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Alimentation : que se passe-t-il du côté de la foodtech et de l’agritech en Asie ?

La croissance de la population mondiale, et en particulier de la classe moyenne dans les pays émergents en Asie, a entraîné une hausse de la demande alimentaire. Que ce soit pour améliorer la performance des cultures, optimiser l’utilisation des ressources, connecter les agriculteurs au marché, ou pour retracer le parcours des aliments, le digital s’est introduit dans la production alimentaire. Zoom sur quelques acteurs qui transforment l’une des plus anciennes activités humaines.

 

Alimentation : une nouvelle donne

La Chine et l’Inde devraient à eux deux contribuer à faire entrer un milliard de personnes supplémentaires dans la classe moyenne d’ici 2030, d’après CaixaBank Research. La classe moyenne émergente en Chine a commencé à reproduire les habitudes de consommation occidentales, faisant du pays le principal consommateur et importateur de viande actuel[1]. Face à cette demande croissante, le secteur agricole doit innover pour produire plus en évitant d’impacter la santé des consommateurs et d’épuiser les ressources. Des scandales à répétition en Chine ont également créé des opportunités de rendre le secteur alimentaire plus transparent.

 

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Par ailleurs, la population mondiale migre vers les zones urbaines (d’après les Nations Unies, les ¾ de la population mondiale vivront dans les villes d’ici 2050[2]). C’est notamment le cas en Asie ; ce phénomène rend la supply chain de plus en plus complexe pour approvisionner ces villes.

Mis en exergue avec de la fermeture de certaines frontières durant la crise du Covid-19, l’auto-suffisance est devenue un enjeu stratégique. Ainsi Singapour importe actuellement 90% de son alimentation des pays voisins. La Singapore Food Agency a annoncé son ambition de produire 30% de l’alimentation localement d’ici 2030. Le pays investit ainsi de plus en plus dans l’agriculture urbaine ou des innovations permettant de produire de la viande en laboratoire, par exemple.

 

Les fermes urbaines : silence, ça pousse

A Singapour, Edible Garden City bouscule le secteur agro-alimentaire. Cette société a créé une communauté autour de fermes urbaines et créé 200 jardins alimentaires au cours des 7 dernières années, parfois dans des lieux iconiques comme l’hôtel Marina Bay Sands. Elle a permis au concept de restaurants « de la ferme à la table » de fleurir dans le pays. Edible Garden City dispose également de sa propre ferme, qui intègre des technologies modernes, notamment un système de transformation des déchets alimentaires en fertilisants à l’aide d’insectes.12

D’autres fermes urbaines de Singapour, telles que Sky Greens et Sustenir Agriculture, ont développé des technologies de production verticale en environnement contrôlé grâce à la technologie de lumière LED. Sustenir Agriculture s’appuie sur l’intelligence artificielle pour faire le suivi de la croissance des plantes, mais aussi de l’ensemble du système agricole, des matières premières à l’ERP. La ferme produit à l’heure actuelle environ 11 tonnes de chou kale par an sur moins de 50 mètres carrés, et le double pour des légumes tels que la laitue[3]. Grâce à un environnement fermé contrôlé, les aliments poussent plus vite avec moins d’eau et produisent douze fois moins d’émissions carbones que les produits importés. En s’appuyant sur l’analyse de données, la ferme est capable d’identifier exactement comment améliorer les rendements, des nutriments dans l’eau à l’énergie utilisée pour la lumière.

 

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Le système d’éclairage par lumière LED de Sustenir Agriculture. Source : www.straitstimes.com

Connecter les agriculteurs à la demande : la technologie est dans le pré

La technologie contribue également à améliorer la productivité des fermiers en zones rurales, et à les connecter avec des clients. En Inde par exemple, plusieurs start-up ont connu une belle croissance au cours des dernières années avec un modèle de livraison « de la ferme à la fourchette ». Elles contribuent à digitaliser et rendre plus efficace la supply chain.

Par exemple, Ninjacart, fondée à Bangalore en 2015, a conçu une application qui permet aux restaurateurs et commerçants de commander des produits frais directement auprès des fermiers, éliminant ainsi les intermédiaires. La transaction est réalisée sur la plateforme, et la partie logistique (livraison et entrepôt) est ensuite gérée par Ninjacart qui prend une commission sur chaque transaction. Le service est garanti zéro-papier de A à Z. Aujourd’hui Ninjacart est capable d’assurer des livraisons depuis la ferme jusqu’au point de livraison en moins de 12 heures avec un taux d’efficacité de 99.88%. Grâce à une cinquantaine d’entrepôts, une flotte de « ninjas » livreurs, et des algorithmes pour prédire la demande, ce sont plus de 1000 tonnes de fruits et légumes qui sont livrées à 60 000 revendeurs dans 7 grandes villes d’Inde au quotidien.

Avec un confinement très strict, la plupart des marchés en ville ont dû fermer. Les revendeurs ont dû cesser leurs opérations et les fermiers qui constituent la majorité de la population active en Inde, se sont retrouvés avec des récoltes qu’ils ne pouvaient pas écouler. Ninjacart a alors lancé l’opération « Harvest The Farm » pour passer en direct du fermier au consommateur, permettant aux producteurs de couvrir leurs coûts, et écouler leurs récoltes. Le consommateur bénéficie ainsi de légumes et fruits à bon prix, et Ninjacart prend en charge le coût de la supply chain. La start-up s’est associée aux applications de livraison locales du type Deliveroo pour effectuer la livraison aux consommateurs finaux.

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La campagne de livraison de la ferme au consommateur final mise en place par Ninjacart pendant le confinement en Inde

 

Preuve de son succès, la start-up a levé en 2020 10 millions de dollars en série C financés par Flipkart, le géant du e-commerce indien, et 50 millions de dollars avec Walmart.

 

La transparence de la supply chain, ça coule de source

Suite à de nombreux scandales alimentaires, la Chine est devenue pionnière de l’innovation en matière de traçabilité de la supply chain. En 2015, le géant Alibaba lançait ses épiceries HEMA (HippoFresh) qui intègre de nombreuses nouvelles technologies, dont une innovation majeure à l’époque : chaque produit est accompagné d’un QR code qui peut être scanné pour obtenir des informations sur le produit, le fournisseur, le parcours complet du produit, ses conditions de stockage ainsi que des commentaires d’autres consommateurs, recommandations et recettes. Avec cette technologie, les consommateurs de viande par exemple peuvent connaître exactement quand l’animal est arrivé dans la ferme, quand il a été abattu, d’où il a été transporté, etc. On trouve même la plaque d’immatriculation du camion qui l’a transporté et les certificats de sécurité alimentaire.

 

> Retrouvez notre article dédié à la sécurité alimentaire et la Blockchain

 

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L’application des supermarchés d’Alibaba, Hema, permet de retracer la provenance des produits

 

Plusieurs start-up planchent également sur la traçabilité des produits en Chine en s’appuyant sur la technologie de la Blockchain. Ainsi, VeChain, spécialiste de la blockchain visant à améliorer la gestion de la supply chain, collabore avec Walmart China[4]. Sam’s Club, la chaîne de magasins réservée aux grossistes et petits commerces appartenant à Walmart, travaille sur un projet pour utiliser la blockchain de VeChain afin de retracer le parcours de 20 catégories de produits de sa marque Member’s Mark. Le packaging inclura un QR code permettant aux clients d’obtenir des informations sur la provenance des produits. VeChain, qui est basée à Singapour, a également d’autres projets en Chine, notamment pour la traçabilité du thé.

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Source : www.prnewswire.com

 

L’Asie est à l’avant-garde de la foodtech et de l’agritech pour transformer un secteur qui n’avait pas beaucoup changé depuis des milliers d’années. La crise sanitaire a accéléré encore un peu plus une tendance qui avait commencé à émerger vers une production plus locale et plus efficace, notamment dans les villes, combinant plus de transparence et une meilleure connexion entre les agriculteurs et le marché.

[1] https://www.statista.com/topics/5264/meat-industry-in-china/ [2] https://www.cnbc.com/2018/05/17/two-thirds-of-global-population-will-live-in-cities-by-2050-un-says.html [3] https://www.temasek.com.sg/en/news-and-views/stories/future/feeding-the-next-billion/keeping-city-kitchens-stocked-through-urban-farming [4] https://cryptonaute.fr/walmart-china-tourne-vers-vechain-renforcer-suivi-produits/

[Replay] Comment concilier innovation numérique et transition écologique ?

4%.
C’est ce que représente l’empreinte du numérique au niveau des émissions de gaz à effet de serre dans le monde aujourd’hui. Et ce chiffre est amené à tripler d’ici 2025 !

Alors comment concilier cette innovation numérique qui ne cesse d’accélérer et les problématiques environnementales que nous connaissons tous ?

Selon nous, le numérique et l’écologie ne sont pas incompatibles si nous entreprenons une démarche de sobriété numérique.

L’objectif de cette démarche est simple : nous amener à réduire progressivement notre impact environnemental par des actions quotidiennes qui sont en fait assez évidentes.

Nos experts Stephen Demange et Véronique Tillaud vous dressent dans ce webinar un panorama de la situation numérique actuelle ainsi que de nos pistes d’amélioration pour entrer dans un modèle plus soutenable et plus pérenne.

 

Téléchargez le replay sur l'innovation numérique et la transition écologique

Retail en temps de crise : embrassons pleinement les innovations technologiques !

La pandémie COVID-19 encore d’actualité a soudainement amorcé un changement majeur et durable de nos habitudes de consommation. Après une première vague aux lourdes conséquences pour les commerces et un nouvel épisode de fermeture d’établissements, quelles sont les leçons à tirer pour assurer la continuité des activités de retail ? 

Face à des consommateurs inquiets pour leur santécertains étant frileux quant au retour en magasin mais toujours plus connectés, les commerces cherchent à continuer à engager leur clientèle. Les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle, sont devenues des outilouvrant de nombreuses opportunitésEn France, depuis le début de la pandémie, le temps moyen de navigation sur Internet a bondi de 32% (Kameleoon, 2020), tandis que les ventes e-Commerce de produits ont augmenté de 45,7% par rapport à la même période en 2019 (Fevad, 2020). 

Fluidifier le parcours client en offrant une expérience toujours plus lisse afin de casser les dernières barrières entre le commerce physique et le commerce digital est une priorité absolue. Pour preuve, les enseignes omnicanal ont connu une croissance de… 126% ! (Fevad, 2020) 

L’intelligence artificielle conquiert déjà le secteur de l’e-commerce et du retail, avec l’amélioration de l’expérience client comme fer de lanceL’IA et la multiplication des données ouvrent un éventail de possibilitéquasiment illimité pour déployer de nouveaux services et rendre l’expérience encore plus immersiveagréable et personnalisée pour les consommateurs : un atout nonnégligeable en situation de confinement.    

 

Personnaliser pour mieux fidéliser

La personnalisation est encore une terre à explorer : 57% des utilisateurs se disent déçus de la réponse des marques en termes de personnalisation et seulement 25% indiquent que les enseignes leur offrent une expérience digitale correspondant à leurs besoins (Kameleoon, 2020). Un client (confiné ou non), qui passe plus de temps en ligne est aussi un client plus exposé à la concurrence
Dans le contexte actuelune personnalisation efficace est primordiale pour continuer à toucher pertinemment ses clients et les fidéliser.   

L’IA nous permet d’adresser cet enjeu en proposant la segmentation très fine des profils, en croisant des ensembles de données issues de différentesources et l’historique des interactions que le client a pu avoir avec la marque. À l’heure où les utilisateurs sont plus présents en ligne qu’en magasin, il est important de pouvoir les capter avec une offre pertinente : les algorithmes se révèlent capables d’envoyer le bon message, au bon moment, à travers le bon canal, et ainsi maximiser les chances de conversion.  

La personnalisation intervient aussi à travers la recommandation de produits afin de fournir un catalogue unique à l’utilisateur comme savent le faire Cdiscount ou la FNAC. Des recommandations qui seront au plus proche de leurs centres d’intérêts et de leurs attentes, les engageant encore plus avec la marque.  

Retrouvez d’autres exemples notre article dédié à l’hyper-personnalisation de l’expérience 

 

Conserver une interaction grâce aux chatbots

Le chatbot offre un service rapide et réactif de questionsréponses avec l’utilisateur. Il analyse et interprète la question pour apporter une solution adaptée et automatisée au client, répondant à un besoin d’autonomie et d’immédiateté de l’internaute, tout en déchargeant le service client, généralement extrêmement sollicité en ces temps de crise.  

Certains chatbots proposent une tout autre approche, notamment dans le secteur du soin et de la beauté. Les enseignes s’enquièrent (via Facebook Messenger et autres outils de messagerie instantanée) des routines matinales des internautes afin de leur proposer des produits adaptés à leurs besoins comme savent le faire L‘Oréal ou Sephora. Pendant le confinement, nous avons tous développé de nouvelles habitudes et nouveaux hobbies. Les enseignes ont naturellement besoin de comprendre ces comportements inédits grâce à un service comme celui-ci, qui leur permet de répondre à une demande changeante, tout en montrant au consommateur qu’il est écouté, renforçant ainsi son sentiment d’engagement avec la marque.   

Si un chatbot est une solution toute trouvée, voici nos conseils pour en évaluer la pertinence pour votre projet 

 

La réalité augmentée pour se projeter et gommer les freins à l’achat

Si les achats en ligne se posent comme une alternative appréciable, ils soulèvent également des inconvénients, comme ne pas pouvoir manipuler ou essayer le produit pour s’assurer de sa taille par exemple. Ces facteurs décisifs peuvent freiner un achat.  

Si les Galeries Lafayette ont instauré un service de personal shopper par visio, d’autres marques  proposent des services de « V-commerce » (V pour virtuel), tel que la cabine d’essayage virtuellevéritable outil de décision à distance. La start-up française Veertus offre une PWA depuis le mois de mai, avec laquelle un utilisateur d’essayer virtuellement différentes tenues. L’application Chrono24 quant à elle, permet aux utilisateurs d’essayer virtuellement une montre depuis leur domicile, grâce à un système de réalité augmentée, tout comme Afflelou qui propose le même service pour les montures de lunettes. 

> Nos experts en innovation avaient d’ailleurs repéré une solution de boutique virtuelle proposée par Nespresso lors du CES 2020. Et si vous vous replongiez dans leurs meilleures découvertes ? 

 

Malgré l’impact certain de la pandémie pour les acteurs du retailla crise aura tout de même servi à exposer leurs failles. Elle pousse à embrasser pleinement l’innovation pour construire des services plus malléables, plus connectés, qui augmentent l’engagement auprès des clients, enrichissent leur expérience et gomment les obstacles en l’absence de lien physique pendant ces temps d’incertitude. 

Le design éthique, pour un design respectueux de l’Homme et de la nature

Les questions environnementales sont largement débattues dans la sphère publique et sont devenues de forts enjeux politiques et économiques. Les citoyens, en particulier les plus jeunes d’entre nous, sont également plus soucieux des conditions de production et du caractère équitable des transactions. Dans le monde du digital, les marques doivent s’y adapter. Le design éthique vient alors comme une évidence.

L’éclosion de logos verts ne suffit plus à convaincre le consommateur. Le virage vert ou plutôt durable, englobant les problématiques environnementales et sociales, s’est invité dans de nombreux pans de l’économie (énergie, transport, mode et habillement, agro-alimentaire).

Comment les professionnels du digital peuvent-ils accompagner les marques vers une conception de sites et d’applications qui soit plus éthique et ainsi les aider à répondre à cette demande grandissante de la part des consommateurs ?

Si la finalité éthique des projets ou l’inclusive design en font partie, il est aussi et surtout possible d’engager une approche éthique par et dans sa pratique, à la fois plus respectueuse de l’Homme et de son environnement. Les 3 orientations suivantes pourront guider alors cette pratique : la transparence, le design attentionnel, le design durable.

 

La transparence

Dans le design éthique, les messages à destination de l’utilisateur ne doivent souffrir d’aucune ambiguïté dans les motivations sous-jacentes ou la véracité des informations. Les objets de l’interface (bouton d’action, étapier) et leur dénomination sont là pour aider l’utilisateur à faire son choix et à anticiper le résultat de ses actions.

Parmi les dérives, le greenwashing est à la mode. Certaines firmes se refont une virginité à coup de pantone vert et de mise en perspective flatteuse de leurs dernières actions en matière de développement durable ou de commerce éthique, parfois factuellement anecdotiques. Si des actions d’envergure ont effectivement été engagées, les communications seront d’autant plus percutantes et convaincantes qu’elles seront agrémentées des sources qui permettront à l’utilisateur de vérifier par lui-même les garanties données. Dans le secteur de l’habillement (une des industries les plus polluantes et les moins regardantes en matière de conditions de travail), même les grandes firmes de la « fast-fashion » développent des collections écoresponsables et affichent un code de conduite dans le choix et l’audit de leurs sous-traitants, mis en exergue dans leurs sites web. Pour mesurer le chemin parcouru, citons l’application « Good on You » qui attribue un score à ces marques en fonction du respect de 3 critères que sont : les conditions de travail, le respect de l’environnement et enfin le bien-être animal.

Même si les cases à cocher sélectionnées par défaut et au détriment du porte-monnaie ont été combattues par la législation, nous ne sommes pas non plus à l’abri des « dark patterns »[1]. Certains concepteurs maîtrisent les lois de la perception pour les détourner vers leurs sombres designs/desseins. Quiconque a déjà ferraillé pour fermer un pop-up promotionnel, cherché désespéramment le numéro du service client ou été dissuadé par une police infra-lisible a bien été frappé par un dark pattern ! Tout l’inverse d’un design éthique et transparent.

 

Design attentionnel

Les ressources naturelles sont limitées, il en va de même de nos ressources attentionnelles.

Tout praticien UX a à cœur de minimiser la charge cognitive de l’utilisateur final pour lui faciliter littéralement la tâche. Avec le design attentionnel, il s’agit d’aller au-delà car notre utilisateur évolue dans un espace saturé en informations et où il est bombardé de notifications. On économisera son attention en lui offrant :

  • Le service opportun ;
  • La bonne information au bon endroit au bon moment, ou qui se déploiera progressivement et à son initiative ;
  • Une aide à la déconnexion ;
  • Les statuts « occupé » ou « incognito » sur les réseaux sociaux.

Des concepteurs ont par exemple fait le jeu des 7 fonctionnalités pour un Facebook plus éthique[2]. Parmi les idées proposées : des indicateurs de temps passé ; le regroupement, le filtrage ou la « mutification » temporaire des notifications ; l’intégration des niveaux de disponibilité au sein de la messagerie instantanée.

Enfin, le design graphique a bien entendu sa touche à apporter pour des interfaces (UI) plus sereines et visuellement apaisées lorsqu’il se revendique flat ou minimaliste.

L’esprit minimaliste possède, en outre, la vertu d’être soluble dans le design durable.

 

Design durable

Un design durable au sens environnemental du terme cherche à optimiser l’usage des ressources, notamment énergétiques. Un site bien référencé (plus besoin d’écumer les internets et faire chauffer les serveurs pour l’atteindre), avec une information bien architecturée donc facilement et rapidement accessible est un premier effort vers le design durable. Les professionnels de l’UX et UI sauront également alléger le poids des pages en n’apportant que les contenus nécessaires et en optimisant images et photos.

L’exercice du mobile-first peut, à ce titre, être repris au profit du design durable.

De même que les concepteurs sont en mesure de proposer un site dont les contenus s’adapteront aux différents terminaux utilisés à commencer par le mobile, ils peuvent décliner ces mêmes pages en fond clair et fond sombre (Dark Mode) et laisser à l’utilisateur le choix d’opter aisément pour l’un ou l’autre. Le Dark Mode (qui fait son retour en force parmi les dernières tendances du design) est à privilégier pour atténuer la fatigue oculaire lorsque la luminosité est basse et pour atténuer l’épuisement des batteries.

Ces bonnes pratiques de conception une fois respectées par les professionnels de l’UX et de UI, il reviendra aux équipes de développement de poursuivre la chaîne du design durable en produisant un code « propre », à rechargement rapide. Enfin, si le site est hébergé par une compagnie dont les serveurs carburent aux énergies vertes, voilà un pas de plus pour la planète.

[1] https://uxplanet.org/design-ethics-vs-dark-side-ux-15a703870ec6

[2] https ://uxstudioteam.com/ux-blog/ethical-design/

Facilitation graphique : la parole attrapée au vol

Aujourd’hui plus qu’hier, dans un flux continu d’entrants, nous avons besoin de fixer l’information qui nous concerne. Dans l’environnement qui est aujourd’hui le nôtre, les organisations au travail sont mises à rude épreuve. Et notre attention s’envole à la moindre fenêtre ouverte (Slack, Zoom, Teams, …). Une méthode pour pallier cette faille (en plus de filtrer et fermer les canaux parasites) s’appelle la facilitation graphique : des notes augmentées de dessins ! Ça paraît tellement simple que c’en est suspect.

Facilitation 1

Or les résultats sont là : un dessin est mémorisé 3 fois plus rapidement que du texte. Produire soi-même des dessins augmente également cet effet sans qu’il soit nécessaire qu’ils soient « bien faits » (cf Réf. #1). En utilisant les canaux auxquels notre cerveau répond le mieux, l’attention est captée.

 

La facilitation graphique est en fait un nom de famille

Elle peut se diviser ainsi :

  • Le scribing ou Visual recording consiste à capter de l’oral pour en tirer une expression écrite et dessinée en public

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  • Le sketchnoting (les Québécois parleront de croquinoter) c’est augmenter ses notes textes de dessins, de manière individuelle

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  • La modélisation vise à reprendre des données déjà connues et de les structurer dans un document manuscrit et dessiné
  • Le parler-dessiner consiste à se produire à l’oral en sketchnotant en même temps

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Oui mais vraiment, pour quoi faire ?

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Nous avons à notre palette déjà tant d’outils : des réunions, des ateliers, des présentations, des conférences, des workshops parfois.

Mettre en œuvre de la facilitation graphique est à part. La complexité des idées à exprimer nécessite d’inventer autre chose, et de revenir à une certaine base. Nous avons tous souffert de ces réunions interminables où trop de détails étaient donnés au mauvais moment. De ces ateliers où sous couvert de susciter la participation, des paquets entiers de post-it ont été collés aux murs, où la lecture fastidieuse de rapports pourtant écrits consciencieusement aurait pu être évités. Aucun des émetteurs de ces informations n’ont souhaité ces résultats.

La facilitation graphique propose une approche à la fois ludique et structurante qui permet d’activer les canaux auxquels notre cerveau répond le mieux, pour capter l’attention et susciter la réflexion. La participation et la mémorisation des éléments présentés viennent tout naturellement ensuite.

L’universalité de l’usage en fait également sa force : inutile d’être un De Vinci pour pratiquer. Le niveau de dessin d’un enfant de 5 ans est bien suffisant. J’ai peu rencontré (sinon pas !) de facilitants qui étaient designers comme moi, ils sont coach agiles, PO, développeurs, UX concepteurs, etc. Le passage à l’acte peut tout de même faire peur : pour ma part et en tant que designer graphique, être indulgent avec soi et lâcher prise sur sa production ont été les principales barrières que j’ai dû surmonter. Le reste n’est qu’entraînement et structure : en sachant écrire lisiblement, en sachant tracer des formes simples et structurantes, et en pratiquant l’écoute active, le plus dur est fait.

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L’un des piliers de la facilitation graphique est la capacité à raconter des histoires : et en pratiquant, on se rend compte que tout peut être prétexte à ça : une histoire possède un début, des étapes, et une fin. La manière dont nous structurons nos discours, nos prises de paroles, nos exposés ne fonctionne pas différemment. En repérant une hiérarchie implicite de tout discours structuré, coller des images simples dessus est un jeu d’enfant.

Le support physique qui en résulte redevient précieux, ludique, organique et enthousiasmant (et peut être transmis et réexpliqué).

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(cf. Réf. #2 #3 #4 #5 #6).

Références

#1 Association for Psychological Science (APS). (2018). For Learning, Drawing a Picture May Really Be Worth a Thousand Words. Repéré en ligne sur le site de l’APS à www.psychologicalscience.org/publications/observer/obsonline/for-learning-drawing-a-picture-may-really-be-worth-a-thousand-words.html

#2 @romaincouturier

#3 @Jan_Gunter

#4 @UnPictoParJour

#5 playability_de

#6 beingvisualwithadam.mystrikingly.com

Pinterest : un atout pour toutes les marques

Envie d’organiser le plus incroyable des enterrements de vie de jeune fille, de réaménager votre intérieur au top des tendances déco ou de trouver l’inspiration pour le repas du soir ? Pinterest est la plateforme qu’il vous faut. Et celle qu’il faut à votre marque, aussi.

Les utilisateurs de Pinterest sont toujours activement à la recherche d’idées, d’inspiration et de solutions. En tant que marque, il vous suffit d’être présent au bon endroit, au bon moment. Inspirez les visiteurs en leur donnant des idées. Ne cherchez pas à promouvoir votre produit à tout prix, montrez plutôt des façons originales de l’utiliser.

En Belgique par exemple, plus d’un million de visiteurs uniques parcourent Pinterest chaque mois en quête d’inspiration pour le quotidien, pour un moment donné ou pour une grande occasion.

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Les utilisateurs de Pinterest, tournés vers l’avenir

Les visiteurs vont sur Pinterest avec une idée précise en tête. Ils viennent chercher de manière active ce qu’ils vont acheter ou réaliser. Qu’ils achètent une maison ou qu’ils souhaitent la redécorer, Pinterest les accompagne pour le choix du mobilier, l’agencement de leur buanderie ou encore la création d’objets ludiques pour la chambre de leur enfant. En d’autres termes, les utilisateurs de Pinterest sont tournés vers l’avenir.

 

Une forme de publicité discrète

C’est un fait : de nos jours, la publicité dérange. Sur Facebook par exemple, une publicité sponsorisée est facilement reconnaissable. À l’inverse, Pinterest vous permet de promouvoir vos produits en toute discrétion. Même les épingles organiques génèrent des ventes.

Une épingle est une image, une vidéo ou un carrousel, assortie d’une description, d’un titre et d’une URL. Une épingle sur Pinterest est comparable à un tweet sur Twitter.

75 % des épingles proviennent de marques, et 50 % des utilisateurs ne se rendent même pas compte qu’ils regardent des publicités. Toutes les annonces ne sont pas boostées. On peut comparer ce système au SEO sur Google. Si le titre et la description de votre épingle sont accrocheurs et que le mot clé recherché correspond à votre épingle, celle-ci apparaîtra dans les résultats de la recherche.

 

L’outil idéal pour une campagne organique

Créez des tableaux, ajoutez une description et une catégorie et classez-y vos épingles. Si vous placez votre produit dans la bonne catégorie, les utilisateurs tomberont dessus de manière organique. S’ils aiment ce qu’ils voient, ils cliqueront sur l’épingle et atterriront ainsi sur votre site. C’est aussi simple que ça.

Par exemple, imaginons que vous vendiez des boutons de manchette personnalisés. Vous pouvez créer un tableau avec quelques-uns de vos produits et le placer dans la catégorie « mariages ». Quand des utilisateurs chercheront un « cadeau de mariage », ils tomberont sur votre épingle.

Une de mes collègues tient un blog culinaire, Hap en Tap, et elle ne crée que des épingles organiques pour ses recettes. Elle totalise 476 000 visiteurs uniques par mois et enregistre près de 2 millions d’impressions par mois sur la plateforme. Publier du contenu organique sur Pinterest attire en outre beaucoup de trafic vers votre site. Ainsi, le site Hap en Tap comptabilise en moyenne 500 000 visiteurs par an. Pas moins de 43 % de ce trafic provient de Pinterest, son plus grand générateur de visites. Comme vous le voyez, une petite entreprise disposant de peu de ressources peut parcourir beaucoup de chemin grâce à du contenu organique de qualité.

 

L’allié idéal des marques peu connues

Si vous êtes une petite structure, créez d’abord des épingles organiques et des tableaux afin d’observer les interactions avec votre contenu. Vous pourrez passer plus tard aux épingles sponsorisées. Commencez petit ou mettez en place une campagne sophistiquée – le choix vous appartient.

Imaginons que vous représentez une marque de cosmétiques et que vous avez une gamme d’eyeliners. Vous pourriez partager des images de vos eyeliners accompagnées d’une description de leurs caractéristiques, et publier ces épingles de manière organique. Vous pouvez aussi créer plusieurs infographies, par exemple sur le meilleur eyeliner selon la forme des yeux, ou réaliser des vidéos explicatives montrant comment tracer un trait parfait. L’étape suivante consiste à analyser la façon dont les utilisateurs interagissent avec votre contenu. Ainsi, quand vous lancerez un nouveau produit, vous pourrez élaborer une campagne adaptée en appliquant un entonnoir de vente.

Admettons maintenant que vous vouliez promouvoir un nouveau rouge à lèvres. Grâce à votre campagne organique sur les eyeliners, vous savez désormais que les vidéos explicatives génèrent de nombreuses vues. Vous pourriez alors commencer par montrer aux personnes intéressées par le maquillage une vidéo expliquant comment appliquer parfaitement du rouge à lèvres. Ensuite, vous pourriez recibler les spectateurs de la vidéo, ainsi que les personnes qui ont déjà interagi avec votre contenu organique grâce à une épingle rouge à lèvres. Ces personnes ayant déjà interagi avec votre contenu, vous savez que la conversion sera d’autant plus facile avec elles.

 

Choisir les bonnes cibles : un jeu d’enfant

Il est facile d’atteindre votre public cible au moment de mettre en place une campagne sponsorisée. En effet, vous pouvez sélectionner le public de votre annonce sur base de ses intérêts ou de certains mots clés. Les mots clés correspondent aux termes recherchés par les internautes sur Pinterest. La taille du public visé dépendra de vos objectifs. Notez que les utilisateurs les plus actifs sur Pinterest ont entre 25 et 49 ans.

Comme nous l’avons dit, quand vous mettez en place une campagne sponsorisée sur Pinterest, vous pouvez cibler le public sur la base de ses intérêts ou de certains mots clés. Si vous êtes fleuriste par exemple, vous pouvez cibler les personnes montrant de l’intérêt pour les fleurs, les compositions florales d’intérieur, les bouquets de mariage, etc., ou employer des mots clés tels que « décoration florale », « fleurs d’intérieur », « DIY déco florale »…

Bien entendu, tout dépend du contenu et de l’objectif de votre campagne. N’hésitez pas à effectuer des tests A/B afin de déterminer la meilleure stratégie pour votre marque. Imaginons que notre fleuriste réalise une vidéo explicative montrant comment créer une décoration florale de table. Il peut mettre en place deux campagnes : dans la campagne A, il cible les personnes intéressées par les aménagements floraux d’intérieur. Dans la campagne B, il cible les mots clés « DIY décoration florale », « tutoriel décoration florale », etc. Ensuite, il regarde quelle méthode fonctionne le mieux.

Pinterest vous donne l’opportunité d’atteindre des leads discrètement, au moment où ceux-ci recherchent activement des idées. En outre, être présent sur plusieurs plateformes vous aide également à accroître votre notoriété de marque. De simples épingles organiques peuvent suffire à faire la différence.

Découvrez comment les utilisateurs interagissent avec votre contenu et faites des tests A/B si nécessaire. Développez votre compte et trouvez la meilleure stratégie pour votre marque. Si vous décidez de vous lancer sur Pinterest, veillez à adapter votre contenu à cette plateforme. Nous l’avons dit, son avantage réside dans le fait que les visiteurs ne réalisent pas que le contenu qu’ils regardent a été créé par des marques. Commencez par créer un compte et remplissez votre feed de contenus adaptés à l’identité de votre marque. Bonne chance !

Live streaming et social commerce : les nouveaux usages e-Commerce en Asie

Depuis quelques années, deux tendances se développent particulièrement dans toute l’Asie : le live streaming et le social commerce. Elles s’appuient sur la forte présence des consommateurs sur les réseaux sociaux, l’appétit de la population pour la vidéo en temps réel et les services de paiement mobiles, en plus de l’ancrage de l’achat en ligne dans les habitudes.

 

Le live streaming : une mode très prisée des Millennials d’Asie

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Capture d’écran du live streaming de BMW en Chine en début d’année 2020 via Taobao Live

Depuis 2016, le live streaming est entré dans les usages des Millennials en Chine. Les Chinois raffolent des vidéos de chanteurs amateurs ou de célébrités partageant leur quotidien, et sont même prêts à leur envoyer des « cadeaux virtuels » qui peuvent être échangés contre du cash. Surfant sur cette vague, Alibaba diffuse pour la première fois un défilé de mode « See Now, Buy Now » lors du Singles Day 2017, son festival de shopping annuel qui réalise aujourd’hui des ventes allant bien au-delà du Black Friday. L’émission diffusée en live streaming permettait aux consommateurs d’acheter les dernières créations de 80 marques incluant Adidas, Burberry et Gap, qu’ils voyaient à l’écran sur la plateforme Tmall en temps réel. Depuis, le « live shopping » ne cesse de croître. La pandémie a donné un coup d’accélérateur majeur à cette tendance, même pour des acteurs jusqu’alors peu incités à vendre en ligne : fermiers, joailliers, vendeurs de voitures de sport ou de propriétés immobilières…

Le live streaming présente des avantages évidents : le marchand peut présenter son ou ses produits par vidéo, répondre aux questions des consommateurs en direct et même effectuer des promotions pour encourager ses derniers à acheter les produits en direct. C’est aussi une façon de vivre l’expérience de la marque à distance et de rassurer les consommateurs sur la qualité et l’authenticité des produits.

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Une influenceuse s’enregistre dans les locaux de l’entreprise Hifan Multi-Channel Network en Chine

L’influence des KOL en Asie

Bien avant la démocratisation du live streaming visible aujourd’hui en Chine, ce sont les Key Opinions Leaders (KOL), ou influenceurs, qui dominaient la vente en direct. En Asie, et surtout en Chine, les KOL jouent un rôle majeur dans le marketing digital. 60% des consommateurs chinois seraient prêts à acheter un produit marketé par un KOL qu’ils suivent contre 49% aux Etats-Unis et 38% au Japon[1]. Une des raisons principales réside dans leur sentiment d’insécurité face à la multitude d’arnaques, contrefaçons et entreprises fictives présentes dans le pays. Grâce aux KOL, les consommateurs chinois sont rassurés et plus à même d’acheter d’une nouvelle marque inconnue.

C’est ce qui a permis à des marques chinoises telles que Perfect Diary de se faire une place aux côtés de MAC, Maybelline et Dior en à peine trois ans. La marque, qui s’appuie fortement sur une stratégie de social commerce, a été la première à utiliser la nouvelle fonctionnalité de live streaming lancée par WeChat pendant le confinement. D’après WeChat, le nombre de ses visiteurs aurait été multiplié par dix, et son taux de conversion serait trois fois supérieur aux autres plateformes.

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Live streaming de Perfect Diary sur un mini-programme WeChat Live Streaming (Source: MarketingToChina)

Alibaba accélère l’adoption du live streaming par les marques

Derrière cette tendance du live streaming, ce sont les géants de l’e-Commerce qui tirent les ficelles. Taobao Live, la plateforme de live streaming du géant Alibaba, a enregistré en janvier 2020 une augmentation de 110% des sessions live des marchands de sa plateforme comparé à la même période l’an dernier.

Suite à l’épidémie du Covid-19, dans une optique d’accélération de l’implication des marques, et autres acteurs tels que des fermiers, Taobao a ouvert en février ses services digitaux à un plus grand nombre de marchands en allégeant ses pré-requis et en supprimant certains frais. L’adoption de la vente en ligne par de nouveaux acteurs a donné lieu à une hausse de 719% du nombre d’utilisateurs utilisant le live streaming pour la première fois entre janvier et février 2020 sur Taobao[2]. En mars 2020, le principal rival d’Alibaba, Tencent, a lancé officiellement la fonctionnalité de live streaming sur sa plateforme, tandis que son concurrent JD.com, le deuxième géant de l’e-Commerce en Chine, a annoncé un investissement de 10 millions de dollars dans le développement de sa propre plateforme live. D’autres plateformes chinoises comme Huya et Douyu, dédiées au live streaming de jeux vidéo, ont également senti l’opportunité et ont implémenté une option shopping à leurs plateformes respectives.

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Brochure du centre commercial Shanghai New World pour son événement en live streaming d’avril 2020, qui vise à “redonner le sourire” à ses consommateurs.

Digitalisation des marchands pendant le confinement

Pendant le confinement, de nombreux événements de live streaming ont été lancés par les marchands afin de maintenir la fidélité des clients à distance. Par exemple, Shanghai New World, un centre commercial haut de gamme de Shanghai, a lancé un événement live sur 3 jours, au cours desquels les différentes marques présentes dans son établissement ont pu présenter leurs produits aux 130 000 clients connectés.

Certains marchands, jusqu’alors réticents à vendre en ligne, en ont profité pour effectuer leur transition numérique. Ideal, une bijouterie traditionnelle chinoise, a effectué sa transition après 18 ans de commerce physique traditionnel en utilisant ses employés comme KOL. La marque encourage une vente agressive en live streaming en offrant aux employés des commissions de 10% à 50%, contre à 3% en boutique.

Expansion en Asie du Sud-Est

Alibaba tente de pousser le live streaming dans le reste de l’Asie du Sud-Est via la plateforme Lazada (l’équivalent d’Amazon dans la région), dans laquelle il investit depuis 2016. Alibaba avait lancé plusieurs émissions de live streaming dans la région lors de ses derniers Singles Day. En avril 2019, Lazada a annoncé offrir gratuitement 5000 heures live de divertissement-shopping pour soutenir les Indonésiens pendant le ramadan.

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Lazada propose des émissions de Live Streaming en Asie du Sud-Est

Le social commerce : des achats en communauté

Plus de 70% de la génération Z chinoise préfère acheter des produits directement sur les réseaux sociaux, tandis que la moyenne mondiale est de 44%[3]. De nombreuses applications innovantes ont par conséquent choisi de surfer sur cette tendance et proposent des services e-Commerce axés sur la collaboration sociale : se regrouper avec des amis pour obtenir des promotions, s’échanger des avis, des conseils… En ajoutant l’élément social, ces applications engagent d’autant plus le consommateur dont la confiance en son groupe social contribue à diminuer les craintes et à augmenter les ventes.

Les marques s’appuient principalement sur WeChat, l’application sociale n°1 en Chine, pour surfer sur cette tendance. Elles créent des mini-apps dans WeChat, qui leur permettent d’utiliser des fonctionnalités de partage social. C’est grâce à WeChat que Perfect Diary est devenue la troisième marque de cosmétique en Chine en seulement trois ans. La marque a créé un personnage virtuel, Xiao Wanzi, qui ressemble au profil cible de la marque et joue le rôle d’une conseillère beauté et amie. Xiao Wanzi invite les utilisateurs à entrer dans des groupes privés WeChat, à travers lesquels la marque peut communiquer avec eux, librement et gratuitement. La marque compte des centaines de groupes privés et chaque groupe est géré par un manager, qui offre des services exclusifs au groupe.

Focus sur 3 applications de social commerce qui ont le vent en poupe

  • RED : shopping façon Pinterest

L’application Xiaohongshu, ou RED, permet aux utilisateurs de poster des photos ou vidéos des revues de produits. RED Mall, sa plateforme e-Commerce, permet la vente de produits internationaux aux utilisateurs chinois. L’application comptait 300 millions d’utilisateurs en 2019.

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Capture d’écran de l’app RED

  • Pinduoduo : promotions entre amis

Pinduoduo est devenue la troisième plateforme chinoise d’e-Commerce juste après Alibaba et JD.com, grâce à ses prix compétitifs, rendus possible grâce à ses fonctions de partage social. Pinduoduo encourage ses utilisateurs à former des groupes d’achat dans le but d’obtenir des promotions sur des catégories de produits allant de l’alimentaire à la mode. Suite à la crise économique engendrée par la pandémie, la plateforme a encore gagné du terrain. Son taux de pénétration se serait renforcé de janvier à mars 2020.

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  • Chilibeli : Livraisons groupées en Indonésie

Lancée l’an dernier à Jakarta, l’application Chilibeli encourage un commerce collaboratif en connectant les fermiers, logisticiens et consommateurs. Des « agents » (principalement des mères de famille) font le choix de créer un groupe sur la plateforme dans lequel sont ajoutés leurs amis. La commande est ensuite livrée pour le groupe à l’agent qui s’occupe d’effectuer la distribution du dernier kilomètre. La start-up vient de recevoir un investissement de 10 millions de dollars et dit connaître une croissance de 150% chaque mois.

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App Chilibeli – Google Play

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Le live streaming et le commerce social offrent une interaction de plus en plus directe entre les marques et les consommateurs, rassurant ces derniers sur la qualité des produits, et leur permettant d’effectuer des achats rapides et efficaces, sans déplacement. Ces usages ont été accélérés par le confinement, poussant même des marchands très attachés au commerce physique, sur des gammes de produits plus difficiles à vendre sur internet, à effectuer leur transition numérique afin de maintenir un lien avec les clients. De même, les populations de plus de 40 ans ont fortement contribué à la croissance du live streaming pendant le confinement. 50% des achats en live streaming viennent de cette tranche d’âge sur certaines applications[4]. Il est donc fort probable que ces usages vont progressivement gagner du terrain en Europe également, auprès des Millennials et la génération Z.

[1] Rapport « China’s Smart Retailing Pays Off », A.T. Kearney et Tencent Research Institute*

[2] https://www.abacusnews.com/tech/shopping-live-streaming-apps-booming-china-thanks-covid-19-pandemic/article/3077962

[3] https://www.warc.com/newsandopinion/news/chinas_gen_z_relies_on_social_media_for_shopping/39204

[4] https://www.ww01.net/en/archives/40314

Quand Google va à la chasse, Amazon prend sa place

La concurrence s’intensifie, même pour Google, le moteur de recherche autrefois indiscutablement numéro un. Quand on parle de l’entreprise californienne, on pense généralement « moteur de recherche ». Un moteur de recherche qui fait tellement partie intégrante de notre quotidien qu’il en est même devenu un verbe : qui n’a jamais parlé de « googler » ?

Mais soyons honnêtes. Ça fait longtemps que Google n’est plus qu’un simple moteur de recherche. C’est désormais une société de publicité, menacée par des concurrents redoutables comme Amazon à l’ouest et Tmall et Baidu à l’est. Aujourd’hui, aux États-Unis, les recherches de produits se font plus sur Amazon que sur Google. Il y a quelques semaines, Facebook a à son tour annoncé lancer un nouveau service, Facebook Shops ciblant les petites entreprises en difficulté.

Google s’est longtemps efforcé de développer de nouveaux secteurs d’activité qui ne faisaient pas partie de son portfolio initial : Google Plus, Google Car, Google Glass ou encore Stadia, pour n’en citer que quelques-uns. Ces efforts visaient à élargir son portfolio de produits afin de gagner une plus grande part de marché en dehors de son activité principale. On ne peut toutefois s’empêcher de s’interroger : avec cette quête constante de nouveaux marchés, Google aurait-il en fin de compte cédé du terrain sur son activité de base sans y prêter attention ?

 

L’activité principale de Google menacée

Rappelons que ce sont principalement différents types d’annonces qui consolident le succès de Google aujourd’hui. L’entreprise est dès lors entrée dans une sorte de guerre directe avec elle-même, car quand les annonces portent leurs fruits, cela détourne progressivement le trafic de son propre site vers celui des annonceurs. En effet, les entreprises paient Google pour générer du trafic vers leur site… Or, Google ne veut pas que les utilisateurs partent vers d’autres pages. Comment garder les utilisateurs sur le moteur de recherche tout en encourageant d’autres entreprises à payer pour y placer des annonces ? Difficile de trouver le bon équilibre.

Pensez à l’exemple suivant : vous vous rendez sur Google pour trouver un vol. Imaginons que vous recherchiez sur Google un vol à destination d’Alicante. Vous aurez la possibilité non seulement de faire une recherche, mais également de réserver votre vol directement depuis Google, au lieu d’être redirigé vers une agence de voyages. En plus de gagner de l’argent grâce aux annonces, Google veille désormais à ce que l’utilisateur ne quitte pas le moteur de recherche avant d’avoir payé son vol. Dans ce cas de figure, Google fait donc passer les revenus de la réservation proprement dite avant ceux de l’annonce de Kayak ou autre. Il en va de même pour les films, puisque Google présente son propre contenu avant celui d’IMDb, par exemple.

Même si tout cela semble une façon astucieuse de développer sa stratégie commerciale, les chiffres montrent en réalité que Google perd progressivement sa position de leader dans certains de ses segments vitaux. Nous l’avons dit : aux États-Unis, les recherches de produits se font désormais plus sur Amazon que sur Google. Et Facebook Shops sera probablement le prochain acteur à rattraper le géant californien.

Google Marketplace a longtemps incarné l’un des principaux moyens de stimuler vos ventes et de promouvoir vos produits. La plateforme a néanmoins du mal ces derniers temps et perd sans cesse du terrain, principalement au profit d’Amazon. Dernièrement, Google a même rendu les publicités gratuites sur sa marketplace aux États-Unis, et déploiera cette offre dans le reste du monde dans le courant de l’année 2020. Il y a fort à parier qu’il s’agisse d’une tentative de contrer la menace d’Amazon et d’eBay.

 

Résultat des courses ?

Bien, nous avons évoqué la façon dont les nouvelles marketplaces affectent Google et modifient le paysage des différents moteurs de recherche et transactions. Mais en quoi cette « bataille » vous concerne-t-elle, vous et votre activité online ?

C’est simple : entre les changements constants et l’arrivée de nouveaux acteurs perturbateurs qui modifient la dynamique du marché, il est plus difficile que jamais de rester pertinent et de connaître les envies de vos clients. Par le passé, vous étiez en concurrence avec d’autres sites de e-Commerce en quête du meilleur classement sur Google afin d’obtenir le plus de trafic possible et d’atteindre la page tant convoitée des 10 premiers résultats. Aujourd’hui, vous devez également concurrencer Google lui-même pour ce trafic, surtout si celui-ci reproduit l’exemple du voyage expliqué précédemment dans d’autres segments de produits, et sans oublier Amazon, Facebook Shops et les autres marketplaces qui se renforcent de jour en jour.

Si 2020 a jusqu’à présent été une grande année pour le e-Commerce (et une mauvaise année pour bien d’autres raisons), le temps nous dira s’il est judicieux de laisser de côté le référencement pour simplement créer un compte Amazon… C’est un vaste sujet, aussi l’aborderai-je plus en détail prochainement. Comme le dit un proverbe suédois : pour manger un éléphant, il faut y aller petit bout par petit bout.

Pour ne plus vous prendre la tête en pensant au futur, passez au commerce headless !

Nous sommes en 2023. Les pieds posés sur le tableau de bord, vous circulez à bord de votre toute nouvelle voiture électrique autonome, prêt pour les 200 km restants avant de devoir la recharger. Tout en dégustant votre jus de pissenlits détox (car on consommera local et durable, bien sûr), vous ouvrez l’ordinateur de bord et jetez un œil à la liste des retailers disponibles. C’est le moment idéal pour effectuer un achat. « Hé, Electra. Achète des Plastique Air pointure 43, les baskets en bouteilles recyclées », déclamez-vous. « Achat effectué, merci d’avoir fait du shopping aujourd’hui », vous répond-on. « Votre colis sera livré par drone à votre adresse dans trois heures. À présent, veuillez retirer vos pieds du tableau de bord. »

Bon d’accord, on s’amuse peut-être un peu, mais à quel point ce scénario est-il plausible ?
Le monde des technologies et de l’interconnexion se développe à toute vitesse, et le nombre de points de contact via Internet se multiplient. Selon Statista, on comptera près de 75 milliards de dispositifs IoT d’ici 2025[1]. En tant que retailer digital, vous ne pouvez plus vous contenter d’un site e-Commerce opérationnel ; vous devez être constamment prêt à évoluer, à tester de nouvelles tendances pour répondre aux besoins et aux attentes de vos clients, sans jamais perdre de vue le futur. Le commerce headless vous offre notamment la flexibilité nécessaire pour atteindre cet objectif.

 

Qu’est-ce que le commerce headless ?

Avec une architecture headless, les fonctionnalités et l’infrastructure back-end du front-end de votre CMS sont séparées. En développant votre site web, ces deux éléments fonctionnent indépendamment l’un de l’autre. Si les architectures traditionnelle et headless proposent la même expérience aux gestionnaires de contenu, cette dernière présente toutefois une plus grande diversité dans la façon de publier du contenu. Un seul back-end suffit pour développer plusieurs systèmes de diffusion front-end afin de proposer votre contenu sur tous les canaux ou devices. Les informations produit, le traitement des commandes et la gestion de contenu peuvent être rassemblés et gérés séparément avant leur publication – que ce soit sur un site web, une application mobile ou un device IoT.
En utilisant des API pour fournir des services entre les deux sections, vous disposez d’une plus grande flexibilité quant aux destinations et aux formats de publication de vos contenus.

Il est ainsi possible de personnaliser son front-end facilement et en un rien de temps. Vous pouvez ainsi rapidement développer ou tester de nouvelles approches en matière de contenu, de vente et de marketing – sans devoir vous imposer une refonte majeure et en facilitant les ventes sur tout type de device ou d’application. Oui, chaque device devient un canal de vente pour vos produits !

 

Pourquoi mon entreprise aurait besoin du commerce headless ?

Comme dans le scénario présenté en introduction, il existe plusieurs points de contact, dont le nombre augmente avec le temps. A l’heure où les consommateurs s’attendent à vivre des expériences digitales sans faille, à travers une multitude d’écrans et de canaux, le commerce headless offre aux retailers une flexibilité bienvenue.

Radley, célèbre créateur et retailer britannique de maroquinerie et d’accessoires, a opté pour une approche headless basée sur Adobe Experience Manager pour sa stratégie d’e-Commerce nouvelle génération. Le retailer, qui est en train de migrer de Magento 1 à Magento 2 (Magento Commerce) et qui combine marque forte et public fidèle, a souhaité bénéficier d’une expérience digitale flexible.

Kevin Ludford, directeur de SQLI au Royaume Uni, explique : « Les retailers réalisent qu’ils doivent se montrer plus flexibles dans leur approche. La personnalisation client est si importante que les marques doivent être en mesure de s’adapter et de répondre rapidement à leurs besoins au travers de canaux toujours plus diversifiés. »

Pour Rachel Glynn, chef du département e-Commerce chez Radley : « Adobe Experience Manager va nous permettre de créer une expérience en ligne plus riche, plus engageante et plus immersive – sans que nous soyons limités par les restrictions d’une plateforme traditionnelle. Cette solution va en outre nous aider à améliorer l’efficacité de nos équipes et à réduire le nombre d’outils dont nous avons besoin. Désormais, nous pouvons utiliser des visuels de qualité, des recommandations personnalisées et des présentations de produits plus détaillées et plus engageantes, et personnaliser le tout en fonction de nos besoins. »

Et d’ajouter : « Grâce à un front-end flexible et axé sur l’expérience, nous pourrons diffuser du contenu où et comme nous le souhaitons tout en évoluant au rythme de nos clients. »

 

Les avantages clés du passage au headless

L’approche headless présente de nombreux avantages pour votre activité, notamment :

  • L’accélération de l’innovation : avec l’augmentation du nombre d’appareils connectés, l’e-Commerce headless apporte aux marques un meilleur contrôle des canaux de publication, sans devoir attendre la prise en charge de CMS. Avec l’augmentation du nombre de dispositifs IoT, les possibilités d’innovation se multiplient également. Il y a à peine cinq ans, les consommateurs n’imaginaient pas qu’il serait possible de passer une commande via une montre connectée ou un assistant personnel. Alors, où en serons-nous dans cinq ans ?
  • La diffusion via plusieurs canaux :parce que prendre en considération le feedback des clients et personnaliser les expériences sont nécessaires, les retailers doivent se montrer réactifs et innovants. L’architecture headless leur permet de diffuser du contenu sur plusieurs plateformes à partir d’un seul back-end, réduisant ainsi le temps consacré à la diffusion d’un même contenu.
  • La personnalisation facilitée : l’architecture headless permet aux marques de mieux cerner les préférences des consommateurs et de créer des expériences plus immersives.

Dans un article sur le commerce headless, Dan Curran, rédacteur chez Adobe, explique : « Les données client étant disponibles à chaque point de contact, les commerçants peuvent présenter des actions et des offres pertinentes, et créer des expériences d’achat personnalisées significatives. »

  • L’accélération de la scalabilité : libérés des restrictions, les développeurs front-end travaillent plus vite, ce qui se traduit par des mises à jour plus rapides et moins coûteuses.

 

L’architecture headless est-elle adaptée à votre entreprise ?

Comme pour toute décision stratégique, il n’existe pas de solution unique adaptée à tous. Si l’architecture headless présente des avantages considérables, soyez vigilants aux points suivants :

  • Voulez-vous ou est-il nécessaire que vos développeurs aient davantage de temps et de liberté pour travailler sur le front-end de votre site ?
  • Avez-vous plusieurs points de contact avec vos utilisateurs ou en avez-vous besoin ?
  • Le passage au headless s’accompagne d’une hausse des frais de gestion et de la séparation des coûts d’hébergement.

Magento Commerce propose de nombreuses innovations en intégrant des éléments headless dans leur architecture e-Commerce existante. Il est également compatible avec Adobe Experience Manager, la référence du secteur.

Chez SQLI et Redbox, nous pensons que le headless est une tendance e-Commerce majeure en 2020 ouvrant de nombreuses opportunités aux retailers. Contactez-nous si vous souhaitez en savoir plus, nous nous ferons un plaisir de vous aider à définir les prochaines étapes de votre projet.

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[1] https://www.statista.com/statistics/471264/iot-number-of-connected-devices-worldwide/

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Top 5 des nouvelles tendances du commerce unifié

Le commerce unifié représente un changement radical dans la manière dont la technologie fait évoluer le commerce de détail, qui est l’un des secteurs les plus dynamiques et avant-gardistes. Ce dernier se doit de l’être, car les clients en tant qu’utilisateurs « technologiques » continuent de le révolutionner avec des attentes en termes d’expérience en constante évolution mais aussi en matière de services et d’offres.

Avec le commerce unifié qui fusionne des systèmes (front et back) potentiellement disparates en une plateforme unique, la technologie n’est plus une entité à part, elle s’intègre dans l’activité du commerçant, fournissant un système agile pour fournir un service efficace à tous les canaux.

 

1. Le centre commercial où travailler, vivre et jouer

Le centre commercial renaît en tant que centre ou magasin de proximité, et c’est d’autant plus vrai du fait de la crise sanitaire.

Le digital continue à rebattre les cartes, car le nouveau centre commercial privilégiera les interactions, la facilité et les expériences par rapport au shopping. Des espaces de coworking et de divertissements sont des idées qui mettent « l’expérience » et le triptyque « travail / vie / jeu » au cœur de leur stratégie. Ils remplaceront le centre commercial désuet, typique du XXe siècle.
Le centre commercial qui saura réellement utiliser le digital et le mettre au centre de sa stratégie deviendra la destination privilégiée, notamment grâce aux restaurants, bars à thèmes et cafés haut de gamme qui seront dirigés par des chefs de renom, mais aussi parce que l’individu pourra y trouver son bureau, des gymnases et pourquoi pas des écoles. En résumé, le centre commercial deviendra le nouveau centre-ville.

 

2. Le comportement en magasin sera directement lié à son profil

Le commerçant sera omnicanal (ou pas) en utilisant la reconnaissance faciale et le tracking via GPS.
Le commerçant physique comblera le fossé entre la collecte de données en ligne et le comportement des personnes via des caméras, la reconnaissance faciale, le tracking, les données des caisses (POS) et les analyses de type Google Analytics. Tout comme les e-Commerces peuvent analyser les comportements des clients sur leur site, le magasin physique utilisera le WiFi, des capteurs, des puces RFID et bien d’autres moyens. L’objectif est, bien évidemment, d’identifier les zones à forte fréquentation dans le magasin, les produits oubliés (non achetés), le temps d’attente, et même le mouvement des produits entre le rayon et la cabine d’essayage.

Du merchandising en temps réel à la prise de décisions fondées sur des données concernant la gestion des interactions physiques et la gestion du stock, l’ère des données du monde réel est arrivée. Combinées aux données du web, du mobile et des réseaux sociaux, la collecte et l’analyse de données en personne rapprochent les marques d’une véritable expérience client à 360 degrés.

Les magasins Amazon Go utilisent « computer vision » pour reconnaître les visages et les produits afin d’offrir une expérience d’achat fluide – sans véritable passage en caisse. Combiné aux données de navigation et de téléphonie mobile, le magasin s’équipe pour faire de meilleures recommandations, plus personnalisées, sur toutes les plateformes. Retail Deep remplace les cartes de fidélité par la reconnaissance faciale grâce à des caméras en magasin équipées d’une IA, qui envoient des notifications et des recommandations pertinentes au personnel lorsque des clients connus arrivent. Plus besoin de « cartes » de fidélité car les clients ont déjà été identifiés par leur visage. Cette start-up canadienne a rencontré le succès sur le marché chinois où la reconnaissance faciale est largement utilisée.

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Source : https://www.retaildeep.com/

3. Les consommateurs commencent à vendre leurs données et leur vie privée

Avec l’essor de la protection de la vie privée (RGPD), les consommateurs feront le choix des marques qui pourront accéder à leurs informations. Depuis des décennies, le consommateur échange des données contre un accès (médias sociaux) et des récompenses (programmes de fidélité). Le consommateur sait que ses données (déplacements en magasin, navigation en ligne, géolocalisation) sont utilisées. Il est aujourd’hui prêt à les négocier. Les marques passeront de la tentative de saisir le plus grand nombre de données possible sur les utilisateurs à un échange plus lucratif.

À mesure que le volume de données personnelles se multipliera et que la sensibilisation à la protection de la vie privée augmentera, un nouveau type de services et d’options devrait se développer : le respect de la vie privée en tant qu’option fera que le consommateur demandera à la marque d’être « payé » pour utiliser ses données. Le défi pour les marques sera de trouver l’équilibre entre l’acquisition, l’utilisation et le stockage des données tout en maintenant cet équilibre.
La carte de crédit d’Apple promet la confidentialité ; les données d’achat ne seront pas utilisées à des fins publicitaires, vendues à des tiers ou à toute autre fin. Accessible uniquement aux propriétaires d’iPhone, la carte Apple est également assortie d’un programme de récompenses sous forme de cashback.

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Le cashback avec la carte d’Apple (source : https://9to5mac.com/2019/08/12/apple-card-cashback-daily-cash/)

4. La guerre des livraisons

La livraison rapide et gratuite ne sera plus une option pour l’e-Commerce.
Amazon qui a apporté la gratuité de l’expédition, puis la gratuité de l’expédition en 2 jours, la livraison le lendemain et maintenant le jour même (Prime Now) permettra aux commerçants concurrents de proposer la même chose, en devenant leur transporteur.

L’année 2020 est un point de basculement pour la « livraison rapide et gratuite », car les activités d’Amazon dans le domaine de la logistique et de l’expédition visent à perturber le secteur des services de livraison standards et des services postaux. Le géant du commerce électronique passera du statut de client à celui de concurrent pour pratiquement tous les grands transporteurs. Après les services postaux, puis UPS et FedEx, les consommateurs peuvent s’attendre à voir le logo d’Amazon sur les véhicules de livraison de colis.

 

5. La livraison dans la voiture, dans le garage et à domicile

« Plus près de chez vous », va devenir « DANS votre maison ». En effet, les commerçants livrent désormais dans les véhicules, les foyers et les appareils des clients… Après l’expédition gratuite, la livraison à deux jours, à un jour et le jour même, la livraison se fait directement dans le coffre de votre voiture, dans votre garage ou même dans votre réfrigérateur. Alors que la guerre de la livraison s’intensifie, les transporteurs et les commerçants cherchent à accroître la rapidité et fluidité des livraisons en se rendant au domicile des gens et dans leur voiture grâce à la technologie d’accès à distance.

Outre la rapidité, ces méthodes de livraison visent à rendre les courses plus faciles et plus sûres (en évitant de faire fondre ou dégeler les glaces par exemple) ainsi qu’à réduire le vol de paquets, ce qui, à son tour, peut réduire le coût ou l’anxiété liés à la livraison/réception d’articles de valeur, tels que les appareils électroniques grand public ou les bijoux. Walmart InHome Delivery, grâce à la « smart-entry technology » et à des caméras, permet ainsi de livrer les commandes directement dans le réfrigérateur du client. Les livraisons peuvent également être effectuées dans la cuisine ou le garage d’un client.

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Source : https://corporate.walmart.com/newsroom/2019/06/07/were-taking-walmart-grocery-delivery-one-step-further