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L’essor de l’occasion en Chine accélère l'économie circulaire

La tendance de l’occasion s’exporte et gagne du terrain en Chine, d’autant plus avec la conjoncture actuelle d’une économie affaiblie par la crise du Covid-19. Zoom sur Xianyu, l’appli chinoise qui offre une plateforme d’achat de produits d’occasion aux 75,5 millions d’utilisateurs de Taobao, le site e-commerce d’Alibaba.

 

Depuis 2019, l’occasion (ou seconde main), principe sur lequel se base l’économie circulaire, se développe rapidement en Chine. Qu’il s’agisse de vêtements, de voitures ou de livres, il est devenu aussi simple de revendre que de jeter. Selon Bloomberg, le marché de l’occasion a atteint les 100 milliards de dollars en 2018montant qui devrait augmenter en 2020. Dans les villes, plus de la moitié des Chinois qui achètent des articles de seconde main le font pour des motivations environnementales, d’après un sondage de Mintel.

Les géants Alibaba et Tencent ont pris le lead sur ce marché en développant des plateformes d’échanges qui permettent aux vendeurs et aux acheteurs un échange rapide, sécurisé et noté. Car le secret du succès de l’économie circulaire en Chine, c’est le système de notation établi par Alibaba, qui évalue les citoyens au fil des jours. A noter qu’avec l’épidémie actuelle, ce système de notation, appelé Sesame Credit ou Zhima Credit, a été remis en cause et a dû être allégé.

Xianyu, la plateforme d’échange d’articles d’occasion d’Alibaba

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Mise en lien des particuliers

Grâce à son expertise dans la vente en ligne et le social media, Alibaba a pu transformer les aprioris des Chinois sur l’achat de biens d’occasion et offrir une solution aux plus petits portefeuilles. Xianyu, la plateforme développée sous le framework Flutter par le géant, permet de revendre et/ou de racheter les articles précédemment acquis sur Taobao, la plateforme e-commerce d’Alibaba.

Ainsi, sont revendus aussi bien des vêtements que des sacs de designers, des réfrigérateurs, des smartphones ou des voitures. Selon la catégorie de produit, le vendeur doit ajouter des précisions sur l’état du bien (temps d’utilisation, origine, marque) et reçoit une estimation du prix de revente.

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Capture de l’écran d’accueil et de l’écran pour la catégorie téléphonie – Source : The Pixellary

Le recyclage et la transformation des invendus

Au-delà de l’achat et la vente de produits d’occasion, l’application offre d’autres fonctions permettant le recyclage. En quelques clics, les vêtements à recycler peuvent être récupérés chez un particulier, qui reçoit un paiement en échange, pour être ensuite revendus à des entreprises partenaires. Ces derniers en revendent une partie, et recycle le reste (environ la moitié) en matériaux industriels ou agricoles (tissus pour le contrôle des températures des serres, tissus anti-bruit, etc.).

Depuis le lancement de la plateforme, ce sont 8500 tonnes de vêtements, soit 24 millions de pièces, qui ont été recyclés.

La popularité de Xianyu est due à sa caractéristique de Super App

Une simplicité d’usage

C’est l’aspect “Super App” qui stimule l’utilisation et la popularité de la plateforme, autrement dit, le regroupement de toutes les différentes fonctions de recyclage dans une seule app. 64% des 75,5 millions d’utilisateurs par mois utilisent exclusivement cette plateforme.

A l’inverse, aux Etats-Unis, par exemple, pour acheter des biens d’occasion il faudrait se rendre sur plusieurs interfaces ou sites différents, y créer à chaque fois un compte, y entrer ses données de paiement etc.

Autre avantage, Xianyu est intégrée à la Super App d’Alibaba, qui est elle-même intégrée au moyen de paiement Alipay et offre donc une facilité d’usage qui représente un avantage majeur d’accessibilité auprès d’individus de tout âge. Les utilisateurs principaux restent néanmoins les Millennials, avec 60% des utilisateurs nés après 1990.

L’aspect social et ludique

L’application Xianyu est par ailleurs connectée aux fonctions de gamification de Ant Forest, une mini-app d’Alibaba qui permet aux utilisateurs de gagner des “points verts” pour faire pousser des arbres virtuels qui seront ensuite plantés, dans le monde réel, dans les régions arides de Chine. En 2019, 230.000 arbres plantés provenaient ainsi des actions réalisées sur Xianyu.

Des mini-communautés sociales sont aussi créés sur Xianyu selon les hobbies : par exemple une communauté pour la pêche, la photographie, le sport… Ainsi, les intéressés peuvent échanger des informations, conseils et les produits revendus catégorisés plus facilement. Il existe d’ailleurs même une communauté pour acheter des produits de blogueurs et de célébrités, ou pour suivre et s’inspirer de leur style vestimentaire.

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Image 1 : Promotion pour des biens ayant appartenu au joueur de basketball Kobe Bryant

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Image 2 : Communautés disponibles aux alentours | Source : The Pixellary

Des transactions de confiance garanties par le système de notation d’Alibaba

Un paiement sécurisé avec Alipay

Les ventes annuelles sur Xianyu ont atteint 14,4 milliards de dollars en 2019, et devraient augmenter en 2020. Les transactions de Xianyu, comme pour toutes les applications du groupe Alibaba, sont réalisées par le service de paiement en ligne Alipay.

Les utilisateurs possèdent un porte-monnaie virtuel qui est crédité ou débité lors de leur achat d’occasion. Mais, puisque ces transactions peuvent atteindre des montants importants (voitures et électroménagers par exemple), il est possible pour le vendeur de recevoir un acompte pour garantir et sécuriser sa transaction avant même que le bien en question soit livré.

Les montants de ces pré-paiements ou encore les délais de paiement sont définis en fonction de la fiabilité des parties, évaluée par le système de notation Sesame Crédit.

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Les utilisateurs peuvent accéder à leur notation sur Alipay – Source : CIW

Le système de notation de crédit

Pour assurer le bon fonctionnement de ces échanges et l’honnêteté des informations des produits revendus, Xianyu est liée au système de notation de crédit d’Alibaba.

Sesame Credit, appelé aussi Zhima credit, utilise un algorithme évaluant le niveau de confiance de chaque individu en fonction de leurs transactions sur Alipay, leurs habitudes d’emprunt, les délais de paiement des factures, les retards de retour de biens loués…

La notation prend la forme d’un score allant de 350 à 950 points. Ainsi, plus le score est élevé, plus l’individu sera considéré comme digne de confiance et se verra attribuer des avantages, là où un score plus bas l’obligera à fournir des informations supplémentaires ou payer une caution. Par exemple, un score supérieur à 690 permettra au vendeur de recevoir un paiement initial sur sa vente via Alipay allant jusqu’à 298$ avant que ses articles n’aient été récupérés.

Pour effectuer des transactions sur Xianyu, le score minimum nécessaire est de 600.

Un système plus indulgent avec l’épidémie du coronavirus

Le système de notation est utilisé pour d’autres applications d’Alibaba et s’étend à une multitude d’activités du quotidien des citoyens chinois. Compte tenu des conditions sanitaires liées au coronavirus, certains citoyens assignés à domicile n’ont par exemple pas pu rendre des biens empruntés auprès de diverses entreprises. Ces actions, qui en temps normal auraient négativement impacté le score, n’ont pas été prises en compte par le système qui donne à ses utilisateurs une période de “grâce” due à leur impuissance face à la crise. Mais Sesame Credit prend tout de même note des méfaits et demande aux utilisateurs de reprendre leurs bonnes habitudes une fois la crise terminée.

Conclusion

La plateforme Xianyu a permis de faire naître une économie circulaire en Chine, basée sur un système de notation qui permet d’établir confiance et fiabilité. D’autres plateformes de vente d’articles d’occasion sont également disponibles ; Zhuan Zhuan compte 2 millions d’utilisateurs par mois et Guazi a réalisé plus de 50 000 ventes de voitures d’occasion en 2018.

Mais en dépit de tous ces chiffres, le marché de l’occasion chinois est encore à ses débuts, loin derrière les marchés occidentaux, où par exemple la vente de voiture d’occasion représente 10% du PIB, contre 0.6% en Chine en 2017 (Bureau National des Statistiques de Chine). Un boost majeur est donc attendu dans les années à venir.

Au-delà de l’acceptation du concept, c’est aussi une sensibilisation accrue des consommateurs chinois au développement durable qui les poussent à adopter une attitude différente face à leurs achats et à considérer les achats de seconde main et le recyclage. Une plateforme complète comme Xianyu qui rend l’achat de biens d’occasion aussi rapide et facile que celui de nouveaux produits permet d’encourager l’économie circulaire.

En associant au marché de l’occasion des jeux ludiques et un aspect social grâce à la technologie, les géants chinois contribuent à étendre la sensibilisation des citoyens au développement durable et à soutenir les directives environnementales mises en place.

[REPLAY WEBINAR] S'appuyer sur les enseignements de la crise pour repenser le travail collaboratif

Les entreprises ont été confrontées à des situations inédites qu’elles ont dû gérer dans l’urgence. Le fonctionnement des entreprises a brutalement changé initiant de nouvelles façons de collaborer et de communiquer. L’enjeu pour de nombreuses organisations est de saisir cette situation comme une opportunité de se réinventer en pérennisant les changements positifs générés par la crise sanitaire.

SQLI s’associe à LumApps pour vous accompagner dans la mise en place de ces changements bénéfiques à l’aide d’une plateforme sociale et collaborative pour connecter, informer et engager tous vos employés.

Les sujets abordés lors de ce webinar :

  • Assurer la continuité de son activité et adapter son organisation pour faire face à un monde en perpétuelle mutation.
  • Garder le lien avec tous ses collaborateurs, y compris ceux travaillant à distance ou sur le terrain
  • Garantir la transparence et l’accès à l’information pour tous les employés.
  • Favoriser les échanges entre les collaborateurs et casser les silos entre les équipes.

 

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La Progressive Web App, l’arme redoutable à dégainer sur mobile

Dans un article intitulé « Une app mobile à tout prix ? », je mettais en avant la difficulté pour les marques d’inciter les mobinautes à télécharger une app mobile… et à l’utiliser. Les « élues », les marques dont les apps sont utilisées quotidiennement, sont effectivement peu nombreuses ; mais que reste-t-il aux autres marques qui sont seulement consultées depuis un navigateur web ? Peut-être la possibilité de se rapprocher au maximum de l’expérience native via une Progressive Web App, ou PWA. 

 

Une Progressive Web App, c’est quoi ?  

Une PWA est tout simplement une web app qui tente de réunir le meilleur des mondes du web et des stores d’applications. Elle ne nécessite pas de téléchargement puisqu’elle est accessible depuis un navigateur ; elle offre une expérience qui se rapproche de celle d’une app mobile native téléchargée depuis l’App Store ou le Play Store. 

Une PWA présente des avantagesconsidérables  

  • Levée de la contrainte d’installation sur le mobile 
  • Accessibilité depuis une icône présente sur l’écran d’accueil,  
  • Possibilité d’être utilisée offline et avec une connexion à faible débit 

De surcroit, elle bénéficie de certaines fonctionnalités natives, notamment l’affichage plein écran, les notifications push, la géolocalisation ainsi que l’appareil photo. 

Si une stratégie mobile est indéniable pour bon nombre de marques, elle ne passe de facto pas forcément par une application téléchargeable.  

 

La PWA pour répondre aux enjeux d’acquisition et de fidélisation 

De nombreuses marques s’y sont mises, des réseaux sociaux avec Twitter, Instagram, Pinterest ou encore Tinder, aux médias (L’Equipe, Forbes, Financial Times), en passant par les célèbres Uber, Starbucks, Lancôme ou encore AliExpress.  

Grâce à une PWA, elles sont en mesure de toucher une cible plus large: être accessible depuis un navigateur sans avoir besoin de passer par un store facilite l’acquisition. Elles sont alors en mesure d’entamer une démarche de séduction ; le consommateur n’a pas à s’engager directement auprès de la marque puisqu’il n’a pas à installer une application. En même temps, l’expérience sur smartphone qui lui est proposée est à la hauteur de ses standards. Au fur et à mesure du temps et de l’utilisation, les marques impliquent progressivement le consommateur à travers des call-to-action rendus possible via des notifications push, avec dans un premier temps, l’incitation à installer l’icône de raccourci sur son écran d’accueil.  

L’expérience devient alors de plus en plus progressive. Autrement ditplus la PWA est utilisée, plus les interactions s’enrichissent. La relation avec le consommateur devenu client se construit et se renforce ; c’est en cela que les marques peuvent répondre à leurs enjeux de fidélisation.  

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Dans le cas de L’Equipe, un mobinaute se rend d’abord sur le site web du journal pour consulter l’actualité sportive. Après plusieurs visites, une pop-in lui propose d’ajouter le site à son écran d’accueil ; il n’a alors plus qu’à cliquer dessus pour y accéder. Nous pouvons voir sur le 3e écran que l’affichage est optimisé. Le potentiel de la PWA commence à être exploité avec cette première étape.

 

La PWA pour optimiser le ROI des projets digitaux

 

En plus d’une expérience web améliorée et d’une stratégie d’acquisition et de fidélisation renforcée, la PWA représente la solution toute trouvée pour optimiser le ROI, véritable fer de lance de toute entreprise.

En se concentrant sur un seul canal mobile, le web, les coûts d’acquisition et de fidélisation sont naturellement réduits. N’oublions pas également qu’une application native requiert une enveloppe budgétaire importante, englobant les coûts de développement (pour les environnements iOS et Android), les coûts de mise à jour et de maintenance ainsi que les frais de promotion sur les stores.

Pourquoi ne pas réallouer ce budget ? Plusieurs postes-clés peuvent en bénéficier, notamment la stratégie SEO/SEA, l’UX design et la création de contenus. Ces activités sont cruciales pour les marques qui souhaitent miser sur le web. Il est tout à fait pertinent d’avoir recours exclusivement à la PWA selon leur secteur, leur notoriété, les montants dédiés au marketing, et leurs besoins en termes de ciblage.

Si l’utilisation de la PWA est considérable, ces marques ont le choix d’opter pour le développement d’une application native. C’est d’ailleurs l’apanage des « élus », ces grands acteurs et pure players tels qu’Uber et AliExpress dont l’objectif est l’ubiquité, en visant simultanément les utilisateurs fidèles ayant recours à l’application téléchargée sur leur mobile, et les utilisateurs passant par un navigateur web.

 

En réunissant les meilleurs des deux mondes du web et du natif, la Progressive Web App comble le fossé entre le responsive et l’application et répond à un besoin des utilisateurs, jusque-là peu couvert par les marques. Elle est incontournable pour atteindre les objectifs stratégiques d’un grand nombre d’entreprises, étant une solution facile à s’approprier et déployer, apportant efficacement des résultats tangibles. Alors, avant de s’embarquer sur la création d’une app mobile, pensons progressif !

Quels bénéfices e-commerce peut-on attendre d’une progressive web app ?

Le smartphone est le device privilégié de bon nombre d’utilisateurs dans le monde. Avec une couverture réseau et une disponibilité de la data encore inégales, l’utilisation du mobile fait face à des disparités. Alors qu’en Europe, YouTube et Netflix représentent respectivement 30% et 23% de la consommation de la bande passante, les pays émergents sont confrontés à des performances moindres du réseau, alors que le mobile reste le principal point d’accès de cette population à internet. En 2015, Google a mis en place une nouvelle « norme » de développement pour répondre à cet enjeu : la Progressive Web Application (PWA). Quels sont ses trois principaux bénéfices pour les sites web, dans un contexte e-commerce ?

 

Une Progressive Web Application est un applicatif accessible à partir d’un simple browser et non plus obligatoirement via le store. Cela permet d’offrir à un site web une expérience qui se veut proche d’une application native ou mobile. Sa spécificité est de s’appuyer notamment sur un manifeste permettant d’installer le site sur son mobile sans passer par un store et des services workers lui permettant de pouvoir fonctionner partiellement en cas de coupure de réseaux et d’offrir une meilleur expérience utilisateur.

 

Une rapidité supérieure

Selon Google, 53% des utilisateurs abandonnent leur navigation si le temps de chargement est supérieur à 3 secondes. Sur un site PWA, le téléchargement des contenus a été optimisé de façon à garantir de bonnes performances d’affichage. Le système de cache a également été mis au point pour uniquement mettre à jour le ou les éléments modifiés depuis la dernière visite de l’internaute. Malgré un réseau très faible, Google limite les temps de chargement et assure une expérience de navigation plus rapide et plus fluide.

Selon une étude de cas de Forbes, avant de passer en PWA, le taux de chargement d’une page était compris entre 3 et 12 secondes. Le changement d’architecture amène aujourd’hui à un temps de chargement de 0,8 seconde ! De son côté, AliExpress annonçait déjà en 2016 que le nombre de consultations des pages de son site avait doublé, tandis que le temps de navigation avait augmenté de 74% et que le taux de conversion avait crû de 104%. Alibaba avait alors constaté une amélioration de 76% de son taux de transformation, quand Uber offrait la possibilité de réserver une course via un réseau 2G.

Du fait de l’optimisation des temps de chargement, de la diminution du taux de rebond et de l’augmentation du nombre de pages vues, les marques enregistrent un autre bénéfice direct : l’amélioration de leur référencement naturel.

 

Une meilleure fiabilité

L’architecture d’une PWA offre une expérience sans accroc aux internautes. La PWA est capable de fonctionner de manière partielle, même en cas de rupture de réseaux et permet ainsi aux utilisateurs de réaliser certaines actions, comme par exemple poster un tweet qui sera publié dès le rétablissement de la connexion.

Dans le cadre de l’e-commerce, cet avantage peut se traduire de deux façons : un internaute peut se loguer même s’il est hors ligne, et les déperditions sont limitées lorsque l’utilisateur soumet la transaction d’une commande dès le retour du réseau.

 

Un engagement renforcé

La promesse est d’arriver à une expérience utilisateur la plus proche de celle offerte par une application mobile dont les principaux atouts sont de pouvoir :

  • Disposer d’un affichage prenant l’ensemble de l’écran afin d’avoir une immersion plus importante ;
  • Créer un raccourci du site de la marque directement disponible sur son smartphone ;
  • Implémenter une stratégie de notifications pour favoriser le taux de retour et la fidélisation.

Grâce aux notifications push, Lancôme a par exemple pu constater en 2017 l’augmentation de 17% de son taux de conversion ainsi que qu’une amélioration de 8% de la récupération de panier abandonné.

Malgré des performances incontestées, les sites PWA restent encore rares dans le paysage digital. Cette norme n’étant portée que par un seul acteur, Google, son adoption a été freinée. Il n’était, il y a encore peu, pas possible d’offrir une même expérience à l’ensemble des utilisateurs suivant les OS et les navigateurs. Aujourd’hui, Microsoft, Apple et d’autres acteurs ont changé de stratégie et travaillent de plus en plus avec cette architecture.

Et si nous nous projetions encore plus loin ? Le smartphone est un agrégateur d’informations ; pouvoir interagir avec ces dernières de manière encore plus native permettrait d’ouvrir une multitude d’opportunités aux marques à travers leurs sites. Les utilisateurs pourraient ainsi accéder aux calendriers des futures ventes privées, ou encore réaliser des transactions en one clic en utilisant les API de paiement. PWA représente une mine d’or dont les marques mériteraient d’exploiter le potentiel ! 

Pourquoi les marques se tournent vers les applications multi-plateformes ?

Au fil des années, le marché du développement mobile a vu émerger 3 grandes familles d’applications :

–         Les applications natives, qui sont des applications mobiles développés avec un langage spécifique à l’OS : Swift/Objective-C pour iOS et Java/Kotlin pour Android.

–         Les applications hybrides, qui utilisent des technologies web (HTML, CSS et JavaScript) et qui sont affichées dans des vues web dans les applications. Ionic, Cordova et Phonegap sont des exemples de technologies hybrides.

–         Les applications multi-plateformes, qui sont des applications mobiles natives générés à partir d’une même base de code. Grâce à des technologies comme Xamarin, React Native ou encore Flutter, il est possible de générer des applications pour plusieurs OS sans avoir à développer plusieurs applications distinctes.

Ces dernières années, toujours plus de marques choisissent les applications multi-plateformes. Pourquoi font-elles ce choix ? Voici les points forts de ce type d’applications mobiles.

 

Le besoin en termes d’applications mobiles

Le besoin d’une application mobile est souvent lié à l’accessibilité car l’usage du smartphone et des applications mobiles a explosé. Les marques cherchent à être accessibles pour la majorité des utilisateurs et ciblent alors les deux plateformes les plus utilisées : iOS et Android. Les fonctionnalités sont généralement similaires sur les deux plateformes. Lorsqu’elles ciblent plusieurs plateformes et que les applications partagent le même besoin fonctionnel, il est alors intéressant de partager la même base de code.

 

Le coût

Lorsque plusieurs OS sont ciblés, une application multi-plateformes présente un coût global moins élevé qu’une application native. Cela s’explique par le principe même des technologies multi-plateformes : partager la même base de code entre les différents OS. Et même si certains coûts sont incompressibles, comme le temps passé à tester chaque version, le temps de développement lui est considérablement accéléré.

 

Les avantages pour l’Interface Utilisateur (UI)

Partager une même base de code présente l’avantage de garder une bonne cohérence graphique entre les différentes versions. Même si les éléments natifs utilisés comme les barres de navigation ou les alertes auront un style propre à l’OS, l’interface aura globalement le même aspect sur les différentes plateformes. Fini les différences non-voulues entre les plateformes !

Visuel applications multi plateformes

Pour ceux qui considèrent cela comme un problème, il est toutefois possible de faire du code spécifique à chaque plateforme, que ce soit au niveau des fonctionnalités ou de l’aspect graphique.

En plus de pouvoir maintenir une cohérence graphique, les applications multi-plateformes permettent de créer des interfaces utilisateurs avec un rendu proche du natif, des interactions et des animations satisfaisantes, contrairement au rendu des applications hybrides.

 

Les avantages pour les évolutions

En basant son application sur une technologie multi-plateformes, l’intégration future d’une nouvelle plateforme est facilitée. Il est donc possible de démarrer son projet en ciblant uniquement iOS et d’ajouter Android par la suite. En plus des plateformes mobiles, il est possible de faire évoluer les applications mobiles vers des applications web ou même des applications bureau sans avoir à commencer un nouveau projet.

 

Les avantages pour les équipes de développement

Les technologies multi-plateformes présentent des avantages pour la constitution des équipes de développement car l’application repose sur un seul langage de programmation. La taille des équipes peut alors être réduite et la synergie entre les membres plus forte. La collaboration est plus simple car les développeurs « parlent le même langage », ce qui peut avoir un impact positif sur la qualité du projet. Même si le langage reste commun entre les plateformes, il est recommandé d’avoir un minimum de connaissance en développement natif, notamment sur la partie déploiement sur les stores.

Visuel application multi plateformes 2

Et la performance ?

Enfin, l’un des points les plus important d’une application mobile est la performance. Devant la quantité phénoménale d’applications mobiles disponibles sur le marché, la performance est un enjeu crucial. Contrairement aux applications hybrides, qui utilisent du code HTML, CSS et JavaScript dans des vues web, les technologies multi-plateformes utilisent les composants natifs des OS. La performance est alors proche du natif et c’est d’ailleurs pour ça que tant d’acteurs du secteur font le choix de ces technologies.

 

Par ailleurs, les technologies multi-plateformes étant souvent compatibles avec les projets natifs, il est possible de mélanger code natif et code multi-plateformes dans la même application. Pour des fonctionnalités avec des besoins de performances très élevés, comme pour du Machine Learning ou de la réalité augmentée, il sera possible d’utiliser du code natif seulement pour une partie spécifique de l’application.

 

Les technologies multi-plateformes sont devenues très populaires, que ce soit auprès des développeurs ou des entreprises. Par exemple, React Native fait partie des projets les plus populaire de la plateforme GitHub, avec plus de 75 000 stars. La popularité est aussi assurée par les entreprises qui les utilisent, telles que Facebook, Instagram et Uber avec React Native, Google et Alibaba avec Flutter, ou encore Fox et UPS avec Xamarin.

Que ce soit pour une raison de maîtrise des coûts, leur popularité ou leur performance proche du natif, les applications multi-plateformes constituent aujourd’hui une partie importante des nouveaux projets d’applications mobiles, et cette tendance se renforce jour après jour. Les technologies multi-plateformes sont de plus en plus répandues et il est important de sensibiliser les entreprises sur ces technologies qui constituent de nouvelles opportunités et des alternatives à considérer sérieusement.

[Checklist] Omnicanal : 7 conseils pour une organisation SI efficace

Les entreprises disposant d’un site web et d’une application mobile sont de plus en plus nombreuses à vouloir uniformiser les deux canaux pour offrir à leurs utilisateurs une continuité de service et d’expérience, mais également optimiser les coûts de développement.

 

Téléchargez notre checklist "Omnicanal - 7 conseils pour une organisation SI efficace"

 

Cependant, cette uniformisation fonctionnelle présente de nombreux défis pour les départements SI. En effet, bien souvent, cela signifie un véritable changement d’organisation, d’outils et de méthodes de travail pour plusieurs équipes.

Les DSI, véritables capitaines de cette transformation, doivent se poser les bonnes questions, être méthodiques et se faire accompagner pour mener le navire à bon port. Découvrez dans cette checklist quelques conseils de directeurs de projet en solutions web et mobile pour y parvenir.

Vous découvrirez notamment comment :

  • Déployer des feature teams
  • Appliquer de nouvelles méthodologies
  • Adapter les outils et espaces de travail
  • Fluidifier la chaîne de déploiement

 

Téléchargez notre checklist "Omnicanal - 7 conseils pour une organisation SI efficace"

 

Expérience utilisateur sur mobile : 5 types de micro-moments

Lorsque l’on entend mobile on pense souvent responsive design. Effectivement, l’écran d’un smartphone est bien plus petit que celui d’un ordinateur. Utiliser un site inadapté à ce format peut devenir un calvaire et faire fuir l’utilisateur le plus investi. 

Cependant, la réelle problématique du mobile ne réside pas dans son format mais plutôt dans son usageLa particularité du mobile est son omniprésence dans la vie de tout utilisateur qui peut se connecter à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit. Il existe en effet une forte corrélation entre la taille de l’écran, la fréquence et le temps d’utilisation : plus l’écran est petit, plus il est utilisé fréquemment sur de courtes périodes. 

 

Design mobile article

Ce phénomène dont la haute fréquence d’usage n’a d’égale que son temps d’utilisation succinct se nomme « micro-moments ». Pour vous aider à vous mettre à la place de l’utilisateur et à comprendre son contexte, j’ai déterminé les grands types de micro-moments : 

1.Un micro-moment déclenché par ce qui a été vu

Les applications de rencontres sont très fortes pour cela. Un utilisateur est célibataire et voit un couple dans la rue ? S’il a une application de rencontre installée sur son smartphone, il y a des chances pour qu’il ressente l’envie de dégainer son téléphone. 

Exemple d’application qui répond à cet usage : Tinder 

 

2. Un besoin urgent

Un utilisateur se balade dans une nouvelle ville un soir et cherche un bon restaurant à moins de 10 minutes de marche. C‘est encore une fois vers son smartphone qu’il se tourne. 

Exemples d’applications qui répondent à cet usage : Google MapsLaFourchette 

 

3. Un avis en magasin

Une paire de chaussures aperçue dans un magasin suscite l’intérêt mais le consommateur se demande s’il ne peut pas la trouver pour moins cher ailleurs. Il se peut aussi qu’il souhaite rechercher des avis ou des recommandations. 

Exemple d’application qui répond à cet usage : Amazon 

 

4. Passer le temps 

Ce fameux ami toujours en retard a encore fait attendre… Naturellement, l’utilisateur a eu le réflexe de sortir son smartphone, avec comme seul but d’occuper le temps, et en demi-teinte peut-être de s’inspirer. 

Exemple d’application qui répond à cet usage : Instagram 

 

5. Micro-productivité

Proche du précédent type de micro-moment dans l’objectif d’occuper le temps, et différent dans le sens qu’il permet aussi d’avancer dans sa to-do listOn peut imaginer vouloir profiter du temps passé dans les transports en commun pour apprendre l’espagnol à l’aide d’une application. 

Exemple d’application qui répond à cet usage : Duolingo 

 

Enfin, la question à se poser en concevant une expérience mobile, avant même de se demander comment votre logo va tenir dans ce petit écran : l‘expérience imaginée répond-elle à un de ces micro-moments ? 

Sources : Lien 1; Lien 2; Lien 3

Une app mobile à tout prix ?

J’ai embarqué dans le train du mobile à l’époque où l’iPhone 4S et le Galaxy S2 étaient les smartphones stars. J’étais chef de projet dans une agence mobile et la direction à prendre pour nos clients était simple : « On a le budget, on veut notre app mobile ! ». Cela sonnait comme une évidence si on voulait être dans le coup. Quelques années plus tard, le discours a changé.

On est passé de « Quand puis-je publier mon app ? » à « Ai-je besoin d’une app ?». Au vu de l’investissement requis (acquisition, fidélisation, corrections… sur iOS et Android), une telle décision mérite réflexion.

81% des mobinautes ne téléchargent qu’une app mobile par semaine

La réalisation d’une app mobile n’est qu’une première étape qui mobilise une équipe fournissant d’importants efforts. Imaginez maintenant que cette app ne soit pas téléchargée et qu’elle se perde dans les bas-fonds des classements des stores, la rendant invisible aux yeux de vos potentiels utilisateurs…

Vous pouvez proposer une superbe app, si elle n’est pas téléchargée, elle n’aura aucune chance de faire ses preuves. L’objectif ici n’est pas de lister les leviers marketing pour maximiser le nombre de téléchargements mais d’expliquer le fait que la publication n’est pas une fin en soi. La phase d’acquisition nécessite un investissement financier plus ou moins conséquent. Une chose est sûre, il faut séduire vos futurs utilisateurs pour générer des téléchargements. Cette action prouvera qu’ils sont prêts à débuter une relation qu’il va falloir entretenir.

J’ai déjà vu plusieurs projets ne pas connaître le succès escompté. Dépenser plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une app mobile et ne générer qu’une centaine de téléchargements n’est pas un cas isolé…

En moyenne, seulement 15 apps mobiles sont utilisées au cours du mois

app mobile les vignettes des apps les plus celebres

Acquérir de nouveaux utilisateurs est une chose, les fidéliser en est une autre. Maintenant qu’ils ont accepté d’installer votre app mobile, il faut conserver leur intérêt. Il n’est pas rare de constater un écart important entre le nombre de téléchargements et le nombre d’utilisateurs réels.
Je classerais les apps mobiles en 3 cercles selon leur récurrence d’usage :

  • Le premier est restreint et comprend des apps utilisées plusieurs fois par jour. Difficile de faire partie de ce cercle fermé à moins de vous appeler Facebook, WhatsApp ou Instagram.
  • Le deuxième inclut des apps dont la fréquence d’usage reste importante, généralement plusieurs lancements par semaine. Vous y retrouvez par exemple Leboncoin, Waze ou L’Equipe.
  • Le troisième englobe des apps avec une utilisation moindre, la fréquence d’utilisation étant plutôt mensuelle. Je peux citer Oui.sncf, Blablacar et Airbnb.

Il s’agit d’exemples qui différeront selon le mobinaute, mais vous voyez l’idée.  Si entrer dans un de ces cercles semble compliqué, il faudrait peut-être y réfléchir à deux fois avant de lancer un projet d’app mobile.

J’ai collaboré avec une équipe UX pour un client spécialisé dans l’épargne salariale, avec l’objectif de générer plus de récurrence d’usage. Nous avons co-construit les grands principes de la refonte en nous orientant vers une véritable approche d’accompagnement, en fonction du profil, et avec des contenus pertinents correspondant à des moments de vie. Maintenir l’intérêt de vos utilisateurs est un challenge qui peut être relevé si vous instaurez une vraie relation.

Les mobinautes fréquentent en moyenne 51 sites web mobile par mois

On dit souvent que l’expérience utilisateur sur app mobile est meilleure que sur web app. Si vous comparez un service identique sur ces deux types d’app, vous constaterez que c’est généralement vrai ! Il existe un écart en matière de performance mais aussi en matière de possibilités fonctionnelles.

Une app mobile peut être utilisée sans réseau internet, pousser des notifications push, permettre des achats in-app… Cependant, ces fonctionnalités natives ne font peut-être pas partie de votre cahier des charges. Et les parcours de votre service ne nécessitent peut-être pas non plus des performances élevées. Sans oublier que vous avez probablement des concurrents déjà bien présents sur votre marché. En résumé, une web app peut permettre de répondre à vos exigences avec un ROI intéressant.

J’ai mené une étude pour un office de tourisme qui s’interrogeait sur la nécessité de proposer une app mobile. Au vu des attentes de la cible et du client (trouver un itinéraire, chercher un restaurant…), j’ai recommandé de ne pas réaliser d’app mobile, notamment en raison des incontournables du marché (Google Maps, TripAdvisor…) qui couvraient les besoins exprimés. J’ai préconisé de capitaliser sur le site web et les réseaux sociaux dans une logique d’acquisition et de rétention.

Le smartphone est sans conteste un point de contact privilégié pour toucher votre cible. Il faut donc penser « mobile » ! Cependant, avoir une stratégie mobile ne signifie pas forcément proposer une app mobile. Il s’agit de bien prendre en compte les problématiques d’acquisition, de fidélisation, d’expérience utilisateur et surtout de ROI pour placer le curseur au bon endroit, et privilégier le canal de distribution le plus pertinent. Les Progressive Web Apps (PWA) peuvent représenter une alternative intéressante, même si elles doivent continuer à faire leurs preuves.

L’application mobile fait partie des dispositifs digitaux sur lesquels nous apportons notre expertise. Rendez-vous ici pour plus d’informations.

Thanksgiving et Black Friday : Retour sur la folie du shopping en ligne

La grande fête familiale américaine est devenue depuis quelques années la grande fête du shopping. « Thanksgiving », « Black Friday », « Small business Saturday » et « Cyber Monday » sont les mots-clés de la période qui débute tous les ans le 4ème jeudi de novembre.

Quelques chiffres du shopping en ligne américain

Les statistiques suivantes proviennent d’Adobe Analytics, qui mesure les transactions de 80 des 100 principaux retailers en ligne aux États-Unis.

Thanksgiving

Les dépenses en ligne pour Thanksgiving 2018 ont atteint le montant de 3,7 milliards de dollars. Soit une croissance de presque 28% par rapport à 2017 (18,3% entre 2016 et 2017). Il s’agit de la croissance la plus élevée depuis 2014.

Nouveau call-to-action

Une des raisons est que de nombreux marchands ont changé de stratégie, en appliquant pour la première fois les mêmes prix le jour de Thanksgiving et le vendredi noir.

La valeur moyenne des commandes a augmenté de 8% par rapport au jour de Thanksgiving 2017.

Black Friday

Lors du vendredi noir, les ventes en ligne ont bondi de 23,6% par rapport à 2017, pour atteindre 6,2 milliards de dollars. Plus de 2 milliards de dollars de ces revenus proviennent du m-commerce. La valeur moyenne des commandes était de 146 dollars, en augmentation de 8,5% par rapport à 2017.

Cyber ​​Monday

Cette journée de soldes en ligne a été la plus importante de l’année 2018 avec des revenus de 7,9 milliards de dollars, en hausse de 19,3% par rapport à 2017. Les transactions mobiles représentent plus de la moitié des visites (54,3%), en augmentation de 55,6% d’une année sur l’autre.

Amazon a publié un communiqué dans lequel il déclarait avoir vendu plus d’articles durant le Cyber ​​Monday que tout autre jour de son histoire, y compris le Prime Day 2018.

When consumers are spending 1

When consumers are spending 3

When consumers are spending 2

Qui est le vainqueur de cette période ?

La frénésie des achats en magasin durant le Black Friday semble s’être apaisée. Les gens ne font plus la queue devant les magasins tôt le matin pour être les premiers à entrer.

De plus, de nombreux magasins physiques ne sont pas ouverts lors du Thanksgiving ou ne sont ouverts que pour un créneau horaire limité. Les clients se contentent ainsi d’acheter depuis leur smartphone.

Les achats en ligne ne tuent toutefois pas le pèlerinage traditionnel dans les centres commerciaux… Beaucoup d’acheteurs souhaitent opter pour le click and collect lors du vendredi noir. En outre, même en période de froid inhabituel dans une grande partie des États-Unis, la circulation piétonnière dans les magasins durant Thanksgiving et Black Friday n’a diminué que de 1% en 2018, selon les estimations de ShopperTrack.

L’achat en ligne et le click and collect continuent donc d’être une option populaire, en hausse de 73% entre les fameux jeudi et vendredi, selon Adobe.

Target, Macy’s, Kohl’s et Walmart ne sont que quelques-unes des enseignes qui ont eu recours à cette option. La stratégie étant d’inciter des achats supplémentaires en magasin lorsque les clients viennent chercher leurs commandes.

Selon l’International Council of Shopping Centers, parmi les consommateurs qui ont utilisé le click and collect, 64% ont effectué un achat supplémentaire en magasin. Le Cyber Monday a également vu le pic de click and collect augmenter de 65% entre 2017 et 2018.

Et si le grand vainqueur de ces achats en ligne était le magasin physique ?

Et demain ?

Toujours selon Adobe Analytics, 80,3 milliards de dollars avaient été dépensés en ligne le 6 décembre 2018, ce qui en faisait la plus grande période de l’e-commerce de tous les temps aux États-Unis.

Share of revenue by device

Ces dépenses sont en augmentation de 18,6% par rapport au 6 décembre 2017 et battent le record de l’année dernière de près de 13 milliards de dollars.

Adobe prévoyait que pour toute la durée de la période des fêtes 2018 (du 1er novembre au 31 décembre), il y aurait au moins 124,1 milliards de dollars de ventes au détail en ligne aux États-Unis. Ces chiffres montrent bien que les magasins récoltent les fruits de leurs investissements dans le mobile et que l’avenir du commerce réside bel et bien dans l’omnicanal.

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Venmo, la fintech de transfert d’argent qui provoque les banques américaines

Venmo le champion des Millennials

L’application de transfert d’argent préférée des Millennials a atteint le niveau d’adoption de Google ou d’Uber. Au cours d’un dîner, on ne dit plus  :  « Pay me back », mais plutôt « Venmo me ». Ce service simple de transfert d’argent entre utilisateurs fait réagir les grandes banques américaines.

Venmo est un service de paiement mobile appartenant à PayPal. Il permet aux utilisateurs de transférer de l’argent à d’autres utilisateurs du service via une application mobile. L‘expéditeur et le destinataire doivent vivre aux États-Unis. Au premier trimestre 2018, la fintech a facilité des transactions entre ses utilisateurs pour un montant total de plus de 12 milliards de dollars. Durant l’année 2017, près de 37 milliards de dollars ont été échangés sur Venmo. 

Comment fonctionne Venmo ?

Les utilisateurs créent un profil via l’application mobile ou le site web avec leur compte bancaire. Ils peuvent trouver les destinataires des transactions via un numéro de téléphone, un nom d’utilisateur ou un email. 

Les utilisateurs disposent d’un solde Venmo pour leurs transactions. Ils peuvent associer leur(s) compte(s) bancaire(s), leur(s) carte(s) de débit ou de crédit à leur profil. Le paiement avec un compte bancaire ou une carte de débit est gratuit, et les paiements par carte de crédit engendrent des frais de 3% pour chaque transaction. Aux Etats-Unis lorsqu’un consommateur utilise une carte de débit, la somme est déduite en temps réel du compte. S’il utilise une carte de crédit, l’achat est facturé ultérieurement. Venmo fait donc payer des frais de transactions pour l’utilisation de cartes de crédit car l’argent ne sera pas transféré immédiatement. 

Si le montant du solde est insuffisant lors d’une transaction, Venmo retire automatiquement le montant nécessaire du compte bancaire ou de la carte enregistré(e). 

La collaboration Venmo x MasterCard

Les utilisateurs peuvent également se procurer une carte Venmo MasterCard. La carte offre un accès aux distributeurs de billets et une protection contre les découverts. Elle peut être utilisée dans n’importe quel endroit acceptant MasterCard et permet des retraits quotidiens d’un maximum de 400$. Cependant, les retraits sont facturés 2,50$ dans les distributeurs des banques qui ne sont pas partenaires de Venmo. 

En outre, le service comprend une fonction de rechargement qui, lorsqu’elle est activée, prélève de l’argent sur le compte d’un utilisateur par tranche de 10$ si le solde devient trop faible pour couvrir un achat. 

Ces caractéristiques rendent la carte semblable à bien des égards à une carte de débit traditionnelle. Les utilisateurs peuvent suivre les dépenses directement sur l’application, ce qui répond à la préférence des consommateurs pour les outils bancaires numériques, notamment les Millennials. Par ailleurs, la carte est personnalisable lors de son acquisition.

Venmo card

L’aspect social, une composante majeure du service Venmo

 

Lorsqu’un utilisateur effectue une transaction, les détails (sauf le montant) sont partagés sur le fil d’actualité de l’utilisateur et avec son réseau d’amis sur l’application. Lors de son lancement, les nouveaux utilisateurs étaient incités à s’inscrire via Facebook, ce qui facilitait la recherche de contacts à qui envoyer de l’argent. Par la même occasion, cette astuce a permis à Venmo de réaliser une opération de marketing sans frais en apparaissant sur le fil d’actualité des utilisateurs.  

Sur l’application de Venmo, les notifications de transactions sont soit visibles publiquement pour tous les utilisateurs de l’application, soit limitées à la liste de contacts de l’utilisateur, soit totalement privées.  Par défaut, toutes les transactions sont partagées publiquement. Les paramètres de confidentialité sont modifiables pour que les publications soient partagées uniquement avec les contacts d’un utilisateur, ou même rendues privées.  

Chaque transaction est accompagnée d’une description sous forme de texte ou demoji. Cette description est nécessaire pour mener à bien la transaction, mais Venmo laisse ses clients choisir la forme. Globalement, 30% des transactions incluent au moins un emoji. Des études complètes ont d’ailleurs été menées sur l’utilisation des emojis dans Venmo.  

L’utilisateur paye donc comme il communique avec ses amis, en s’éloignant du caractère solennel des applications bancaires classiques.

Venmo social

Quel avenir pour Venmo ?

Venmo se distingue par le partage d’informations sur les paiements vers une liste de contacts des utilisateurs mais ce n’est pas un réseau social au même titre que Facebook ou Twitter.  

La société réalise son chiffre d’affaires sur les transactions faites à partir de cartes de crédit et à terme, pourrait monétiser son espace social. 

L’été dernier, Venmo a signé des partenariats avec une douzaine de marques qui permettent désormais aux utilisateurs de payer les achats et commandes directement avec l’application. Parmi ces marques, nous retrouvons le service de livraison de repas Munchery et la chaîne de restauration rapide White Castle.

C’est là que l’aspect réseau social peut entrer en jeu. Si un client règle l’achat d’uun burger chez White Castle avec Venmo, ses amis peuvent voir où il a mangé, comme sur Foursquare ou Facebook. Venmo pourrait ainsi tirer davantage profit de cette opportunité de visibilité pour les marques. 

Avant toutla société accès à de nombreuses informations sur le comportement d’achat des clientsL’application de paiement s’appuie sur l’infrastructure des banques. Si de plus en plus d’enseignes acceptent les paiements par Venmo, les banques n’auront plude visibilité sur les détails des dépenses des consommateurs. Ces dernières ne verront que les demandes de Venmo d’ajouter ou de retirer des montants de leurs comptes 

Naturellement, les banques redoutent la popularité de Venmo. Elles ont réagi en lançant Zelle. 

Zelle est une solution de paiement similaire présentant néanmoins deux points différents : 

  • Zelle apparaît dans les applications mobiles des utilisateurs, dans l’onglet permettant le transfert d’argent puisqu’elle a été développée par les banques. Les transactions s’enregistrent donc dans les comptes bancaires des utilisateurs en quelques minutes, alors qu’avec Venmo, cela prend actuellement plusieurs jours.  
  • Zelle n’inclut pas la composante sociale de Venmo.

Zelle

Compte tenu de l’incroyable popularité de Venmo, la croissance et les niveaux d’engagement de la communauté d’utilisateurs de la plateforme, il est difficile d’imaginer Zelle lui faire beaucoup d’ombre.  

La structure sociale unique de cette application fait d’elle un phénomène culturel sans précédent dans le domaine des paiements. Il faudra cependant sûrement de la patience pour que la direction de PayPal débloque son potentiel de profits sans nuire à l’expérience utilisateur. L’attrait principal de Venmo est sa facilité d’usage, son faible coût d’utilisation et le caractère social qui permet de payer facilement ses amis sans avoir à préciser un numéro de compte. Si PayPal souhaite rentabiliser cet outil, il faudra sûrement augmenter les revenus issus des magasins. Le risque est de remplir le flux social de logos de marques et de faire face au mécontentement d’utilisateurs. 

 

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