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Le coronavirus pousse la Chine vers l’automatisation des livraisons et de la supply chain

Alors que la Chine se retrouve isolée du monde avec l’épidémie du coronavirus, répondre à la hausse des commandes en ligne dans le pays et assurer l’approvisionnement de matériel médical rapidement et sans contaminer les clients s’est révélé critique pour les fournisseurs et distributeurs.

Les acteurs leaders locaux de l’e-commerce et de la livraison ont déployé leurs dernières technologies de livraison autonome pour répondre au manque de main d’œuvre humaine et surmonter la peur du contact. Ils ont redoublé d’effort pour assurer une livraison le jour-même et établir un réseau de distribution stable afin de garantir l’approvisionnement d’équipements médicaux dans les hôpitaux du pays et dans le reste du monde.

 

Assurer l’approvisionnement et la qualité du matériel médical

Rapidement après le déclenchement de l’épidémie, Alibaba a mis en ligne une plateforme B2B uniquement dédiée à combattre le coronavirus. La plateforme apporte des spécifications concernant les produits et équipements médicaux nécessaires, selon les recommandations du gouvernement et des hôpitaux. Elle permet aux fournisseurs de matériel et équipements médicaux de répondre plus rapidement et efficacement aux besoins des hôpitaux et des autorités locales. Alibaba s’engage ensuite à vérifier que les produits des fournisseurs correspondent aux critères avant de les expédier en Chine et dans le reste du monde.

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Source : Capture d’écran de la plateforme Alibaba pour l’approvisionnement direct

Le 25 janvier, le groupe a d’ailleurs effectué un investissement de 140 millions de dollars US dans l’achat d’équipements médicaux pour soutenir les besoins sanitaires urgents.

 

Assurer une livraison rapide et sans risque de contamination

Suite à la mise en quarantaine d’une partie de la population, la demande de livraison à domicile a augmenté tandis que des livreurs et manutentionnaires sont confinés
Les géants de l’e-commerce en Chine ont donc dû prendre plusieurs mesures pour garantir la continuité de service et la rapidité des livraisons. Alibaba, par exemple, a offert aux livreurs disponibles et aux employés des services postaux une commission supplémentaire pour leurs heures de travail, et aux entreprises de tous types des aides financières pour couvrir les frais de livraison. Ces acteurs ont également reçu un accès gratuit à l’écosystème de ressources d’Alibaba : les services de vidéo-shopping en direct, ses solutions digitales de livraison et les cours en ligne de son université Taobao.

Les BATX (GAFAM chinois) étant devenus des géants qui touchent à tous les domaines et toutes les industries, il n’est pas étonnant qu’ils s’impliquent également dans la recherche médicale. Au total, plus de 30 entreprises IT et commerciales, incluant les groupes Alibaba, Tencent, et Meituan Dianping, équivalents respectifs d’Amazon, Facebook et Deliveroo, ainsi que les deux plus grands développeurs immobiliers chinois, ont fait don de 432,5 millions de dollars US pour aider le gouvernement et les centres de recherche gouvernementaux à lutter contre le virus.

 

La livraison autonome pour éviter les contacts humains

Dans les circonstances d’épidémie, la livraison autonome s’est avéré être une solution idéale. Les robots livreurs permettent d’apaiser la peur du contact humain des livreurs (à Shenzhen, un livreur infecté non détecté avait travaillé 14 jours avant d’être déclaré malade).

Les enjeux actuels ont donc permis de contribuer à accélérer le développement de plusieurs technologies qui étaient testées depuis plusieurs mois par Alibaba et les autres géants de la tech en Chine.

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Le robot livreur de Meituan Dianping – Source : Handout

  • Le Deliveroo chinois, Meituan Dianping, lance son service de livraison robotisée : 

Alors que la région de Wuhan est isolée et le risque de contamination élevé, Meituan Dianping a décidé de déployer sa flotte de robots autonomes pour assurer la livraison du dernier kilomètre à Shunyi, un quartier de Beijing. Le véhicule autonome peut porter jusqu’à 100 kg de produits et réaliser entre 3 et 5 livraisons par jour.

L’entreprise avait commencé ses tests l’an dernier mais c’est la première fois que ses robots font leur apparition dans les lieux publics et le centre-ville.

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La première livraison du véhicule autonome de JD – Source : JD.com

  • JD.com automatise la livraison du dernier kilomètre à Wuhan : 

Depuis février, le géant de l’e-commerce JD.com a aussi déployé des véhicules autonomes pour assurer les livraisons aux hôpitaux, magasins, et communautés des zones mises en quarantaine à Wuhan. Un des hôpitaux de Wuhan passe entre 10 et 20 commandes par jour, parmi lesquelles 70% sont livrées par des véhicules autonomes quand leur taille le permet.

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Le robot Little Peanut de Ele.me distribue les plats aux personnes infectées – Source : New China TV Channel

  • Ele.me livre ses plats préparés grâce aux robots autonomes :

Un autre exemple d’implémentation est celui du géant de la livraison de plats préparés Ele.me qui a mis en place des robots et des drones pour livrer les clients des chambres d’un hôtel mis en quarantaine à Wenzhou, dans l’Est de la Chine.

 

Le plus grand entrepôt robotisé de Chine

Le pays n’a pas attendu le coronavirus pour prendre de l’avance en matière de robotisation de sa supply chainLes technologies autonomes utilisées dans les entrepôts d’Alibaba sont développées par l’entreprise Cainiao, dont il détient 51% des parts. L’entrepôt intelligent est situé dans la ville de Wuxi, près de Shanghai, et s’étend sur 160 000 m² où 700 robots rendent possible le traitement de 50% de commandes de plus qu’un entrepôt traditionnel sur une période donnée.

Quelques employés présents sur le site travaillent en équipe avec des véhicules guidés automatisés et des bras robotisés. L’agilité du concept rend son design plus adaptable et facilite son déploiement et sa relocalisation dans de nouveaux espaces. Cainiao répond ainsi à l’un des plus grands challenges de l’automatisation traditionnellement moins flexible en comparaison de l’emploi de nouveaux employés. Le système est intelligent : il s’améliore et apprend constamment. L’entrepôt regroupe les technologies suivantes :

  • Les véhicules guidés automatisés (AGV) : ils sont connectés par l’IoT à un système de trajets qui leur permet de se déplacer, charger et décharger des marchandises sans collisions. Les AGV sont capables de trouver l’article exact qui correspond à chaque commande. Le contenu des étagères est amené aux employés dans un ordre spécifique qui leur permet ensuite de remplir les cartons en sachant spécifiquement quel produit y mettre.
  • Les bras robotisés sont connectés aux AGV : Cainiao combine des algorithmes de caméra 3D et de vision informatique pour identifier la position des objets et reconnaître les mouvements des bras robotiques afin de trier efficacement les paquets pour les amener aux étagères correspondantes, au tapis de distribution et AGV de l’entrepôt.
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Source : Alizila

Des innovations qui s’attellent à la livraison du dernier kilomètre

L’entrepôt intelligent n’est qu’un exemple d’implémentation des technologies de Cainiao. Le groupe vise à digitaliser toutes les étapes de la chaîne de distribution et ne s’arrête donc pas là. 

Quelques-unes de ces inventions viennent répondre notamment à l’étape du dernier kilomètre, étape la plus coûteuse du processus de livraison, et aux enjeux environnementaux pour effectuer une livraison plus verte :

  • L’emballage connecté : Cainiao a développé un emballage intelligent pour réduire le gaspillage lors de suremballage. Le vendeur indique les dimensions des produits commandés, et le système recommande l’emballage correspondant, ainsi que l’ordre d’agencement des produits pour maximiser l’espace.
  • La boîte à lettres intelligente similaire aux casiers intelligents, le concept résout le problème du temps perdu de plusieurs tentatives de livraison lorsqu’un destinataire est absent du domicile. La boîte peut être installée par les consommateurs devant leur porte pour recevoir des colis ou des courses alimentaires. Équipée de sa propre caméra, la boîte à lettres s’ouvre par reconnaissance faciale ou grâce à une application mobile. Elle peut servir de réfrigérateur temporaire puisque sa température peut être ajustée et contrôlée à distance depuis l’application.
  • Le programme Sky Eye : mis en place pour le Singles Day, le système de contrôle vidéo basé sur le Cloud et a été développé par Cainiao en partenariat avec d’autres acteurs de la supply chain en 2019. Il se connecte aux caméras des stations logistiques du pays et permet aux entreprises de suivre les colis expédiés en temps réel afin de résoudre les imprévus au plus vite. Le système a permis une livraison à 15% plus efficace et réussie. 

L’avance de la Chine dans le développement et l’adoption des dernières technologies, des entrepôts automatisés aux robots livreurs, en passant par les systèmes intelligents de maintenance ou de livraison, s’est révélé être un réel atout pour limiter l’épidémie. Il reste à voir comment l’adoption de ces technologies va évoluer lorsque la situation reviendra à la normale.

Les 7 tendances phares de l’e-commerce en 2020

Au cours de la dernière décennie, l’e-commerce a connu de nombreuses et profondes transformations. Quelles sont les tendances qui domineront en 2020 ?
 

1. Le VoiceSearch continue sa progression

Comme l’a souligné Frederik Claessense-commerce Manager chez SQLI Belgiquela montée de Siri, Amazon Echo et Google Now n’a échappé à personne. Les assistants vocaux favorisent la croissance de la recherche vocale à travers le monde, et selon Comscoreplus de la moitié des recherches seront effectuées à l’aide de la voix en 2020.

Aux Etats-Unis, plusieurs marques telles que Domino’s Pizza et Walmart offrent déjà la possibilité d’utiliser la recherche vocale. Par conséquent, les moteurs de recherche doivent s’y adapter, ce qui entraînera des changements drastiques dans la conception et surtout dans le référencement des sites.

2. Mobile first

Le smartphone est incontournable, ayant pris une place prépondérante du quotidien. En plus de la navigation sur le web, l’utilisation des réseaux sociaux et le m-commerce, les paiements sur smartphone sont également en forte augmentation. Désormais, toutes les options qu’offre un site web doivent également être présentes sur la version mobile : pouvoir choisir parmi différentes options, consulter son panier, passer une commande et payer via son smartphone. 
Ceux qui n’ont pas encore investi dans le mobile sont assurés de manquer des opportunités de ventes en 2020.

3. ROPO

Une tendance qui s’apparente au mobile est celle du ROPO (Research Online, Purchase Offline). En effet, un consommateur belge sur deux cherche des informations en ligne avant d’effectuer un achat en magasin. Des chiffres récents provenant des Pays-Bas indiquent que 82 % des consommateurs utilisent internet comme première source d’information. Il est encore plus frappant de constater que 56 % d’entre eux consultent des informations alors qu’ils se trouvent déjà dans le magasin. Les achats hors ligne sont donc fortement influencés par le comportement en ligne à ce moment-là.

Il faudra ainsi veiller à ce que les consommateurs soient mieux informés avant d’effectuer un achat, que ce soit pour s’inspirer ou pour comparer les prix et les produits. 

4. E-commerce vs.magasins physiques

Nous avions abordé ce sujet l’été dernier. Malgré la progression de l’e-commerce80 % des consommateurs préfèrent encore acheter hors ligne. Conformément à la tendance précédente, nous constatons que les magasins physiques restent importants afin de pouvoir voir, toucher et essayer les produits.

Attendez-vous donc à une nouvelle tendance : l’émergence de magasins physiques d’enseignes pure-players, tout comme la multiplication des pop-up stores qui poussent comme des champignons. Il s’agit souvent de petites boutiques en ligne qui vendent leurs produits ou services dans un lieu physique pendant une courte période. Et ça marche !

5. Le dernier kilomètre gagne en importance

Le dernier kilomètre, ou last mile, désigne le dernier kilomètre « parcouru » par un colis avant d’arriver à sa destination finale (généralement une adresse personnelle). Lorsqu’il s’agit d’un magasin physique, c’est généralement le client qui se rend en voiture jusqu’au magasin. Toutefois, en matière d’e-commerce, la situation est différente : la commande est livrée presque par défaut à une adresse précise. 

Avec les problématiques écologiques, les entreprises sont poussées à trouver de nouvelles solutions pour le transport de leurs marchandises, les coûts pour les entreprises et les consommateurs devant rester aussi bas que possible. Par exemple, les matériaux utilisés pour les emballages et les émissions de CO2 des véhicules de livraison ont un impact sur l’environnement. C’est donc la façon de penser et gérer la logistique qui doit changer. Par exemple, bol.com a opté pour un mode d’emballage durable, tandis que PostNL a décidé de ne proposer les colis qu’une seule fois au point de livraison.

6. L’expérience client B2B

Même si cela semble évident, nous constatons aujourd’hui que la problématique d’une bonne expérience client est aussi en train de percer dans le B2B. Les entreprises s’attendent toujours plus à bénéficier de la même convivialité, de la même rapidité, du même service et des mêmes possibilités que si elles effectuaient un achat en tant que consommateur. Elles recherchent des informations à l’avance, se rendent sur les sites web et consultent les informations sur les produits.

Et ce n’est pas tout. Le point d’attention ici est de permettre aux entreprises de récupérer l’historique de leurs commandes et de connaître la localisation des commandes. Cela nécessite une forte compatibilité entre la plateforme e-commerce et le CRM qui contient toutes les données des clients. Ainsi, un agent du service client est capable de récupérer à tout moment toutes les informations de commande et indiquer où se trouve un colis.

7. Le commerce unifié

2020 sera l’année du commerce unifiéLe commerce 4.0 en quelque sorte. Contrairement à l’omnicanal – où l’expérience d’achat en ligne et hors ligne est offerte de manière uniforme et cohérente – le commerce unifié offre une expérience en temps réel où tout est connecté : du mobile au site web en passant par les magasins physiques.

Le commerce unifié se concentre entièrement sur l’expérience complète du client. Parce que toutes les informations et les données sont intégrées dans une seule plateforme, les clients et les enseignes ont un aperçu en temps réel de la disponibilité et des données d’un produit sur tous les canaux. Par exemple, un conseiller de vente peut rechercher la disponibilité d’un produit avec le client.

Luxe : les 6 tendances qui boosteront le marché en 2020

Dans une industrie qui pèse aujourd’hui plus de 1000 milliards de dollars, la nouvelle génération de consommateurs pousse le luxe à évoluer plus vite que jamais. La notion d’exclusivité ancrée dans son ADN est remise en cause avec la montée en puissance de l’e-commerce et ses tendances évolutives. Quelles sont les tendances qui vont marquer le luxe cette année ?

Nous en avons repéré 6.

Avec le m-commerce qui connaît une croissance rapide (55% des consommateurs de luxe qui achètent en ligne privilégient leur smartphone), une forte demande du marché chinois, de nouvelles poches de richesses (telles que la Silicon Valley) et la nouvelle génération d’acheteurs friande de nouvelles expériences, le marché est challengé en termes de produits & services, de partenariats et de technologies innovants. Les acteurs devront sans aucun doute suivre les six tendances suivantes pour prendre le virage de l’accélération du luxe en 2020.

 

Le marché chinois, l’incontournable lieu de conquête

Les plateformes en ligne dédiées au luxe se battent pour devenir le point d’entrée en Chine des marques. Luxury Pavilion d’Alibaba regroupe plus de 80 marques de luxe dont Maserati, Valentino, Burberry ou encore Hennessy. La maison italienne Balenciaga a rejoint l’été dernier la plateforme TOPLIFE de JD.com, pour assurer un service de livraison exclusif à domicile (en main propre par un chauffeur privé).

Ces plateformes dédiées au luxe apportent une certaine garantie de pouvoir pénétrer ce marché si particulier et toujours aussi prometteur.

 

Les plateformes de revente

Avec la croissance du marché du luxe d’occasion qui devrait représenter presque 25 milliards d’euros en 2020[1], les entreprises sont obligées d’envisager le canal qu’est la revente avec un regard neuf.

En décembre 2019, Stella McCartney a annoncé le renouvellement de son partenariat avec la plateforme de revente de luxe The RealReal. Les acheteurs qui consignent les articles Stella McCartney avec The RealReal, reçoivent un crédit de 100$ à dépenser dans les différents points de vente de la marque britannique (physique ou en ligne).

Lier les produits de luxe à une blockchain pourrait fort probablement garantir une meilleure traçabilité, une authentification facilitée et de nouvelles opportunités d’investissement.

 

L’authenticité grâce à la Blockchain

La Blockchain peut aider à retracer la provenance des produits et améliorer la transparence de la chaîne d’approvisionnement, et donc considérablement favoriser la lutte contre la contrefaçon. L’approche consiste à créer un certificat numérique pour chaque produit qui sera enregistré sur une chaîne de blocs, avec des informations clés (origine, fabricant et propriétaires précédents).

L’industrie de l’or et des métaux précieux a très fortement investi dans cette technologie pour lutter notamment contre les « diamants du sang ». L’initiative TrustChain s’appuyant sur la blockchain d’IBM, permettra par exemple aux acheteurs de vérifier la provenance de six types de diamants et des bagues en or.

 

Ibm

Source : Ibm

On peut également l’imaginer dans le cadre du marché d’occasion des produits de luxe pour assurer aux acheteurs l’authenticité du produit revendu.

 

Pop-up stores et « pop-up hotels »

Après des décennies d’expériences en magasin soigneusement planifiées, les acteurs du luxe s’appuient de plus en plus sur des boutiques éphémères en proposant des expériences temporaires et uniques.

Prada a lancé 36 pop-up stores au cours du seul premier semestre 2019. Recueillir des données, tester de nouveaux emplacements et zones de chalandise et attirer de nouveaux clients font partie des principales raisons pour lesquelles les marques de luxe ouvrent ces boutiques temporaires. Plus important encore, les pop-up stores aident à redéfinir l’exclusivité dans le retail par rapport à l’e-commerce.

Vivre une expérience unique et toucher du doigt ces articles de luxe redonne du pouvoir au brick & mortar vis-à-vis des pure players en ligne.

Prada

Source : Prada

La mode n’a pas le monopole des concept stores ; l’industrie du voyage et du tourisme s’y intéresse également. 700’000 Heures est un acteur français de l’hôtellerie d’un nouveau genre : il parie sur des emplacements temporaires pour créer une expérience exclusive via son concept d’hôtel itinérant, ouvrant des « pop-up hotels » dans des emplacements uniques, tels que la place Vendôme, pendant six mois avant de s’installer dans un autre lieu dans le monde.

 

AI Designers

L’intelligence artificielle fait son chemin dans la mode et la haute couture car elle répond au besoin des marques de disposer d’analyses de marché pour prédire les tendances, de chatbots pour le service client, de dispositifs de marketing personnalisé, et plus encore. Par exemple, la start-up Heuritech offre la possibilité d’analyser les images et vidéos sur les réseaux sociaux pour en déduire les tendances en termes de style, de couleurs, etc.

L’an dernier, Yoox Net-a-Porter a eu recours à l’intelligence artificielle pour concevoir une collection privée. L’équipe de conception de l’e-commerçant s’est appuyée sur l’IA pour analyser les données provenant des commentaires des clients, du contenu des médias sociaux et d’autres sources d’information. Pour l’instant, l’intelligence artificielle permet aux créateurs d’utiliser une approche fondée sur les données pour la création de vêtements et d’accessoires.

L’artiste Robbie Barrat a récemment créé une collection complète de vêtements haute couture à l’aide de l’intelligence artificielle en s’inspirant et s’entraînant avec toute une collection de chez Balenciaga, pour ensuite créer sa propre collection.

Compte twitter

Source : compte twitter de Robbie Barrat

Si nous ne sommes pas si loin de voir des collections de mode entièrement conçues par l’IA, il reste à voir si les consommateurs du luxe apprécieront ce travail autant que le design généré par l’Homme.

 

Virtual goods

Une dernière tendance assez surprenante vient du marché des biens virtuels, en progression. Il pourrait représenter une réelle opportunité pour les marques de luxe puisqu’il est lié au marché très lucratif et en pleine expansion des jeux vidéo. L’application de jeu gratuite Fortnite a généré un chiffre d’affaires de plus de 300 millions de dollars en moins de sept mois après son lancement, grâce à l’achat d’applications intégrées. Un signe que les consommateurs sont prêts à potentiellement dépenser pour des tenues et des accessoires pour personnages virtuels.

Ainsi en novembre 2018, Gucci s’est associée à l’application Genies grâce à laquelle les utilisateurs créent des avatars à leur image pouvant être intégrés aux conversations sur Facebook Messenger, WhatsApp ou encore iMessage. Pour Gucci, en proposant près de 200 articles de mode pour habiller les avatars, l’application est une véritable vitrine. A terme, les utilisateurs pourront acheter en un clic les articles qu’ils voient portés par les avatars de leurs amis grâce à l’application mobile.

Genies

Source : Genies

 

Le luxe est une industrie qui possède les moyens de ses ambitions à partir du moment où elle le décide. Elle est capable de transformer son marché et redéfinir ce sentiment d’exclusivité qui fait son essence. Les nouveaux usages, expériences et technologies devront pour cela respecter le strict cadre de leurs valeurs et image de marque, ainsi que la vie privée de leurs clients. L’exclusivité est à ce prix !

[1] Berenberg Luxury Goods Report, février 2018.

 

 

Connaissez-vous les Millennials et leur façon de consommer ?

Pour commencer, savez-vous qui sont réellement les Millennials ? Il existe plusieurs interprétations possibles de ce terme. Pour faire simple, les Millennials représentent la population de personnes âgées aujourd’hui de 18 à 35 ans et correspondent au plus grand groupe démographique de clients de l’e-commerce de ces dernières années. 

Cette génération dite de « digital natives », adopte de nouveaux styles de consommation, différents de ceux de ses prédécesseurs. 80 % des Millennials découvrent des marques et des produits via leurs smartphones et 45% d’entre eux désirent acheter directement les produits via les réseaux sociaux (source : Digimind). Ces nouveaux consommateurs adoptent un comportement d’achat fortement orienté vers la personnalisation et ne sont plus forcément fidèles envers les marques.  

Impatients, volages ? Les Millennials changent drastiquement les codes du secteur de la distribution et les marques doivent s’adapter. 

 

Comment séduire les Millennials ? 

Les Millennials traversent une période de transition marquée par les conséquences des transformations technologiques qui sont de plus en plus rapprochées. Le temps s’accélère et cette génération vit avec une notion de « l’instantané ». Elle trouve avec facilité ce qu’elle souhaite sur internet, compare beaucoup et est très sensible à l’expérience utilisateur 

Ces nouveaux acheteurs obligent les entreprises du secteur de la distribution à mettre en œuvre des expériences qui leur sont spécifiquement dédiées. Très exigeantsur la compréhension de leur point de vue et leurs préférences, les Millennials souhaitent que les supports soient un maximum « responsive » et que le parcours client soit à la fois omnicanal et phygital.  

Dans le commerce physique, les marques cherchent à éliminer tous les points de friction qui affectent la fluidité du paiement. La simplicité est le maître mot du paiement digital ; en magasin, elle assurera la satisfaction du client. La dématérialisation du paiement devient un véritable enjeuL’attente des Millennials ne doit pas représenter une contrainte, au contraire, elle doit reposer sur l’unicitél’efficacité et le ludique.  

Des services digitaux peuvent venir compléter une expérience client interactive : essai de produit en réalité augmentée et personnalisation de produit à l’aide de l’intelligence artificielle permettent de savoir ce qu’il faut proposer aux consommateurs. 

Certains logiciels assemblent déjà une image soumise à un produit sélectionné sur des plateformes e-commerce, mais l’utilisation de l’intelligence artificielle reste encore marginale. Le passage total à une IA avancée se fera au travers des techniques de Deep Learning. Si les Millennials voient d’un bon œil la digitalisation et l’automatisation, il est nécessaire de veiller à conserver de l’humain dans les parcours.  

Digitaliser les points de ventes contribue à une expérience plus attractive et captivante pour cette génération ; néanmoins l’humain rassureUne des erreurs à absolument éviter serait de supprimer le contact physique lors du parcours d’achat. 

 

L’importance des réseaux sociaux 

La contribution des réseaux sociaux dans la culture d’achat des Millennials est telle que les marques s’efforcent de créer du contenu et de maintenir leur présence sur ces plateformes. Les marques sont conscientes du potentiel que cette population représente ; les « digital natives » sont une cible singulière dans le domaine du marketing. 

Par nature, Instagram est une plateforme proposant du shopping instantané depuis certains postsLe bouton d’achat redirige automatiquement vers la page de-commerce concernée, ce qui fluidifie remarquablement l’acte d’achat. Quelques clics suffisent… C’est une véritable aubaine pour les marques fédérant une grande communauté d’être en capacité de promouvoir leurs produits à une catégorie de personnes pour laquelle l’instantanéité est un facteur déclencheur.  

Ce réseau social en plein essor permis à certaines marquesnotamment lié à l’esthétisme et aux accessoiresd’adopter rapidement le module Shopping  en visant les Millennials. En quête de recherche identitaire, cette génération a une forte appétence pour les réseaux sociaux. Elle se réfère aux influenceurs et groupes d’appartenance : 92% des Millennials accordent plus de confiance aux influenceurs qu’aux publications des marques ! (source : bilan.ch 

Malgré tout, ce groupe d’individus reste difficile à cerner… Appartenir à la même génération ne suffit pas à comprendre ses habitudes d’achats. La catégorie socio-professionnelle, le niveau d’études ainsi que l’environnement sont autant de facteurs qui permettent d’analyser les trajectoires des acheteurs en ligne. Le Millennial fait aussi référence à un fantasme de la consommation et du marketing moderne. Malgré son pouvoir d’achat relativement faible, si le Millenial ne consomme pas aujourd’hui, il consommera demain : il revient aux marques de réussir à accrocher cette génération !  

L'expérience digitale du luxe : 8 best practices pour la rendre à la hauteur des attentes des Millennials

Les maisons de luxe se doivent désormais de proposer une expérience digitale moderne, à la fois en ligne (e-commerce + social media) et en boutique, tout en veillant à conserver leur image de marque et leurs codes. Finalement, l’objectif principal est de proposer une expérience sans couture, unique et novatrice. L’expérience actuellement proposée par les maisons de luxe répond à ces critères ?

La révolution digitale de ces dernières années a profondément changé le comportement des consommateurs à trois niveaux :

  • Géographique : l’internationalisation de la clientèle
  • Social : les changements des modes de consommation (achat multi-device par exemple)
  • Temporel : la modification du rapport au temps (avènement de l’instantanéité)

Le luxe et l’avènement des Millennials

D’après l’étude « Luxe & Millennials » de l’agence DISKO (2018), les Millennials représentent presque la moitié des consommateurs du luxe. Pourtant, selon eux 74% des marques de luxe ne répondent pas à leurs attentes en termes de services digitaux.

Ces attentes sont caractéristiques d’une génération ayant grandi et évolué avec les technologies que nous utilisons désormais au quotidien. Pour plus de simplicité, nous pouvons résumer ces attentes de consommation par la formule « anytime, anywhere, anydevice ».

 

Visuel expérience digitale luxe

 

Nous vous proposons ici une liste (non exhaustive) des Best practices identifiées pour répondre à ces attentes.

Les best practices pour une expérience digitale du luxe réussie :

  1. Proposer une expérience omnicanal, dans laquelle les innovations technologiques amènent de la nouveauté
  2. Jouer sur les éditions limitées et proposer l’achat instantané sur les réseaux sociaux
  3. Faire vivre les points de vente à travers des rendez-vous et des événements disponibles en ligne (ex : Live et replay des ateliers Today at Apple)
  4. Adopter une communication digitale cohérente avec la vie commerciale et événementielle des points de vente
  5. Proposer du web-to-store ET du store-to-web
  6. Repenser le rôle des conseillers de vente pour les positionner comme des relais de communication digitaux pour votre clientèle (le conseiller de vente devient un mini-influenceur qui gère son portefeuille client comme une communauté)
  7. Veiller à la cohérence esthétique du point de vente entre les outils digitaux (tablettes vendeurs, écrans…) et l’univers de la boutique
  8. Veiller au cadre légal et culturel : le rapport à la technologie varie selon les marchés

 

Pour finir, attention à « l’effet gadget » : le digital ne demeure un atout que lorsqu’il est au service de l’expérience client…

5 raisons de digitaliser ses pratiques agiles

La digitalisation est au cœur de la transformation de bon nombre d’entreprises. La méthode Agile est souvent proposée comme la solution pour y arriver car elle permet de s’adapter rapidement aux changements des besoins des clients. Pour autant lorsque l’on parle d’agilité, la première image qui nous vient en tête est de voir une équipe debout devant un grand mur avec plein de post-it. Pas si digital que cela dans les faits. 

La raison principale est souvent une mauvaise interprétation des valeurs agiles et notamment de celle-ci : « Individus et interactions plutôt que processus et outils »Il faut pourtant se dire que ce n’est pas parce que les processus et les outils sont moins importants qu’il faut les négliger. 

 

Voici donc 5 bonnes raisons de digitaliser ses pratiques agiles : 

1.On évite la perte d’exigence  

Toute personne ayant travaillé sur un projet agile en utilisant des post-it s’est déjà retrouvée à les voir tomber par terre. La personne qui le ramasse ne se souvient alors plus forcément de l’endroit où il était. Parfois, ce dernier n’est même retrouvé que tardivement car un meuble le cachait ! 

Le fait d’utiliser un outil pour stocker les exigences règle ce problème. De plus, rien n’empêche d’utiliser un écran ou un vidéoprojecteur pour effectuer les événements agiles depuis l’outil, comme le Daily Scrum. 

 

2.Le reporting au management est simplifié 

Même si la priorité en l’agilité est d’avoir un produit fonctionnel, il n’est pas possible de présenter l’ensemble des fonctionnalités d’un produit au top management. On se retrouve alors à mettre en place des indicateurs d’avancement et il faut parfois beaucoup de temps pour repasser sur l’ensemble des exigences afin de renseigner un fichier Excel avec des données à jour. 

Avec des outils comme Jira, on peut maintenant non seulement gérer du Scrum (méthode agile par excellence), mais aussi générer automatiquement des Burn Up Charts (rapports d’avancement en Scrum). 

 

3.On s’ouvre aux nouveaux modes de travail 

Nous entrons actuellement dans une aire de décentralisation avec un essor grandissant du télétravail, aussi appelé home office ou flex office.  

Même s’il est préférable qu’une équipe agile soit proche physiquement, l’agilité doit aussi s’avoir s’adapter à ces nouveaux modes de travail, et l’utilisation d’outils est un moyen de répondre à ce besoin. Il n’y a alors plus besoin de board physiqueil est alors possible de gérer l’ensemble des événements agiles en vidéo conférence. 

 

4.La collaboration sur les projets d’envergure est facilitée 

Lorsqu’un projet devient trop important, il est nécessaire de faire travailler plusieurs équipes de concert. On parle alors d’agilité à l’échelle: plusieurs Scrum teams se partagent un même backlog. 

Chacune ayant ses propres événements, la communication entre elles s’affaiblitAvoir un outil commun facilite alors l’accès aux travaux des autres équipes et incite à aller voir une équipe ayant travaillé sur un problème similaire pour trouver rapidement comment le résoudre. 

 

5.Les actions à faible valeur ajoutée sont automatisées 

Dans tout projet digital, il est nécessaire de réaliser des tâches liées au code sourceSouvent répétitives et chronophages, ces actions n’apportent aucune valeur ajoutée au produit (exemple : gestion des dépôts et des déploiements). 

Une industrialisation de l’ensemble de la chaîne de développement permet cependant de supprimer cette charge de travail et de gagner en productivité. Par exemple, en créant automatiquement une branche de travail lorsqu’un développeur prend en charge une exigence, ou en lançant le déploiement d’une version sur un environnement après la validation d’une revue de code. 

L’utilisation d’outils et de processus apporte beaucoup de bénéfices à l’agilité car cela permet à l’équipe de se concentrer sur ce qui est producteur de valeur pour le produit. De plus, ce n’est pas incompatibles avec les valeurs de l’agilité, tant que les interactions entre les individus restent la clé de voûte de tout projet.  

Dirty Lemon : les bouteilles d’eau qui s’achètent par SMS

Le Lab SQLI NY a déniché une pépite dans la foule des pure players qui se développent aux Etats-Unis. Dirty Lemon est unsociété qui commercialise des bouteilles d’eau en ligneLa marque doit son succès à la communauté d’utilisateurs qu’elle a réussi à créer et qui l’a poussée à vendre ses produits en magasin physique. Sa force : les données clients collectées pour améliorer constamment le produit et la confiance de sa communauté. Son innovation : un magasin sans hôte de vente dans lequel on paye par SMS. 

Dirty lemon 1

Créée en 2015, la société a développé ses produits comme une offre adressée directement au consommateur, sans intermédiaireChaque bouteille est actuellement vendue au prix de 10$, et la marque est plébiscitée par les clients pour son design et ses qualités naturelles. L’eau est en effet filtrée naturellement et contient du jus de citron pur ainsi que des minéraux et du sel qui proviennent de la mer.  

La clientèle se compose de 80% de femmes et 20% d’hommes âgés de 25 à 45 ans : des Millennials qui se soucient de leur bien-être. Les bouteilles n’étaient à l’origine vendues qu’en ligne via une plateforme de vente développée en interne qui permet aux clients de commander par SMS. 

 

En septembre 2018, Dirty Lemon a ouvert son premier « magasin » à New York 

Le point de vente a pour originalité de ne pas avoir recours à des employés et de proposer uniquement le paiement par SMS. 

L’enseigne propose simplement de venir chaque jour entre 8h et 20h chercher une ou plusieurs bouteilles d’eau dans l’armoire réfrigérée pouvant contenir jusqu’à 1000 bouteilles.  

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Le paiement et la gestion des commandes par SMS sont gérés par un chatbot 

Pour réussir au mieux à gérer la communication par SMS avec les clients et mieux gérer les transactionsDirty Lemon a fait l’acquisition en mai 2018 de Poncho, une pépite de l’incubateur new-yorkais Betaworks. Son bot était spécialisé dans les prévisions météorologiquesDirty Lemon l’a adapté et a recours à la PNL (programmation neurolinguistique) qu’elle a développée afin de renforcer lqualité des réponses du chatbot 

Lors de la première transaction réalisée par un nouveau client, le processus est plus long car il faut entrer les numéros de la carte. Par la suite, seul son numéro de téléphone sert à l’identifier. 

Un client peut donc acheter une bouteille en magasin sans qu’il ait besoin d’avoir quel moyen de paiement que ce soit sur lui, ni d’installer d’application mobile. Le plus basique des téléphones mobiles lui est suffisant pour procéder à cet achat. 

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Le même système est utilisé pour l’achat d’une bouteille ou de deux cartons de bouteillesL’intervention humaine n’est nécessaire que si le client pose des questions qui ne relèvent pas du paiement, ni de la logistique. Dirty Lemon dispose d’un service client live 24h / 24 et 7j / 7 partout aux États-Unis.  

Un entrepôt sera d’ailleurs ouvert au Royaume-Uni en cette fin d’année afin d’offrir le même niveau de qualité de service aux clients situés en dehors des États-Unis. 

 

La force de Dirty Lemon est de s’adapter aux clients 

A New Yorkle client est généralement sur son trajet aller ou retour domicile-travail ; il n’a donc pas de temps à perdre. Il prend une bouteille et la règle plus tard par SMS : le processus est simple et repose sur la confiance. Un numéro de téléphone est inscrit sur l’étiquette de la bouteille ; ilui suffit alors d’envoyer un texto à ce numéro afin de procéder au paiement. Il peut ainsi payer depuis n’importe oùCette solution fonctionne : dans ce magasin sans vendeur, moins de 5% des bouteilles qui sortent sont impayées. 

Dirty Lemon compte de nombreux clients à New York, et les 100.000 clients en ligne représentent une vraie communauté. Ils sont hyper connectés à la marque à travers les réseaux sociaux, et selon la marque, c’est cette relation de confiance qui permet de déployer une stratégie marketing comme celle de distribuer en point de vente. La marque fait d’ailleurs parler d’elle : Coca-Cola serait en pourparlers avec elle afin d’entrer dans son capital. 

Miser sur la confiance est un axe stratégique qui fonctionne dans le commerce actuel. Peut-elle être appliquée dans d’autres marchés et zones géographiques, tant au plan national qu’international ? 

 

Télécharger le replay du webinar retailers & marques par SQLI et Proximis

Lightning Decision Jam : l’art de révolutionner vos réunions !

Marre des réunions qui se terminent sans réelle prise de décision et qui démotivent les équipes ? Vous rêvez d’une technique d’animation efficace qui vous permette de définir des actions concrètes et viables en un temps record ? Le Lightning Decision Jam (LDJ) est LA solution ! Il vous permettra de trouver rapidement des solutions pertinentes à vos problèmes les plus significatifs. Comment ? En mettant à profit l’intelligence collective tout en écartant presque toute discussion. 

Pourquoi utiliser le Lightning Decision Jam ? 

Le LDJ peut être utilisé dans toutes les situations qui requièrent un groupe de personnes ayant pour objectif de prendre des décisions : pour résoudre des problèmes, discuter des challenges à relever ou mettre en place des actions rapides. Chaque session doit se dérouler autour d’un thème défini au préalable, qui doit être le plus large possible. Un thème trop précis limiterait la réflexion (ex : les préoccupations actuelles sur le projet X, l’optimisation de la phase de delivery). 

Le LDJ peut également devenir une routine au sein d’un projet pour régler chaque fin de semaine les problèmes rencontrés et ainsi conserver une bonne dynamique et garantir le bon moral de l’équipe. 

Un process en 8 étapes 

Imaginé par AJ&Smart, une agence de Design Sprint berlinoise, le LDJ se déroule en 8 étapes qui vont vous permettre de : 

  1. Identifier rapidement des problèmes à traiter en priorité, 
  2. Faire émerger un maximum de solutions créatives ou évidentes et définir les plus pertinentes pour la résolution des problèmes rencontrés, 
  3. Identifier les solutions ayant un maximum d’impact avec un minimum d’effort, 
  4. Décider d’actions claires et percutantes à mettre en place sur le court terme. 

Pour cela, le LDJ s’appuie sur 2 principes fondamentaux : 

  • L’expression individuelle (presque) sans discussion : les participants sont invités à exprimer leurs idées sur des post-it, individuellement et sans remise en cause par les autres participants. Cette approche peut paraître surprenante, mais les discussions sans fin et déstructurées sont la bête noire de nombreuses réunions. Elles peuvent être source de désaccords et créer des tensions au sein d’une équipe. On arrive vite dans des situations où chacun veut faire entendre sa voix, imposer son idée et la réunion se termine sans prise de décision ferme. En mettant de côté toutes ces discussions, le LDJ donne au point de vue de chaque participant un poids équivalent et évite les débats superflus et chronophages. 
  • La priorisation par un système de vote individuel : les équipes peuvent perdre leur temps à travailler sur des problèmes non prioritaires, ayant un faible impact sur la qualité du projet. Le système de vote du LDJ va donc permettre de définir les réels obstacles d’un projet. En ne traitant que les problèmes ayant reçu un maximum de votes, on peut alors se concentrer sur l’essentiel et laisser de côté les problèmes secondaires. Ce système de vote s’applique également aux solutions avancées afin de ne retenir que les plus pertinentes. 

Le choix du facilitateur 

Chaque session doit obligatoirement être animée par un facilitateur, volontaire et membre de l’équipe. Son rôle est principalement de dérouler la méthode, veiller au respect du temps alloué à chaque étape et couper court à toute discussion ou débat qui pourrait s’engager. 

La durée d’une session 

Sur beaucoup de projets, les réunions s’accumulent et leur durée s’avère souvent mal optimisée. Dans ce contexte, avoir un outil comme le LDJ devient un atout majeur. Un temps est alloué à chacune des 8 étapes, ce qui permet en 45 minutes de prendre des décisions efficaces et sans concession. 

La taille du groupe 

Pour qu’une session de LDJ ait un intérêt, il faut un éventail de contributions et d’opinions assez large. La taille minimum d’une équipe peut être de 3 personnes, mais la taille idéale est de 4 à 6 participants (maximum 8). Au-delà, la logistique pour cet exercice devient compliquée. Vous pouvez cependant l’utiliser pour des groupes beaucoup plus importants en les séparant en plusieurs petits groupes. 

Mon expérience du Lightning Decision Jam 

Après l’avoir testé avec 7 participants sur une problématique de la phase de delivery avec un client, il s’avère qu’animer une réunion où personne ne parle est assez… inattendu ! Mais le flot d’idées est sans pareil. L’avantage de pouvoir s’exprimer librement sans que personne ne vienne infirmer ce que vous avez à dire ne laisse aucune place aux non-dits. Chacun dit ce qu’il a à dire, sans filtre. De plus, le système de vote permet vraiment de mettre l’accent sur les réelles difficultés de l’équipe. Ils ont pu identifier les problèmes les plus significatifs et définir des actions concrètes à mettre en place rapidement et tout ça en 45 minutes. Le LDJ permet d’aller droit au but ! Alors n’hésitez plus et adoptez le ! 

L'usage du design circulaire : comment relever le défi du design circulaire ? 2/2

Nous avons abordé dans un premier temps l’usage du design circulaire, le concept de modèle économique et social qui, discrètement, engendre une (r)évolution sur notre façon de concevoir les produits et services. Produire de manière responsable est un défi qu’il est nécessaire de relever, y compris dans le domaine du digital. 

La pensée circulaire avant le Design 

Entreprendre ce changement de système entend adopter un mode de pensée circulaire. On soulignera ici cette pensée circulaire car elle doit être présente au niveau managérial pour être efficace. Elle rend le manager acteur du processus de décision et non le maître du processus. C’est une forme de management qui donne et qui reçoit. Il s’agit de développer une capacité à l’interaction où l’énergie vient de chacun et circule entre tous : elle veut le sens, la confiance, l’exemplarité. 

Évidemment, l’ensemble des acteurs (les actionnaires, les clients, les fournisseurs, les salariés et la société civile) sont intégrés à ce management où l’ouverture, le doute et la communication engagée sont de vertu. Ensemble, on s’applique à partager une recherche de sens commun et de lien, accepter d’émettre des doutes et de ne pas s’autocensurer dans l’analyse des risques. 

Les quatre saisons du design circulaire 

Isabelle Kocher, Directrice Générale d’ENGIE, identifie un quatuor clé ayant une forte influence sur l’écosystème de l’entreprise. C’est lui qui fait la pluie et le beau temps sur un projet collaboratif, ses rôles doivent donc être compris et pris en compte pour intégrer au mieux la méthode circulaire dans les processus de création : 

Le consommateur 

Perso 1

« L’impact d’une entreprise sur l’environnement a de plus en plus d’importance pour moi. Je n’hésite pas m’adresser directement à elle sur Twitter pour montrer du doigts ses déviances et la faire réagir. » 

Le salarié 

Perso-2 v2

« J’aime être galvanisé par mon environnement de travail et être en accord avec l’identité de l’entreprise. Si je ne suis pas en adéquation avec la raison d’être de l’entreprise, cela peut être un motif de rupture. » 

 

Le régulateur 

Perso 3

« Je veille à la bonne rédaction du dossier sur les conséquences sociales et environnementales de l’activité des entreprises. » 

 

L’investisseur 

Perso 4

« J’apprécie que l’entreprise face preuve de transparence quant à son impact global. » 

 

Ce sont ces acteurs qui doivent enclencher et mener à bien la méthode circulaire au quotidien. Si chacun d’entre eux incarne un de ces rôles par des actions récurrentes, c’est tout l’écosystème d’une entreprise qui change. 

Face à un nouvel utilisateur plus que jamais averti quant à sa consommation de produits et services digitaux, nous – orchestre de l’expérience utilisateur – devons considérer ces nouveaux comportements pour revoir nos méthodes de conception dans une démarche plus responsable.    

Alors comment faire ?  

En tant qu’acteurs du digital, adopter la vision circulaire dans nos méthodes de travail, jusque dans les services vendus, apporte des bénéfices concrets :  

  • Croire en une économie durable avec un positionnement fort et différenciant. Aujourd’hui des agences de création digitale se positionnent sur ce créneau éco-responsable et parlent d’éco-conception web pour répondre aux nouvelles problématiques des entreprises ayant un fort engagement RSE. 
  • Optimiser nos méthodes de travail en facilitant l’accessibilité, la communication et la prise de décision. 
  • Éviter aux équipes qu’un projet soit énergivore et aux consommateurs que l’utilisation produit/service soit chronophage.  

De notre côté, on pourrait relever le défi du circulaire en appliquant la pensée circulaire dès le brainstorming. Pour une recherche de concept ayant par exemple, voici les questions les questions qui doivent nous aider à démarrer : 

  • Comment pourrions-nous rendre notre produit ou service plus modulaire, adaptable ? 
  • Comment notre produit pourrait-il être inspiré par les systèmes vivants ? 
  • Comment pouvons-nous transformer notre offre de produits en un service ? 
  • Comment notre produit pourrait-il être remis à neuf au fil du temps ? 

Des méthodologies propres au design s’inscrivent d’ailleurs dans cette démarche circulaire. Le design system est un cas de régénération par lequel des équipes design et tech vont pouvoir piocher des informations lors d’un projet collaboratif. On peut le qualifier de charte graphique à laquelle on aurait ajouté des règles d’usage, de comportements, de positionnement, etc. En clair, le design system définit le design des plus petits éléments (textes, titres, formulaires) aux grilles, palettes de couleurs, blocs ou composants. 

Le design sprint, est un réel accélérateur d’innovation qui permet d’inventer et de tester de nouveaux produits en 5 jours grâce à une approche multidisciplinaire (intégrant designers et développeurs) et centrée sur l’humain. 

Télécharger l'infographie sur le design sprint

 

Au sein du pôle Expérience Design de WAX Interactive, cette méthode de Design Thinking est proposée aux clients désireux d’accélérer leur processus de création pour aboutir à un produit/service en très peu de temps. 

Design circulaire schéma

Ce que l’on doit retenir c’est qu’au de-là de faire du design circulaire, il faut dans un premier temps sensibiliser tous les acteurs de l’entreprise à une approche circulaire qui s’intègrerait dans leur quotidien. Ce fonctionnement implique donc un changement des modes de production et de consommation significatif. Cette approche représente aussi la possibilité de satisfaire les attentes des utilisateurs/consommateurs par un positionnement engagé, tout en favorisant la transition vers une économie circulaire.  

En résumé, concevoir pour des systèmes circulaires consiste à examiner la manière dont les systèmes naturel, industriel et social se déroulent, puis à découvrir des moyens de les modifier pour faciliter des résultats circulaires et régénérateurs. Dans certains cas, cela est extrêmement compliqué (le nucléaire), dans d’autres, c’est une évidence (comme pour changer notre dépendance collective à des objets jetables). Mais tous les changements de systèmes qu’on doit concevoir sont composés de la même manière : de personnes, de produits/services, de lieux et de processus. Ils peuvent tous être repensés pour maximiser les avantages et minimiser les effets négatifs. 

Alors, avons-nous toutes les conditions réunies pour appliquer ces principes et porter le design circulaire au sein de nos entreprises ?  

 

Pour aller plus loin : 

Le livre Le Design Thinking au service de l’innovation responsable
Ecrit par François Verez, Daphné Carthy, Corinne Jouanny et Xavier Pavie

L'usage du design circulaire : quand cela ne tourne plus très rond 1/2

S’intéresser à l’environnement lorsqu’on travaille dans le digital peut à priori faire sourire, mais une (r)évolution discrète fait sa percée avec le concept de design circulaire. Plus que jamais, il s’agit de dépasser le simple effet de mode ou, à l’inverse, mépriser et complètement marginaliser de l’écoresponsabilité. La protection de l’environnement doit faire partie intégrante de notre société et nous sommes tous concernés pour améliorer la situation.

La genèse du design circulaire

En 2010, avec l’aide de sa fondation, la navigatrice britannique Ellen MacArthur parlait déjà d’une économie circulaire en réponse à l’obsolescence de notre système économique.

Rappelez-vous, la Terre a vécu « à crédit » de ses ressources naturelles pendant les 5 derniers mois de l’année 2018. La navigatrice n’a de cesse d’alerter sur le mode de production et de consommation très linéaire basé sur le « Product – Consume – Dispose » en déclarant que la solution n’était pas tant de ralentir la machine et de restreindre nos modes de vie, mais de revoir le schéma tout entier.

Elle abordait alors l’idée de reconstruire notre système économique et nos business model à chaque étape de production en l’illustrant comme suit. 

« Do we buy a car, or do we buy road miles?

Should the 1st line of the manufacturer’s design brief be « we need to design a car for this assemble, or we need to be able to recover all the materials, so we can make the next car out of it »?

Do you buy a washing mashing or do you buy 3000 washes?

If you buy 3000 whashes, you can have a maching which is more reliable, better build, can be repaired and you have a relationship with the manufacturer. It works for everyone, is a different way of looking at things.

Then the business model changes, you end up with million different options for innovation, for young people – through economic, through material science – it changes the all the paradigm. »

L’entreprise IDEO s’est appuyée sur ce manifeste pour définir un guide du Design Circulaire. Son originalité réside dans la prise en compte de l’ensemble du processus de conception et de production : matériaux utilisés, business models et avenir du produit ou service, conçu dans une logique renouvelable et responsable.

Le Design Circulaire nous montre qu’une autre réflexion est possible, autour d’une méthode de conception qui reprend les codes de l’économie circulaire en cinq points :

  1. Penser régénération : le terme « régénération » décrit un processus qui restaure, renouvelle ou revitalise ses propres sources d’énergie et de matériaux en créant des systèmes durables en harmonie avec la nature.
  2. Retournement de service : notre capacité à nous réadapter et à réorienter notre pensée des produits vers les services au travers des besoins sous-jacents. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les bureaux vacants ne pourraient pas servir à des travailleurs en freelance, par de location immédiate d’espaces temporaires ? Ou encore, pourquoi les boutiques de vêtements et d’ameublement n’adoptaient pas un système de location, de retouche/réparation ou de récupération ?
  3. Décorticage : les matériaux et composants sont-ils récupérables ou réutilisables ? Est-ce économiquement viable de démonter le produit ? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ?
  4. Inspiration : c’est ici qu’on s’inspire des méthodes Agile – itération, sprint, feedback, évolution, etc. – pour les appliquer au développement de produits ou de services circulaires. 
  5. Apprendre de la nature : nous invite à nous demander comment la nature pourrait relever un défi de conception. On parle alors de biomimétisme lorsqu’on s’inspire de systèmes biologiques pour créer de nouvelles solutions circulaires et holistiques.
    Un regard en dehors de nos domaines d’activité est un excellent moyen d’inspirer le développement de nouvelles idées alors pourquoi ne pas ‘hacker’ la nature, car comme Idriss Aberkane – enseignant, conférencier et essayiste français – l’a déclaré, « la nature est le meilleur modèle de prospérité économique sur Terre ».

Cette méthode demande qu’on oublie tous les stéréotypes, les préjugés, qu’on oublie tout ce qu’on a appris à l’école, petite ou grande, où étaient privilégiées les logiques binaires et linéaires.

Des idées & des actions

Une prise de conscience tardive, mais présente

Depuis une dizaine d’années, on observe une évolution dans notre façon de consommer. L’uberisation de la société pousse à abandonner l’idée de possession de biens au profit de la location de services et de produits. On se sent moins coupable de louer un objet ou service en sachant que celui-ci est ponctuel ou éphémère.

Selon The Economist, les Millennials seraient davantage favorables à investir dans des fonds à énergies renouvelables (même s’ils sous-performent). On perçoit là une volonté de pérenniser ces énergies même si celles-ci ne rapportent pas autant que des fonds pétroliers par exemple. Mais cela nous montre bien une nouvelle vision d’avenir non plus basée sur un intérêt individuel, mais sur l’intérêt commun.

Une force dans l’individualisme

Des applications mobiles ont été conçues pour sensibiliser aux impacts écologiques. En alliant digital et mobilité, ces entreprises accompagnent les utilisateurs pour relever le défi de l’éco-responsabilité par de petites actions :

  • Astuces Ecolo : pousse des idées écologiques et une multitude de bons plans économiques et écologique pour sauver la planète tout en aidant à économiser ou même gagner de l’argent ; 
  • Eat4Good : sensibilise et aide ses utilisateurs à manger de façon plus écologique et plus équitable ; 
  • Breathe Up : application connectée à un écosystème numérique qui permet d’indiquer en temps réel les polluants contenus dans l’air respiré ;
  • 90 jours : l’assistant personnel de transition écologique qui propose une série de 20 défis pour modifier vos habitudes à son rythme.
Design circulaire visuel

Alors, comment relever le défi du design circulaire ? Rendez-vous dans deux jours pour le découvrir.