de support. Les sites e-Commerce seront donc vulnérables.

Si vous travaillez avec Magento 1, nous vous suggérons de consulter les informations publiées par Magento au sujet de sa politique de support logiciel : Supporting Magento 1 through June 2020.

Que dois-je faire si j’utilise actuellement Magento 1 ?

Tout d’abord, gardez votre calme ! Ensuite, organisez dès que possible une réunion pour planifier la migration vers une autre plateforme, Magento 2 par exemple. Les discussions devront commencer rapidement pour que la transition soit la plus fluide possible.

Prenez contact avec votre fournisseur de solution Magento pour lui faire part de vos besoins. SQLI et sa filiale Redbox Digital au RoyaumeUni, partenaires de Magento Global Elite, accompagnent les entreprises dans la migration de Magento 1 à Magento 2. Des sociétés comme  AXA ActivePlus, Nespresso, et Latest in Beauty ont fait appel à nous pour une migration sereine et efficace que ce soit avant, pendant et après sa mise en place.

Et si j’optais pour une plateforme autre que Magento 2 ?

Magento 1 a longtemps été considérée comme une plateforme de référence pour les boutiques en ligne du monde entier. Magento2 marque une avancée considérable en matière de flexibilité et de fonctionnalités, et de nombreuses entreprises en perçoivent déjà les avantages depuis leur mise à niveau.

Pour commencer, le temps de chargement des pages a été réduit, la sécurité a été renforcée et la navigation dans la zone Admin a été facilitée. Lexpérience client et les achats sur appareils mobiles sen trouvent améliorés.
Magento 2 affiche une performance supérieure en matière d’hébergement dans le cloud à grande échelle. Il réduit également les goulots d’étranglement grâce à des zones Admin permettant la création, la planification et la diffusion de contenus.

La flexibilité de Magento permet en outre à sa communauté mondiale de partenaires et de développeurs de proposer rapidement et à moindre coût presque toutes les expériences de commerce.

J’aimerais en savoir plus

Parmi les nombreuses nouvelles fonctionnalités, voici nos préférées :

  • Le processus de paiement amélioré : un processus en trois étapes (livraison, vérification et paiement) qui remplace le processus souvent laborieux en six étapes de Magento 1, pour une expérience client considérablement améliorée. Les clients sont ainsi moins susceptibles d’abandonner leur panier à la moitié du processus d’achat. L’option de paiement sans connexion ni inscription accélère encore le processus d’achat pour les utilisateurs. Grâce à la nouvelle option de paiement instantané, les taux de conversion se voient augmenter. Cette option propose une meilleure expérience omnicanal puisqu’elle permet aux clients, en particulier sur mobile, de sauter des étapes du processus de paiement en utilisant des informations de paiement et d’expédition préalablement enregistrées.
  • Le content staging : les nouvelles fonctionnalités de Magento 2 permettent aux commerçants et aux utilisateurs de contrôler plusieurs sites web et boutiques à partir d’un seul Admin. Elles permettent également la création et la modification de produits, notamment leurs prix et leurs descriptions. Le CMS inclut des promotions et permet en outre aux commerçants d’agencer et de prévisualiser facilement leur contenu. Ainsi, vous pouvez organiser et planifier votre contenu à l’avance, et même enregistrer et consulter toutes les activités Admin des utilisateurs. Cela vous aide à planifier vos activités futures et à gérer votre contenu en toute simplicité.
  • Les fonctionnalitésB2B intégrées : Magento 2 fournit tous les outils en libre-service nécessaires aux commerçants pour gérer leurs comptes, achats, devis et crédits. Ces derniers ont la possibilité de maximiser leurs ventes en acceptant des acomptes et en assignant des catalogues et des prix personnalisés pour que les entreprises puissent respecter les conditions contractuelles.
  • Les nouvelles fonctions de gestion de devis permettent aux clients de générer un devis à partir du panier, de joindre les éléments nécessaires, puis de communiquer avec l’Admin chargé de la gestion du devis, le tout grâce à un processus de travail en ligne simplifié. En personnalisant les catalogues et les prix, les entreprises jouissent d’une configuration allant jusqu’à l’individualisation.
  • Les clients peuvent enchaîner les commandes plus rapidement en saisissant plusieurs UGS, en chargeant des fichiers CSV ou en créant des listes d’articles fréquemment achetés.

 

Qu’implique la migration ? Puis-je réutiliser mon ancien site web ?

Magento 2 constituant une mise à jour significative de Magento 1, les fonctionnalités existantes devront être retravaillées. Le design peut être reproduit mais pas transféré, et le contenu peut être réutilisé, mais il devra lui aussi être remanié. Au vu de ses nombreuses nouvelles fonctionnalités, Magento 2 représente toutefois loccasion idéale de revoir la conception et le fonctionnement de votre site web.

Magento Data Migration Tool aide les développeurs et architectes de solutions à transférer les données de Magento 1 vers Magento 2.

J’hésite encore…

Vous n’êtes pas encore certain de choisir Magento 2 ?
Budd, créateur de chemises de luxe et nouveau client de Redbox, se félicite de sa récente migration. Sean Reilly, chef du département e-Commerce chez Budd, explique : « Magento 2 est beaucoup plus rapide – tant du côté back-end pour les collaborateurs, que du côté front-end pour les clients. L’éditeur de produits est beaucoup plus épuré et bien plus facile à utiliser. Les aspects marketing et promotionnels jouent un rôle capital pour nous, et l’intégration avec les cartes cadeaux apporte un réel plus aux clients.

Magento 2 est en outre beaucoup plus facile à utiliser pour ceux qui n’ont jamais travaillé avec Magento – un atout pour une entreprise en pleine expansion comme la nôtre qui compte de nouveaux employés. La disposition des éléments du back-end est bien plus claire.

Si vous optez pour la migration, profitez-en également pour réévaluer les fournisseurs tiers auxquels vous faites appel. Vous pourriez réaliser des économies ou vous tourner vers une plateforme plus performante. Vous pourriez par exemple envisager de modifier la passerelle de paiement que vous utilisez actuellement. Nous avons désormais accès à 127 types de paiements, dont WeChat Pay et Alipay ! »

Sean Reilly ajoute: « Magento propose en plus une licence gratuite de six mois, ce qui représente une économie importante pour les entreprises. Mon conseil : entamez votre migration sans plus attendre ! Commencez dès que possible, car ce sera plus chronophage que vous ne le pensez. » 

Super ! Et maintenant ?

Contactez-nous rapidement si vous souhaitez assurer la transition en douceur de votre site e-Commerce, de votre activité et de vos clients. SQLI vous propose une consultation gratuite pour envisager votre passage de Magento 1 à Magento 2.

Digital workplace : DSI et RH, ensemble sinon rien

L’arrivée d’une nouvelle génération, à la recherche de plus de flexibilité et de mobilité, pousse plus que jamais les usages professionnels à évoluer. Vouées à suivre ce mouvement pour rester attractives, les entreprises se dotent progressivement d’une nouvelle priorité : le déploiement d’un “digital workplace”. Cet environnement moderne et numérique ne peut exister sans un travail conjoint de plusieurs acteurs complémentaires (les différentes directions métier, la communication, etc.) dont le pilier reste la DSI. Cependant, un rôle est très et trop fréquemment sous-estimé, celui des RH.

 

Cette digitalisation de l’espace de travail recouvre de nombreuses définitions et réalités. Pour 74% des entreprises françaises, il s’agit d’une application de communication unique avec un accès centralisé à toutes les applications métiers et pour 75%, c’est un bureau mobile (environnement de travail mobile, tablette, smartphone, etc.) avec une multitude d’applications accessibles. Quelle que soit la définition, votre objectif restera le même : offrir à vos collaborateurs les moyens de travailler ensemble de façon plus flexible, plus mobile, de n’importe où et depuis n’importe quel terminal. Dans le déploiement de cet environnement numérique, 97% des entreprises considèrent la DSI comme le moteur central. Pourtant, ne sous-estimez pas le rôle d’un autre acteur : celui des RH. Contact privilégié des collaborateurs et garantes du lien entre la direction, les équipes et la DSI, les RH assurent la qualité de l’expérience collaborateur. Cette dernière est amenée à être profondément modifiée par un environnement de travail lui-même chamboulé. Si vous n’envisagez pas votre projet de digital workplace de façon transverse, c’est l’engagement de vos collaborateurs et la performance globale de votre entreprise qui risquent d’être pénalisés.

 

Co-définir les usages

Dès les prémices du projet, les RH prennent toute leur place aux côtés de la DSI. Le digital workplace change en profondeur les habitudes de travail. Les challenges techniques menées par la DSI doivent côtoyer la conduite du changement qui relève plutôt des compétences RH. Et pour cela, le travail de définition des nouveaux usages doit être collaboratif. Les RH sont le contact direct des équipes, elles peuvent faire remonter leurs besoins concrets dans ce déploiement et accompagner la DSI dans l’identification des usages les plus efficaces et adaptés à chaque métier. Certains affirmeront par exemple leur envie d’une plateforme de travail collaborative comme Office 365 tandis que d’autres souhaiteront pousser plus loin avec l’installation d’un assistant digital ou d’un logiciel de reconnaissance automatique de la parole. C’est en participant activement à la co-définition de ces usages que les RH aideront la DSI à instaurer un environnement de travail numérique adapté aux collaborateurs, et à leur besoin de flexibilité et d’efficacité.

L’impact d’un digital workplace est également organisationnel et amène une redéfinition de certains rôles au sein des équipes. Souvent laissés de côté au profit des déploiements technologiques, ces changements peuvent malgré tout fragiliser une structure s’ils ne sont pas pris en compte et expliqués aux collaborateurs. Chacun doit pouvoir trouver sa place et les RH sont une ressource précieuse pouco-définir ces nouveaux rôles. N’hésitez pas à créer une instance réunissant RH et DSI pour échanger sur les impacts organisationnels et leurs conséquences afin de clarifier et expliquer le rôle de chacun.

 

Impliquer les équipes et révéler les potentiels

Un des risques que vous encourez avec l’installation de ce digital workplace, au-delà des premiers tâtonnements technologiques, reste l’effet de blocage potentiel. En tant qu’interlocuteur privilégié des équipes, les RH sont un rouage stratégique pour contourner ce problème d’adhésion et faire de l’intelligence collective le pivot de ce projet. La Direction de la Communication peut aussi représenter un allié de choix ici.

La première étape réside dans la présentation, via les RH, la DSI et la Communication conjointement, du projet de plateforme numérique aux équipes. Pourquoi ne pas même envisager la tenue d’une session ouverte de questions et réponses pour lever certains doutes, convaincre de l’efficacité des nouvelles applications pour un travail collaboratif ou identifier les interlocuteurs les plus motivés ? Ces derniers pourront être prêts à endosser le rôle d’ambassadeurs ou de relais de proximité. Ils pourront par la suite porter et défendre le changement en interne, sensibiliser leurs collègues aux bienfaits de cette nouvelle plateforme ou encore faire remonter les meilleures applications de ces nouveaux usages, pour ainsi motiver même les plus réfractaires.

Vous pouvez également envisager l’implication, en avance de phase, des instances représentatives du personnel, en contact direct avec les RH et qui par leur biais peuvent faire remonter les contraintes terrain et les impératifs à prendre en compte de la part de la DSI.

 

Former aux nouveaux outils et enjeux

78% des DSI plébiscitent la formation pour faire adhérer les membres des équipes aux outils du digital workplace. Après l’implication des équipes, c’est en effet le deuxième pilier pour un déploiement serein et sans blocage. Et les RH prennent une nouvelle fois toute leur importance dans l’accompagnement des collaborateurs pour apprendre aux collaborateurs à utiliser cet espace et à en tirer profit pour gagner en temps et en flexibilité.

Avec l’installation d’un espace de travail numérique, vos collaborateurs vont devoir faire face à de nouveaux enjeux sécuritaires propres au digital comme la protection des données personnelles (changement régulier des mots de passe, etc.), le respect du RGPD ou le stockage sécurisé des données. Là encore, il est primordial que DSI et RH trouvent un langage commun et fassent jouer leurs synergies. Garante de la sécurité des données, la DSI peut identifier en amont et dès le début du projet tous ces enjeux tandis que les RH ont les ressources pour identifier les personnes clés à sensibiliser.

Ces deux métiers sont à envisager comme une seule et même équipe dont les complémentarités vous aideront à y voir plus clair et à accompagner la digitalisation efficace de votre structure.

 

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Akeneo 4.0 : qu’attendre des nouvelles fonctionnalités ?

Akeneo est un des PIM (Product Information Manager) leader du marché selon IDC Marketscape¹. C’est la solution que j’ai vu le plus évoluer au cours de ces 4 dernières années : une version majeure par an, un accompagnement de leurs clients toujours aussi impliqué et une équipe de « professional services » grandissante. Lors du dernier Akeneo PIM Summit les 5 & 6 février 2020, Akeneo a annoncé la sortie d’une nouvelle version majeure : Akeneo 4.0. Que peut-on en attendre ? Va-t-elle avoir autant d’impacts que ses grandes sœurs ? 

En plus d’être intuitive, la solution permet aux marques, en utilisant toutes ses fonctionnalités natives, de travailler autour de leurs produits d’une façon nouvelle, innovante et surtout productive. Voici une revue des nouvelles fonctionnalités qui ont été annoncées.

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Akeneo Asset Manager

C’est sûrement la fonctionnalité la plus poussée et la plus complète de cette nouvelle version. Akeneo repense complètement le PAM (Product Asset Manager) présent dans la 3.0. Cet outil est revu pour être tourné vers l’automatisation des données, leur flexibilité et leur visibilité. 

Nous savons que les visuels sont essentiels aujourd’hui et qu’une simple image du produit n’est plus suffisante. Il faut fournir une expérience toujours meilleure au client, même et surtout en ligne. Akeneo a donc pris ce besoin en compte pour faciliter les connexions aux DAM (Data Asset Management), serveurs FTP et autres outils utilisés pour stocker les assets afin de faciliter leur flux vers Akeneo. Les nouvelles fonctionnalités comme une librairie d’assets unifiée, la simplification de la liaison asset – produit, la création des familles d’assets & le redimensionnement multiple des assets par canal sont au cœur de cette 4.0.

Connexions

Après l’analyse de l’utilisation de sa solution, Akeneo s’est rendu compte que les marques utilisent de plus en plus les API pour avoir une intégration complète dans leur écosystème. C’est dans ce sens que les connexions ont été créées. Un nouveau menu dans Akeneo permet de suivre les flux du PIM(combien de produits ont été créés, combien de produits mis à jour) et surtout de gérer facilement les connexions avec des outils tiers : ERP, DAM, solution e-commerce, marketplace, etc. Tout est fait pour mettre en avant les API, ultra-présentes dans Akeneo afin d’avoir un cycle de vie produit en temps réel entre tous les outils.

Connecteurs Magento & Salesforce

Dans cet état d’esprit de connexion, Akeneo reprend le pouvoir sur les connecteurs des deux solutions e-commerce les plus utilisées avec le PIM. L’éditeur reprend dans sa roadmap l’évolution et la maintenance de ces deux connecteurs. Le but de cette reprise ? Garantir une qualité de service auprès de ces clients et se rapprocher des éditeurs Adobe et Salesforce.

Data Quality Insights

Akeneo fait l’effort avec cette 4.0 de rattraper son retard sur le reporting des données dans le PIM, demande forte des marques. Un nouveau menu est créé avec des rapports permettant de suivre la qualité des données à travers deux concepts : l’enrichissement et la consistance. Ces deux axes sont donc calculés sur les produits mais aussi les catégories ou encore les familles. Des rapports qui sont les bienvenus car auparavant absents, mais on pourrait en attendre encore plus sur ce sujet.

Franklin Insights

Via le rachat de Sigmento en 2018, Akeneo marquait son ambition de faire rentrer l’intelligence artificielle dans le PIM. Depuis, 18 de ses clients utilisent ce module. Avec la version 4.0, Akeneo met davantage en avant cet outil avec la suggestion de mapping d’attributs et la création de nouveaux attributs. Franklin est un module en avance sur son temps qui trouve petit à petit son public bien que les marques ont encore du mal à déléguer l’enrichissement des produits à un outil de machine learning.

Onboarder

Ce module, présent depuis la version 3.0, a pour but d’intégrer les fournisseurs dès la création des produits dans le PIM ainsi que d’inverser les rôles entre fournisseurs et revendeurs. Ce ne sont plus les fournisseurs qui imposent leur format de données mais les revendeurs qui demandent aux fournisseurs, via l’Onboarder, de créer les produits d’une certaine façon pour garantir l’homogénéité de la donnée. Pour 2020, l’Onboarder est attendu sur plusieurs axes clés :

  • La gestion des fournisseurs
  • Le processus d’enrichissement
  • La collaboration
  • Le workflow de proposition

Si l’Asset Manager reste pour moi la fonctionnalité la plus essentielle de cette version 4.0, on apprécie le travail de l’éditeur sur les rapports dans le PIM & l’acquisition des connecteurs Magento & Salesforce. On attend encore de voir ce que les connexions vont vraiment apporter dans la simplification de l’utilisation des API. Quant à Franklin et l’Onboarder, les deux modules liés au PIM, ils doivent encore grandir pour faire leurs preuves auprès de la communauté du PIM.

Le coronavirus pousse la Chine vers l’automatisation des livraisons et de la supply chain

Alors que la Chine se retrouve isolée du monde avec l’épidémie du coronavirus, répondre à la hausse des commandes en ligne dans le pays et assurer l’approvisionnement de matériel médical rapidement et sans contaminer les clients s’est révélé critique pour les fournisseurs et distributeurs.

Les acteurs leaders locaux de l’e-commerce et de la livraison ont déployé leurs dernières technologies de livraison autonome pour répondre au manque de main d’œuvre humaine et surmonter la peur du contact. Ils ont redoublé d’effort pour assurer une livraison le jour-même et établir un réseau de distribution stable afin de garantir l’approvisionnement d’équipements médicaux dans les hôpitaux du pays et dans le reste du monde.

 

Assurer l’approvisionnement et la qualité du matériel médical

Rapidement après le déclenchement de l’épidémie, Alibaba a mis en ligne une plateforme B2B uniquement dédiée à combattre le coronavirus. La plateforme apporte des spécifications concernant les produits et équipements médicaux nécessaires, selon les recommandations du gouvernement et des hôpitaux. Elle permet aux fournisseurs de matériel et équipements médicaux de répondre plus rapidement et efficacement aux besoins des hôpitaux et des autorités locales. Alibaba s’engage ensuite à vérifier que les produits des fournisseurs correspondent aux critères avant de les expédier en Chine et dans le reste du monde.

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Source : Capture d’écran de la plateforme Alibaba pour l’approvisionnement direct

Le 25 janvier, le groupe a d’ailleurs effectué un investissement de 140 millions de dollars US dans l’achat d’équipements médicaux pour soutenir les besoins sanitaires urgents.

 

Assurer une livraison rapide et sans risque de contamination

Suite à la mise en quarantaine d’une partie de la population, la demande de livraison à domicile a augmenté tandis que des livreurs et manutentionnaires sont confinés
Les géants de l’e-commerce en Chine ont donc dû prendre plusieurs mesures pour garantir la continuité de service et la rapidité des livraisons. Alibaba, par exemple, a offert aux livreurs disponibles et aux employés des services postaux une commission supplémentaire pour leurs heures de travail, et aux entreprises de tous types des aides financières pour couvrir les frais de livraison. Ces acteurs ont également reçu un accès gratuit à l’écosystème de ressources d’Alibaba : les services de vidéo-shopping en direct, ses solutions digitales de livraison et les cours en ligne de son université Taobao.

Les BATX (GAFAM chinois) étant devenus des géants qui touchent à tous les domaines et toutes les industries, il n’est pas étonnant qu’ils s’impliquent également dans la recherche médicale. Au total, plus de 30 entreprises IT et commerciales, incluant les groupes Alibaba, Tencent, et Meituan Dianping, équivalents respectifs d’Amazon, Facebook et Deliveroo, ainsi que les deux plus grands développeurs immobiliers chinois, ont fait don de 432,5 millions de dollars US pour aider le gouvernement et les centres de recherche gouvernementaux à lutter contre le virus.

 

La livraison autonome pour éviter les contacts humains

Dans les circonstances d’épidémie, la livraison autonome s’est avéré être une solution idéale. Les robots livreurs permettent d’apaiser la peur du contact humain des livreurs (à Shenzhen, un livreur infecté non détecté avait travaillé 14 jours avant d’être déclaré malade).

Les enjeux actuels ont donc permis de contribuer à accélérer le développement de plusieurs technologies qui étaient testées depuis plusieurs mois par Alibaba et les autres géants de la tech en Chine.

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Le robot livreur de Meituan Dianping – Source : Handout

  • Le Deliveroo chinois, Meituan Dianping, lance son service de livraison robotisée : 

Alors que la région de Wuhan est isolée et le risque de contamination élevé, Meituan Dianping a décidé de déployer sa flotte de robots autonomes pour assurer la livraison du dernier kilomètre à Shunyi, un quartier de Beijing. Le véhicule autonome peut porter jusqu’à 100 kg de produits et réaliser entre 3 et 5 livraisons par jour.

L’entreprise avait commencé ses tests l’an dernier mais c’est la première fois que ses robots font leur apparition dans les lieux publics et le centre-ville.

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La première livraison du véhicule autonome de JD – Source : JD.com

  • JD.com automatise la livraison du dernier kilomètre à Wuhan : 

Depuis février, le géant de l’e-commerce JD.com a aussi déployé des véhicules autonomes pour assurer les livraisons aux hôpitaux, magasins, et communautés des zones mises en quarantaine à Wuhan. Un des hôpitaux de Wuhan passe entre 10 et 20 commandes par jour, parmi lesquelles 70% sont livrées par des véhicules autonomes quand leur taille le permet.

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Le robot Little Peanut de Ele.me distribue les plats aux personnes infectées – Source : New China TV Channel

  • Ele.me livre ses plats préparés grâce aux robots autonomes :

Un autre exemple d’implémentation est celui du géant de la livraison de plats préparés Ele.me qui a mis en place des robots et des drones pour livrer les clients des chambres d’un hôtel mis en quarantaine à Wenzhou, dans l’Est de la Chine.

 

Le plus grand entrepôt robotisé de Chine

Le pays n’a pas attendu le coronavirus pour prendre de l’avance en matière de robotisation de sa supply chainLes technologies autonomes utilisées dans les entrepôts d’Alibaba sont développées par l’entreprise Cainiao, dont il détient 51% des parts. L’entrepôt intelligent est situé dans la ville de Wuxi, près de Shanghai, et s’étend sur 160 000 m² où 700 robots rendent possible le traitement de 50% de commandes de plus qu’un entrepôt traditionnel sur une période donnée.

Quelques employés présents sur le site travaillent en équipe avec des véhicules guidés automatisés et des bras robotisés. L’agilité du concept rend son design plus adaptable et facilite son déploiement et sa relocalisation dans de nouveaux espaces. Cainiao répond ainsi à l’un des plus grands challenges de l’automatisation traditionnellement moins flexible en comparaison de l’emploi de nouveaux employés. Le système est intelligent : il s’améliore et apprend constamment. L’entrepôt regroupe les technologies suivantes :

  • Les véhicules guidés automatisés (AGV) : ils sont connectés par l’IoT à un système de trajets qui leur permet de se déplacer, charger et décharger des marchandises sans collisions. Les AGV sont capables de trouver l’article exact qui correspond à chaque commande. Le contenu des étagères est amené aux employés dans un ordre spécifique qui leur permet ensuite de remplir les cartons en sachant spécifiquement quel produit y mettre.
  • Les bras robotisés sont connectés aux AGV : Cainiao combine des algorithmes de caméra 3D et de vision informatique pour identifier la position des objets et reconnaître les mouvements des bras robotiques afin de trier efficacement les paquets pour les amener aux étagères correspondantes, au tapis de distribution et AGV de l’entrepôt.
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Source : Alizila

Des innovations qui s’attellent à la livraison du dernier kilomètre

L’entrepôt intelligent n’est qu’un exemple d’implémentation des technologies de Cainiao. Le groupe vise à digitaliser toutes les étapes de la chaîne de distribution et ne s’arrête donc pas là. 

Quelques-unes de ces inventions viennent répondre notamment à l’étape du dernier kilomètre, étape la plus coûteuse du processus de livraison, et aux enjeux environnementaux pour effectuer une livraison plus verte :

  • L’emballage connecté : Cainiao a développé un emballage intelligent pour réduire le gaspillage lors de suremballage. Le vendeur indique les dimensions des produits commandés, et le système recommande l’emballage correspondant, ainsi que l’ordre d’agencement des produits pour maximiser l’espace.
  • La boîte à lettres intelligente similaire aux casiers intelligents, le concept résout le problème du temps perdu de plusieurs tentatives de livraison lorsqu’un destinataire est absent du domicile. La boîte peut être installée par les consommateurs devant leur porte pour recevoir des colis ou des courses alimentaires. Équipée de sa propre caméra, la boîte à lettres s’ouvre par reconnaissance faciale ou grâce à une application mobile. Elle peut servir de réfrigérateur temporaire puisque sa température peut être ajustée et contrôlée à distance depuis l’application.
  • Le programme Sky Eye : mis en place pour le Singles Day, le système de contrôle vidéo basé sur le Cloud et a été développé par Cainiao en partenariat avec d’autres acteurs de la supply chain en 2019. Il se connecte aux caméras des stations logistiques du pays et permet aux entreprises de suivre les colis expédiés en temps réel afin de résoudre les imprévus au plus vite. Le système a permis une livraison à 15% plus efficace et réussie. 

L’avance de la Chine dans le développement et l’adoption des dernières technologies, des entrepôts automatisés aux robots livreurs, en passant par les systèmes intelligents de maintenance ou de livraison, s’est révélé être un réel atout pour limiter l’épidémie. Il reste à voir comment l’adoption de ces technologies va évoluer lorsque la situation reviendra à la normale.

[REPLAY WEBINAR] Roadshow SQLI – CES LAS VEGAS 2020

Retrouvez le debrief de nos consultants sur les dernières innovations présentées à Las Vegas !

Voir la vidéo Roadshow CES 2020

 

Comme l’édition précédente, nous retrouvons le meilleur de l’innovation et de la technologie en matière de connectivité 5G & IoT, de véhicules autonomes (avec Daimler qui présentera son concept-car révolutionnaire avec une toute nouvelle forme d’interaction entre l’homme, la technologie et la nature), d’intelligence artificielle & de robots, de réalité augmentée & virtuelle, de maison intelligente ou encore de santé numérique….

 

Nous vous proposons donc de revivre les grandes annonces, de découvrir les innovations marquantes du salon et d’appréhender les grandes tendances qui guident les marchés d’aujourd’hui et de demain.

Dans cette vidéo d’une heure, vous découvrirez les quatre grandes thématiques identifiées par nos experts :

  • mieux se connaître et surveiller sa santé
  • Se connecter à sa maison
  • Se déplacer dans la ville de demain
  • Consommer plus facilement et plus durablement

Voir la vidéo Roadshow CES 2020

Tourisme : Quand les usages font chuter les plus grands

Depuis 2018 c’est l’hécatombe. En seulement quelques moissept compagnies aériennes ont fait faillite dont Germania, Aigle Azur et XL Airways pour les plus connues. Basant leurs activités principalement sur le transport low-cost de touristes, elles sont rejointes par les tour-opérateurs également en souffrance dont Thomas Cook UK qui a fait couler beaucoup d’encre en mettant la clé sous la porte… Sans parler des agences de voyages qui, inévitablement, accusent le coup.  

 

De grands acteurs sont aujourd’hui très fragiles 

 

La mutation digitale de l’écosystème touristique est probablement la première du genre. On parle de-tourisme depuis une quinzaine d’années et les cas d’usages réussis sont nombreux. Très tôt, et en réaction à l’émergence des géants tels quAirbnb, Booking et Tripadvisor, les acteurs du tourisme, petits et grands, ont amorcé avec réussite le virage de la transition numérique. Proportionnels aux moyens engagés, les résultats de cette adaptation à une relation clients en pleine mutation ont conditionné la survie de la plupart des acteurs. 

Pourtant, nous sommes aujourd’hui en présence de géants aux pieds d’argile et le « Too big to fail » n’est plus une vérité bonne à dire. Les raisons de ces « effondrements » à répétition sont multiples : manquements dans la gestion, dirigeants qui se voilent la face pour faire bonne figure auprès des actionnaires, le Brexit et ses incertitudes, volatilité des taux de change, retour de la hausse du prix du carburant et tout simplement des clients qui ne sont pas au rendez-vous. Voyager loin, en aviondevient de moins en moins populaire au regard de l’impact écologique. Quant aux agences de voyages, elles se retrouvent en première ligne quand la compagnie aérienne défaille 

La fragilité des acteurs en difficulté est également directement corrélée à la satisfaction de leurs clients. Ces derniers, particulièrement mécontents d’avoir été « abandonnés » à plusieurs milliers de kilomètres de chez euxne feront pas bonne presse à celui qui leur a vendu le service ou le voyage, entraînant ainsi tout le monde dans une douce descente aux enfers. 

 

Le tourisme de masseun modèle en chute libre ? 

 

Nous avons tous en tête les images de ces immeubles flottants que sont les paquebots de croisière au grand désespoir des autochtones qui n’ont pas d’autres alternatives que d’appliquer des quotas de fréquentation, de fermer les accès ou de simplement fuir. 

Parce que leur impact sur l’environnement et les populations est fort, les flux touristiques ont eux aussi entamé leur mutation. Le « nouveau » voyageurquelle que soit sa destination ou la distance à parcourir, pense « écoresponsable ». Et comme il pense « circuit-court » pour son alimentation, il pensera « circuit-court » pour son séjour : partir plus souvent et moins loin, slow tourisme, moyens de transports autre que l’avionéconomie du partage, proximité de sa propre région et découverte de ce qu’il a proche de chez lui.  

Au même titre, 82% des Français préfèrent préparer leur séjour sur-mesure et à la carte selon leurs envies et leurs besoins. A noter que les attentes sont spécifiques à chaque foyer. On touche ici au besoin impérieux de personnaliser au plus juste la relation client : mieux on les prend en compte, mieux on y répond, et mieux on touche juste. Et cela met en perspective le degré d’exigence du touriste, en créant un cercle vertueux qui remet la qualité de service au centre des préoccupations. 

 

Quel équilibre et quel avenir pour ce secteur d’activités ? 

 

L’innovation et les investissements digitaux sont décisifs pour être en phase avec les usages désormais étendus à toutes les populations et à tous les âges. L’innovation technologique et digitale devient un véritable moyen pour faire face à la frustration ressentie face aux « spots » touristiques devenus inatteignables car sur-fréquentés. 

Premier terrain de jeu : les apps touristiques pour lesquelles une grande majorité d’acteurs rivalisent d’imagination, sans compter les startup qui fleurissent chaque année avec une offre pléthorique d’innovations digitales pour cette fameuse « expérience touristique réinventée et dépoussiérée ». C’est notamment le cas de la start-up Muse du Voyage dont la solution, construite à base de sources Open Data, identifie automatiquement les liens d’ordre culturel entre tous les points d’intérêt touristiques pour offrir une alternative au « même voyage pour tous ». La France est, à l’échelle européenne, moteur en la matière avec des initiatives comme France Tourisme Lab, qui fédère les incubateurs e-tourisme des différentes régions françaises et accompagne les start-up innovantes dans la dynamisation du secteur touristique 

Bien entendu nous n’empêcherons pas les globe-trotters invétérés de faire 14 heures d’avion pour aller aux antipodes et vivre des expériences uniques, mais là encore, une fois sur place, les usages de ces voyageurs évoluent et les exigences se tournent vers une consommation plus raisonnée et raisonnable. Enfin, force est de constater qu’au royaume de la « User Experience », le voyageur reste roiomnipotent, en quête d’authenticité et d’humanité. C’est l’usage qui fait l’innovation (et non le contraire) … et jamais, on aura construit autant d’avions.